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Bien nourrir mon cheval

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteur : L. Marnay, Ifce

Mise à jour : Décembre 2016

La conduite de l’alimentation des équidés consiste à connaître leurs besoins, choisir les aliments et établir une ration appropriée en fonction du type d'équidé et de son activité. La prise en compte du comportement alimentaire du cheval dans les conditions de vie naturelles est importante puisqu'elle conditionne sa santé, notamment lorsqu'il vit au box.

Comprendre l'alimentation et les besoins du cheval et les respecter

Le cheval est un herbivore, qui passe en moyenne 15-16 h par jour à s’alimenter dans la nature, sous la forme de multiples petits repas, de jour comme de nuit. (voir la digestion)

  • Son appareil digestif est adapté à ce mode d’alimentation et il faut bien prendre en compte ses particularités lorsque l’on construit sa ration quotidienne au risque d’encourir des problèmes de santé.
  • Ses dents, à pousse continue, sont adaptées à la consommation de grandes quantités de fourrages, de fibres qui assurent leur usure régulière. Il faudra donc veiller à lui en apporter des quantités suffisantes, disponibles tout au long de la journée. (voir la bouche du cheval)
  • Son estomac est relativement petit, adapté à de petites quantités ingérées à chaque repas, plusieurs fois dans la journée. Le cheval n’est pas un ruminant, il n’avale ses aliments qu’après les avoir soigneusement mâchés et humidifiés grâce à une production abondante de salive. 

    La distribution de repas volumineux engendre une digestion incomplète dans son estomac et son intestin grêle, ainsi que des afflux importants dans son gros intestin pouvant être la cause de coliques. L’absence de consommation d’aliment pendant une longue période de la journée entraîne une acidification de l’estomac qui contribue à la genèse d’ulcères de l’estomac, potentiellement très douloureux.
  • La digestion dans son caecum et gros intestin est assurée par de nombreux micro-organismes composant sa flore intestinale qui est adaptée à ce qu’il mange et qui évolue progressivement selon ce qu’il consomme.

Respecter la digestion de son cheval, c’est lui distribuer des repas réguliers, à horaires fixes, au minimum fractionné en trois repas par jour, ce qui permet d’assurer une consommation répartie dans la journée et une partie de la nuit. Ceci est notamment important pour les aliments concentrés, particulièrement les céréales, qui apportées en repas trop volumineux, se trouvent poussées dans le gros intestin où leur fermentation est la cause de coliques très douloureuses.

Par ailleurs, un apport de fibres tout au long de la journée, apportant des nutriments consommés plus lentement, répond à son besoin de mastiquer et assure un afflux régulier d’aliments dans son tube digestif. Les changements de régime doivent être progressifs afin que la flore de son gros intestin ait le temps d’évoluer pour être efficace : cette flore se nourrit des aliments mais les rend également digestibles pour le cheval. Une transition alimentaire s’effectue sur quelques jours (aliments concentrés) voire sur quelques semaines (changement de fourrage). Une transition trop rapide est la cause de diarrhées, de coliques.


L’alimentation, adaptée à ses besoins, doit respecter le plus possible le comportement alimentaire naturel du cheval.

voir Alimentation et bien-être du cheval

voir Comportement alimentaire des chevaux au pâturage

Fournir à mon cheval des aliments qui lui conviennent

Le cheval est un herbivore, il mange :

  • De l’herbe pâturée, potentiellement de 50 à 100 kg bruts par jour si elle est disponible et en fonction de ses besoins physiologiques
  • Des aliments concentrés (des graines de céréales diverses ou des aliments élaborés contenants des céréales, tourteaux, co-produits, fourrages, minéraux et vitamines) voir lire une étiquette d'aliment

Bien sûr, en complément il consomme de l'eau qui doit être disponible en permanence à volonté. Sa consommation va être fonction du type de cheval mais aussi du type d’aliments consommés, de son stade physiologique (allaitement), des conditions climatiques et du travail effectué.

  • Le cheval est aussi sensible à la qualité des aliments proposés : plutôt gourmet, il aura tendance à refuser les aliments avariés ou mal conservés. Néanmoins, s’il les consomme, ceux-ci-engendreront des désordres digestifs potentiellement graves.  (voir estimer la qualité des fourrages)

    De même, il faut être assez vigilant sur la teneur en poussière de l’environnement et notamment des aliments du cheval : en effet, soufflant en permanence sur ses aliments, celui-ci inhale potentiellement de grandes quantités de particules irritant son appareil respiratoire (pollen, terre, moisissures et micro-organismes divers). A la longue, cela engendre une irritation chronique des voies respiratoires, engendrant une baisse de performances dans une spirale dégénérative.

    Outre la rigueur dans le choix des aliments (enrubanné, foin, floconné…), il peut être intéressant d’humidifier certains aliments juste avant distribution. Attention également à la qualité de la litière !

  • Favoriser l’alimentation au sol permet par ailleurs un meilleur fonctionnement des systèmes d’élimination des particules inhalées par le cheval du fait de l’orientation vers le bas de son encolure et donc de sa trachée.

Proposer à mon cheval une ration qui lui corresponde

  • En fonction de sa race, son sexe, âge, format, stade physiologique, tempérament et travail effectué, les besoins nutritifs de mon cheval ne seront pas les mêmes (voir les besoins). Il faudra donc évaluer ses apports nutritifs en fonction de l’ensemble de ces critères (voir élaborer une ration alimentaire) : un poney de sport n’aura pas les mêmes besoins qu’une jument de selle en lactation ou un cheval de trait au repos ou travail léger.
  • Observer mon cheval permet d’établir et de vérifier régulièrement l’adéquation de la ration distribuée à ses besoins : estimer son poids pour définir ses besoins, puis évaluer et contrôler son état corporel (état d’engraissement) à échéances régulières.

Il est important de bien adapter l’alimentation du cheval à son mode de conduite :

Prendre en compte la quantité d’herbe potentiellement consommée pour un cheval ayant un accès quotidien à un paddock, voire un pré, selon les saisons.

A contrario, ne pas négliger l’apport de fourrage régulier et suffisant (au moins 1 à 1.5 kg par 100 kg de poids vif/jour) à un cheval sur litière artificielle. 


Enfin, en cas de doute ou de question, ne pas hésiter à vous rapprocher de professionnels, vétérinaires, techniciens spécialisés qui pourront vous conseiller.

A vous de jouer !

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