Installé depuis 1857, au bord du Blavet, sur le domaine accidenté et boisé de l’Ancienne Abbaye de la Joye Notre Dame, le site du Haras national d’Hennebont occupe 23 hectares et accueille 25 étalons de selle, trait et postiers bretons , âne et poneys.
1. Historique
Le transfert du Haras de Langonnet à Hennebont fut accompagné d’une série de travaux d’aménagement qui débuta par l’achat puis l’échange de l’Abbaye, de ses dépendances et de 5 hectares de prairies contre le Haras de Langonnet. La construction d’une écurie (aujourd’hui écurie n°1 abritant l’Espace de Découverte du Cheval) et de la maison du directeur viennent compléter la transaction.
En 1858, la forge est construite, puis les écuries n°2, 3 et 4.
En 1901, le haras s’agrandit au Nord et se dote de trois nouvelles écuries (n°5, 6 et 7).
En 1902, des logements sont bâtis, complétés par l’infirmerie en 1908.
La partie basse de l’Abbaye, son bâtiment conventuel du XVIIème siècle, sa porterie (classée Monument Historique) et ses dépendances sont rachetés en 1920.
L’ensemble occupe alors 17 hectares et le domaine accueille le visiteur de l’empereur Napoléon III et de l’impératrice en 1858.
Les étalons présents à cette époque sont des pur-sang anglais, des norfolks, des postiers et enfin des traits et des percherons. Ils servent, au début du siècle, plus de 12000 juments.
L’activité du Haras augmente régulièrement au cours du XXème siècle pour atteindre son apogée lors de la première guerre mondiale avec une demande forte de postiers pour l’artillerie et de traits pour les travaux ruraux.
En 1927 , le Haras accueille 293 étalons ce qui le place au 4ème rang national : 1 pur sang anglais, 150 postiers bretons et 132 traits ainsi que 5 ardennais animent les écuries. 93 agents assurent le quotidien de ces étalons et le service de la reproduction dans 50 stations de monte.
C’est après la Seconde Guerre Mondiale que le déclin des races de trait s ‘amorce avec les progrès de la mécanisation. La race bretonne, de par ses qualités, résiste néanmoins grâce au débouché viande sur les marchés français et italiens.
Les techniques évoluent et les Haras transportent désormais les étalons en camion jusqu’à des « barres de monte » installées à proximité des élevages.
Les primes d’encouragement allouées à l’occasion des concours d’élevage incitent à la poursuite de l’activité et permettent au Haras d’Hennebont de maintenir son rayonnement.
Il s’ouvre également vers d’autres usages du cheval, à travers les sports équestres en accueillant la Société Hippique Nationale .
L’effectif de chevaux de sport et de course remonte pour atteindre 12 étalons en 1973.
Le recul de l’effectif trait est ainsi compensée par une avancée de l’effectif sang.
Le nombre de stations diminue et les techniques deviennent plus pointues avec l’apparition de l’insémination artificielle en 1981 à Hennebont puis les techniques de congélation de semence qui permettent aujourd’hui de servir les juments sans déplacer les étalons.
2. Situation actuelle
Le Haras compte donc aujourd’hui 25 étalons, traits et postiers bretons, chevaux de selle et poneys ainsi qu’un âne « Grand noir du Berry ».
Il abrite un Centre Technique Permanent qui assure le service aux éleveurs toute l’année, un Centre de Congélation de semence (4 centres en France : Cluny, Tarbes, Saint-Lô et Hennebont) et le Centre d’expertise national de semence congelée.
25 agents, techniciens et ingénieurs de l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation assurent le fonctionnement quotidien du site.
L’ Etablissement Public à caractère Administratif (E.P.A.) Haras nationaux a fusionné, en 2010 avec L’Ecole Nationale d’Equitation – Cadre noir de Saumur pour créer l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation.
Depuis 2007, un Syndicat Mixte associant le Conseil Régional de Bretagne, le Conseil Général du Morbihan, la Communauté d’agglomération Cap l’Orient et la Ville d’Hennebont a été créé, dans le triple objectif :
- d’assurer la gestion patrimoniale du Haras national d’Hennebont mis à sa disposition par l’établissement public des Haras nationaux ;
- de concourir à l’animation évènementielle et la promotion touristique du site ;
- d’assurer la coordination des activités et animations organisées sur le site par les différents acteurs institutionnels, économiques ou associatifs.
Ses activités s’inscrivent dans un but d’intérêt général local afin de satisfaire le plus largement possible les besoins du public et de contribuer au développement du territoire, en partenariat avec les Haras nationaux.
Se côtoient ainsi sur le site, outre le Haras national tel que décrit ci-avant :
- un Espace de Découverte du Cheval en Bretagne, recevant 50 000 visiteurs par an,
- une société hippique qui, avec 50 chevaux et poneys et 500 adhérents est tournée vers l’instruction de l’équitation et la compétition,
- un artisan sellier indépendant qui propose dans son atelier, réparation et création d’articles en cuir.
Le Haras national s’ouvre également régulièrement à un public de professionnels et d’amateurs par le biais d’opérations intitulées « Form’Actions » qui permettent à chacun de progresser dans ses pratiques et dans ses connaissances autour du cheval et par l’accueil de nombreuses manifestations.