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Conseils pour gérer les surfaces fourragères destinées aux équins

Niveau de technicité :

Auteur : G Fleurance (IFCE/INRA), E Pottier (Institut de l’Elevage)
Juin 2011

 

Les aléas climatiques actuels nuisent grandement à la productivité des surfaces fourragères. Adapter les choix dans la gestion des prairies et mettre en place certaines techniques permettent d'optimiser leur utilisation et leur rendement. 

Conduite du pâturage

©M. Vidament/IFCE

> Dans ce contexte de raréfaction de la ressource, il est important de bien valoriser toute l’herbe disponible en adaptant le chargement à la hauteur d’herbe disponible dans la parcelle. L’objectif est un pâturage limitant les zones de refus.

Pour ce faire, adopter un pâturage tournant rapide en subdivisant la surface offerte en 3 à 5 parcelles pâturées successivement par les animaux. Un pâturage au fil avant – fil arrière (fil avant déplacé tous les jours, fil arrière déplacé après quelques jours pour éviter que les chevaux ne reviennent pâturer les repousses et afin de laisser de la surface d’exercice aux animaux) est une autre solution.



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Eviter absolument le surpâturage pour ne pas dégrader les prairies : lorsque l’on râpe trop les prairies en conditions sèches et de chaleur, les repousses sont compromises, ce qui pénalise encore un peu plus la situation de manque et surtout la prolonge au retour des conditions climatiques plus favorables.

Il convient d’être très vigilant sur ce point avec les chevaux en ne les laissant pas pâturer trop ras et en leur offrant une nouvelle surface d’herbe dès que la hauteur de 3-4 cm est atteinte.



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Allonger la période de pâturage en automne sur les prairies permanentes  permet d’être moins tributaire des stocks de fourrages. Sur des sols peu portants, il convient d’adopter une conduite en pâturage tournant plutôt qu’une conduite au fil qui dégraderait trop fortement le front les jours de pluie.

L’allongement de la période de pâturage n’est pas préconisé sur les prairies temporaires, sensibles au piétinement et dont la capacité de régénération au cours de l’hiver est moindre. Elle est souvent envisageable sur les prairies permanentes beaucoup plus denses avec des mas racinaires  plus développés qui renforcent la portance. 



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En hiver, regrouper si possible les animaux sur une parcelle d’hivernage ou sur une partie de parcelle que l’on sacrifie mais qui permettra aux autres surfaces de redémarrer plus tôt au printemps.

Récolte des fourrages

©L. Marnay/IFCE

> Faucher tôt : la plupart des prairies ont atteint cette année le stade épiaison avec des rendements faibles par manque d’eau. En fauchant tôt, non seulement les stocks sont de meilleure qualité mais surtout les prairies, moins épuisées par la montée en grains, réagissent beaucoup plus vite à la pluie.

Ce conseil vient un peu tard cette année mais il vaut aussi pour les années suivantes
 

> Ne pas faucher trop bas même si l’on est tenté de le faire pour augmenter le rendement: la règle des 5-6cm doit être maintenue pour favoriser la repousse.



> Pour les années futures, penser à l’enrubannage qui permet de disposer d’un fourrage de bonne qualité et d’obtenir des repousses tôt.
En pâturage tournant, 50 à 75% de la surface sont seulement exploités au 1er cycle et la rotation est rapide car la croissance de l’herbe est fréquemment explosive au printemps : les parcelles en excédent sont alors enrubannées. Inversement, en été, la production d’herbe diminue considérablement et les parcelles récoltées au printemps sont alors intégrées dans la rotation qui est plus lente.

Fertilisation

> L’apport d’une fertilisation minérale azotée sur les prairies temporaires à base de graminées adaptées à la sécheresse par leur capacité à exploiter les réserves du sol (fétuque, dactyle), voire sur des prairies permanentes moins sensibles à la chaleur que le ray-grass, peut être réalisé tout de suite après la fauche si les sols ne sont pas trop desséchés. La quantité d’azote minéral devra être cohérente avec la croissance de l’herbe attendue, la part des légumineuses et les apports antérieurs de fumier.


> Une fertilisation minérale à l’automne est beaucoup plus discutable : les sécheresses précédentes montrent que l’on assiste, à l’automne lorsque la pluie revient, à une minéralisation intéressante au regard de la croissance de l’herbe possible à cette saison.


> La fertilisation organique régulière est un moyen puissant de renforcer la résistance des prairies de longue durée à un déficit hydrique prolongé. Assurer une fertilisation organique dès l’automne prochain là où c’est possible permettra de mieux faire face à ce type de situation à l’avenir.

Renouvellement des prairies

©L. Marnay/IFCE

Pour la suite il importe de porter un diagnostic précis de ces prairies et de leur niveau de productivité à venir

Les prairies dégradées doivent être remplacées dès le mois d’août et de préférence par des dérobées qui pourront, soit permettre de faire du stock, soit être pâturées cet automne. 

Les solutions sont diverses mais les références pour leur valorisation par les chevaux sont peu nombreuses. On peut alors opter pour des RGI (Ray Gras Italien). Implantés dès le mois de juillet ils pourront être soit fauchés en septembre et plutôt enrubannés, soit pâturés.

Voir aussi