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Les besoins de la jument allaitante

Niveau de technicité : 

Auteurs: ENESAD, P. Guérin, M. Le Verger, J. Mos, L. Marnay

Mise à jour : Janvier 2011

Couvrir les besoins nutritionnels de la jument lorsqu’elle allaite, c’est s’assurer qu’elle produise en abondance un lait de qualité indispensable à la croissance du poulain. C’est aussi permettre à votre jument de reprendre son cycle ovarien sans retard pour la mise à la reproduction.

Si vous rationnez mal votre jument, vous causez des déséquilibres alimentaires qui se répercutent à la fois sur la croissance du poulain et sur les capacités à la reproduction de la mère.

Un peu de physiologie …

©ACG/IFCE

Après avoir pouliné, la jument allaite son poulain pendant 6 à 7 mois. Elle produit en moyenne 2 à 3,5 kg de lait pour 100 kg de poids vif (PV), par jour (jusqu’à 4-5 kg pour 100 kg PV chez la ponette), soit 10 à 20 l/j selon les races.

La quantité de lait sécrété est  élevée dès la première semaine après le poulinage. Le pic de production se situe entre le 2ème et 3ème mois. On observe sur les mois suivants une bonne persistance de la production de lait : au sevrage, une jument produit encore 2kg de lait par 100kg de poids vif par jour.

La jument compense la faible valeur énergétique de son lait par une production abondante tout au long de la période de lactation.





Tout au long de la lactation, la jument produit en abondance un lait apportant l’énergie et les nutriments essentiels au poulain. C’est à cette période qu’elle connaît ses plus grands besoins nutritionnels.

Les besoins nutritionnels

Les besoins totaux de la jument allaitante sont la somme des besoins d’entretien, de lactation, de gestation (lorsque la jument est de nouveau fécondée après la mise bas) et de croissance pour les pouliches de 3-4 ans poulinant pour la première fois.


Besoins énergétiques

La synthèse d’un kg de lait nécessite en moyenne 0,30 UFC.

Les besoins énergétiques de la jument évoluent au cours de la lactation. Ils sont particulièrement importants au moment du pic de lactation, les 2ème et 3ème mois  (2 à 2,3 fois les besoins d’entretien) et se maintiennent à un niveau relativement élevé à partir du 4ème mois (1,6 fois les besoins d’entretien).

 

Evolution des besoins énergétiques relatifs de la jument gestante.

Exemple
Pour une jument de 500 kg au premier mois de lactation, ses besoins journaliers sont de 9,4 UFC (=4,6UFC pour l’entretien + 4,8UFC pour la production laitière) soit le double des besoins d’entretien.

©ACG/IFCE

Besoins azotés

L’évolution des besoins azotés suit celle des besoins énergétiques. Pour couvrir les besoins azotés, la ration totale doit contenir environ 100g MADC/1UFC.


La jument en lactation a des besoins spécifiques en acides aminés essentiels (ex lysine : 10g/100kg PV par jour, source : NRC).

Un déficit en azote ou en acides aminés essentiels provoque une baisse de la production de lait.

Il est primordial de vérifier à la fois la quantité de matières azotées  apportées par la ration ainsi que la qualité des protéines (acides aminés essentiels).

 


Besoins en minéraux et vitamines

Les besoins en Ca et P augmentent en période de lactation. On veillera à ce que la ration totale contienne  0,6% de Ca et 0,4% de P.

La jument a des besoins élevés en vitamines (spécialement A, D3 et E), minéraux et oligo-éléments. Pour éviter toute carence nuisible au poulain et à la jument, il est nécessaire de supplémenter la ration en vitamines et minéraux.

 

Les besoins alimentaires de votre jument sont à leur maximum lors des 3 premiers mois de lactation. C’est à cette période qu’un déficit nutritionnel est le plus préjudiciable pour la croissance du poulain et les capacités à la reproduction de la jument.

Le rationnement pratique

©O. Macé

La ration de base de la jument allaitante est le fourrage de bonne valeur nutritive. Pour couvrir le niveau élevé des besoins en énergie et en azote, il faut lui apporter en plus un aliment concentré type céréales ou aliment complémentaire. Les aliments complémentaires pour jument allaitante sont  formulés pour couvrir ses besoins en énergie, en protéines, en acides aminés, en minéraux et en vitamines en complément du fourrage. Un complément de type céréales nécessite une supplémentation azotée, minérale et vitaminique.


Afin de ne pas surcharger le tube digestif de la jument qui vient de pouliner et occasionner des troubles digestifs, il est préférable d’augmenter les apports alimentaires de manière progressive sur 3 jours en adéquation avec l’augmentation des besoins et de bien fractionner la ration sur la journée.

Les besoins élevés en minéraux et vitamines seront couverts  par une supplémentation type CMV (complément minéralo-vitaminé), si elle n’est pas suffisamment prise en compte dans l’aliment.

Juments de loisir poulinant au printemps

> Avant la mise au pré : Fourrage à volonté (sauf paille), la jument étant capable d’augmenter les quantités ingérées pour répondre à l’augmentation de ses besoins, complété avec des aliments concentrés en quantité variable selon la qualité du foin, l’état corporel de la jument, le mois de lactation et  un CMV.

> Dès que les conditions de pâturage sont bonnes : Mise au pré de la jument et de son poulain à raison de 0,7 à 1 ha/couple selon les conditions herbagères. On complète avec des quantités variables de concentrés. Lorsque l’herbe est de moins bonne qualité ou en faible quantité (été, fin automne), il est nécessaire d’augmenter la surface par cheval ou  d’apporter du fourrage de qualité au pré.


Juments de trait poulinant au printemps

Les juments de trait sont généralement au pâturage toute l’année (1 à 1,5 ha/couple, selon conditions herbagères) et, de ce fait, sont rarement alimentées selon leurs besoins. Pour assurer la production de lait, la jument puise dans ses réserves corporelles qu’elle reconstitue au printemps lorsque l’herbe est abondante.

Il est conseillé d’apporter 2 à 3 kg de concentrés par jour en début de lactation si votre jument doit être de nouveau fécondée.


Jument de sport poulinant en hiver

La ration est  riche en concentrés avec des quantités limitées en fourrage et un CMV. Au printemps, la jument et son poulain peuvent être mis au pré et reçoivent un complément lorsqu’ils sont rentrés la nuit au box. Un apport de complément azoté équilibré est recommandé pour combler le déficit des céréales en acides aminés essentiels.

Un mot sur le tarissement…

©ACG/IFCE


Au moment du sevrage, la jument se tarit. Pour encourager l’arrêt de la production de lait, les apports alimentaires doivent être progressivement diminués avant la séparation mère-poulain. 

La restriction commencera 4 à 5 jours avant la séparation. La ration deviendra celle de votre jument à l’entretien.

A retenir

Bien alimenter votre jument, c’est assurer une bonne croissance du poulain sans nuire aux capacités de reproduction de la mère.
 
Savoir que la lactation est l’état physiologique qui demande le plus d’apports nutritionnels : les besoins de votre jument allaitante représentent le double de ceux d’entretien.
 
Se référer à la fiche « jument gestante » car un bon départ de la lactation passe aussi par une bonne alimentation de votre jument en fin de gestation
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