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Le laurier rose, plante toxique

Niveau de technicité : 

Auteur : L. Marnay, Ifce

Juillet 2014

 

Le laurier rose (nerium oleander) est considéré comme une plante toxique. Il pousse principalement dans le midi de la France où il est utilisé comme plante ornementale et peut mesurer jusqu’à 4 m, isolé ou en haies. On le trouve également dans de nombreuses régions en pot.
Il contient des hétérosides toxiques qui entraînent notamment des troubles cardiaques, tant chez les herbivores que chez d’autres consommateurs occasionnels tels que les chiens, rongeurs, oiseaux… et même l’homme.

Intoxication

© ifce

 

Le laurier rose est la troisième plante citée parmi celles incriminées dans les intoxications équines. Sur les deux cents substances toxiques répertoriées, le laurier rose a représenté 2,4% des appels reçus au Centre National d’Information Toxicologiques Vétérinaires (CNITV) en 2008.

 
La plante fraîche étant très amère et peu appétente, la contamination a lieu en général lors d’ingestion de foin contaminé, de tailles séchées déposées dans la prairie ou la consommation d’eau dans laquelle des feuilles ont macéré.
Toutes les parties de la plante sont toxiques (tiges, feuilles et fleurs).

 
La dose toxique est évaluée à 0.005% du poids vif de l’animal, soit environ 25g pour un animal de 500kg.

 

 

Symptômes – diagnostic

 

La mort est subite en cas d’intoxication importante.

En cas de consommation plus modérée, les premiers signes cliniques apparaissent une à quatre heures après ingestion, ils sont d’ordre :

  • Cardiorespiratoires : troubles de la fréquence cardiaque engendrant une alternance d’accélérations (tachycardie) et de ralentissements (bradycardie) anormaux de cette fréquence.
     
  • Digestifs : le cheval présente une perte d’appétit, une diarrhée parfois hémorragique, des coliques.
     
  • Nerveux : prostration, tremblements musculaires, convulsions, coma.
     
  • Sudation importante, extrémités froides.

 

L’évolution, défavorable, est en général assez rapide et le cheval meurt entre 12 et 36 h après ingestion.

 
Le diagnostic peut être confirmé par :
 

  • L’identification de la plante
     
  • La preuve de sa consommation
     
  • Les signes cliniques (qui ne sont pas spécifiques)
     
  • Les résultats d’autopsie


 
 

Traitement

© ifce

 

En général, il est trop tard pour mettre en œuvre un traitement.
Il n’existe d’ailleurs pas d’antidote connu.

En début d’intoxication, on peut tenter un traitement symptomatique avec lavage gastrique, charbon activé ou huile de paraffine, associés à une fluidothérapie intraveineuse.

On peut parfois tenter un traitement à base d’atropine (0,025 à 0,05mg/kg en intraveineuse) pour lutter contre l’arythmie.

Le pronostic est sombre dès lors que le cheval présente des signes cliniques.

Même si cette plante est bien connue pour sa toxicité, elle est encore malheureusement régulièrement impliquée dans l’intoxication de chevaux.

Alors attention aux coupes de haies de laurier qui peuvent se disséminer dans les prés!

 

 

Références bibliographiques

  • PAVILLOT C., Thèse de doctorat vétérinaire 2010, Bilan 2008 des appels reçus au CNITV de Lyon. Etude spécifique des intoxications chez les équidés, 130 p
     
  • REBELLE B., QUEFFELEC S.,  « l’intoxication au laurier rose » Le nouveau praticien vétérinaire équine oct 2012-janv 2013 p 43-44
     
  • SAMAILLE JP : Les intoxications végétales chez le cheval, Cheval santé avril1999, p66-70

 

 

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