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Auteurs: ENESAD, P. Guérin, M. Le Verger, J. Mos, L. Marnay
Mise à jour : Janvier 2011
L’enrubannage et l’ensilage sont deux méthodes de conservation des fourrages alternatives au fanage. Elles ne créent pas de valeur nutritionnelle nouvelle mais limitent la perte d’éléments nutritifs contenus dans la plante. Ces deux procédés sont qualifiés de conservation par la voie humide par opposition à la voie sèche qui comprend le fanage et la déshydratation.
Les méthodes d’enrubannage et d’ensilage mettent en œuvre la fermentation des sucres des fourrages par des bactéries en l’absence d’oxygène.
Les bactéries participent à la production d’acide lactique qui inhibe tout autre développement bactérien et assure ainsi la conservation de l’aliment.

Récolté en général courant mai peu avant l’épiaison, lorsque le sol est encore trop froid pour permettre de faire du foin, l’enrubanné est pressé 48 à 72 h après la fauche et au moins 2 fanages. Le produit final se présente sous forme de brins longs. Il est donc intermédiaire entre l’ensilage et le foin. Le taux de matière sèche optimal doit être supérieur à 50% pour que les fermentations se réalisent correctement et donc que la conservation du fourrage enrubanné soit bonne.
L’enrubannage peut être réalisé avec tous les fourrages. Cependant, il est conseillé de ne pas dépasser 50% de légumineuses (trèfle blanc (à enlever : le trèfle violet est aussi une légumineuse), luzerne…) par rapport aux graminées (dactyle, ray-grass italien, ray-grass anglais, fétuque élevée..) dans le fourrage récolté afin de ne pas trop augmenter la valeur azotée de la ration.
L’enrubanné est un fourrage appétent qui présente de très bonnes qualités nutritionnelles. Il peut donc être mis en libre service en remplacement du foin.
Récolté début mai, l’ensilage est un fourrage vert se présentant sous forme de brins fins. A la différence de l’enrubanné, les brins sont plus fins et le pH plus bas. Le taux de matière sèche doit être supérieur à 25%. Toutefois, des ensilages trop humides (inférieur à 30% de matière sèche) sont mal consommés par les chevaux.
Ainsi, deux types peuvent être utilisés, l’ensilage d’herbe pré fanée et l’ensilage de maïs. Les ensilages exclusifs de légumineuses sont à éviter car ils sont très mal consommés et entrainent des dysfonctionnements dans le gros intestin.
On distingue :
Selon le stade de récolte et le fourrage d’origine, les valeurs nutritives des ensilages diffèrent.
| Ensilage | MS (%) | UFC (/kg MS) | MADC (g/kg MS) |
| Maïs précoce | 28 | 0,81 | 33 |
| Maïs pâteux | 33 | 0,85 | 30 |
| Herbe (début épiaison) | 25 | 0,74 | 61 |

Un enrubanné ou un ensilage de mauvaise qualité peut présenter des risques pour la santé de votre cheval. Des bactéries nuisibles peuvent se développer et produire des toxines à l’origine de troubles digestifs (coliques). Ces problèmes sont principalement liés à une mauvaise réalisation ou une mauvaise conservation. Il faut donc veiller à ce que les bonnes fermentations se réalisent le mieux possible.
Il faut, lors de la récolte, ne pas ramasser en même temps que le fourrage des moisissures, du crottins, de la terre en fauchant trop bas (ou lors de chantiers « salis » par un terrain trop humide). Les fourrages souillés peuvent en effet contenir des spores entrainant le botulisme.
Il faut également récolter à une bonne teneur en matière sèche. Un taux de matière sèche trop bas à la récolte réduit la consommation par le cheval, mais aussi entraîne un fourrage trop acide défavorable au bon fonctionnement de l’intestin. A l’inverse, un taux de matière sèche élevé réduit l’intérêt du choix de cette technique plus onéreuse que la production de foin. De plus, les fibres trop sèches risquent plus de transpercer le film plastique et de nuire à sa conservation.
Il faut fermer le silo ou les balles rapidement et veiller à leur étanchéité par rapport à l’air ou l’eau.
Ensuite, lors de la conservation, il est important de ne pas exposer le fourrage à l’air en dehors de la consommation, autrement il se détériore. Un ensilage ou un enrubanné dont le plastique est percé peut être dangereux s’il est consommé ultérieurement par votre cheval. Il faut donc protéger l’aire de stockage des oiseaux et des rongeurs.
Avant toute distribution, il faut veiller à la bonne conservation du fourrage en vérifiant qu’il n’y ait pas d’odeurs suspectes ou présence de moisissures. S’il s’agit de petites surfaces, on peut retirer le fourrage impropre.
Il faut aménager une période de transition progressive de 15 jours lorsque l’on passe d’un régime foin à un régime ensilage ou enrubanné.
Il ne faut jamais distribuer le fourrage (ensilage ou enrubanné) avant le foin lorsque l’on dispose des deux fourrages car les chevaux risqueraient de « bouder » leur ration de foin.
L'utilisation d'ensilage pour les chevaux nécessite un nombre suffisant d'animaux, afin d'avancer le front d'attaque du silo de 10 cm/j minimum pour éviter reprise des fermentations et moisissures
Il faut utiliser le fourrage dans les 4 à 5 jours après ouverture.
Pour un même fourrage de départ, ces modes de conservation, réalisés dans des conditions optimales, permettent des croissances supérieures à celles enregistrées avec le fanage pour un même niveau de concentré.
L’ensilage de maïs est intéressant dans les rations de base de chevaux de trait. Ceux ci peuvent consommer jusqu'à 6-7 kg de MS/ jour (soit 20 kg bruts).
Il peut également être distribué en quantité limitée pour l’alimentation hivernale des chevaux de selle (pas plus de 5 kg de MS/jour/cheval soit 15 kg bruts), à nuancer et complémenter en fonction de l'âge et du stade physiologique des animaux. (L'appétit est supérieur à 1.8 kg MS/100kg de PV).
L’enrubannage est un fourrage de base en complément de la paille. On conseille 4 à 8 kg de MS/jour/cheval (soit 6 à 12 kg bruts).
Dans tous les cas, l’enrubanné ou l’ensilage doit être analysé pour adapter la complémentation azotée et minérale de la ration.
Une surconsommation peut se traduire par une surcharge pondérale, mais surtout par des excès de sucres et de protéines qui entraînent des dysfonctionnements importants chez le cheval.

La réalisation de plusieurs types de fourrages au sein d’une exploitation permet une gestion plus souple des différentes parcelles car :
> Veiller avant tout à la qualité et à la bonne conservation du fourrage.
> Ces fourrages sont recommandés pour les animaux sujets à des maladies pulmonaires d’origine allergique (emphysème) du fait de leur absence de poussière.
> Ménager une transition progressive de 15 jours entre un foin et un régime ensilage ou enrubanné.
> Respecter un taux de matière sèche minimal (30% pour l’ensilage, 50% pour l’enrubanné).
> Faire attention à la proportion de légumineuses ( risque de coliques).