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"Valorisation optimisée de l'herbe : témoignage"
Laurence Wimel, Journée REFérences 2015

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Gestion des prairies pour chevaux

Niveau de technicité :

Auteur : G Fleurance, E. Doligez, P.Doligez
Mise à jour Juillet 2014

 Vidéo : Journée REFérences 2015

Les règles de fonctionnement d'une prairie sont les mêmes quelle que soit l'espèce herbivore. Toutefois le comportement du cheval au pâturage est particulier avec une préférence pour l'herbe jeune. Adapter les choix dans la gestion des prairies et mettre en place certaines techniques permettent d'optimiser leur utilisation et leur rendement. 

Conduite du pâturage

©M. Vidament/IFCE

Il est important de bien valoriser toute l’herbe disponible en adaptant le chargement à la hauteur d’herbe disponible dans la parcelle. L’objectif est un pâturage limitant les zones de refus.

 

Pâturage tournant ou continu

Pour ce faire, adopter un pâturage tournant en subdivisant la surface offerte en 3 à 5 parcelles pâturées successivement par les animaux. Un retour sur une même parcelle doit se faire au bout de 25 à 30 jours au printemps et 30 à 35 jours en été. Ainsi, la pousse de l'herbe est augmntée et la gestion des refus facilitée. En absence de fertilisation, il faut compter de 40 à 50 ares par UGB au printemps, soit2 à 5 chevaux par Ha selon la qualité et la densité de la prairie. (voir Pâturage tournant ou continu pour les prairies destinés aux chevaux). Les surfaces seront augmentées en été ou le nombre de chevaux réduit de 30 à 50% selon la sensibilité de la zone à la sècheresse.

 

Surpâturage

  • Les sorties quotidiennes des chevaux sur les prairies même lorsque les conditions de portance (capacité à supporter la pression des pieds de l'animal) sont limites, créent des zones de terre nues propices au développement de mauvaises herbes (ou adventices) telles que la renoncule (bouton d'or), l'agrostis stolinifère, le chardon, le rumex...
  • Eviter donc absolument le surpâturage pour ne pas dégrader les prairies : de plus, lorsque l’on râpe trop les prairies en conditions sèches et de chaleur, les repousses sont compromises, ce qui est pénalisant en situation de sècheresse et surtout qui peut se prolonger au retour des conditions climatiques plus favorables.
  • Il convient d’être très vigilant sur ce point avec les chevaux en ne les laissant pas pâturer trop ras et en leur offrant une nouvelle surface d’herbe dès que la hauteur de 3-4 cm est atteinte.
  • L’allongement de la période de pâturage n’est pas préconisé sur les prairies temporaires, sensibles au piétinement et dont la capacité de régénération au cours de l’hiver est moindre. Elle est souvent envisageable sur les prairies permanentes beaucoup plus denses avec des mas racinaires  plus développés qui renforcent la portance. 


Repos hivernal des parcelles

  • Un repos hivernal d'au moins deux mois des parcelles doit être respecté.Les plantes profitent de cette période pour reconstituer leurs réserves. Un pâturage trop important l'hiver épuise les réserves des graminées et les pieds des chevaux marquent au sol. L'action des vers de terre à cette période permet d'aérer le sol. Les parcelles doivent au préalable être pâturées ras, de façon homogène et les refus seront fauchés. Elles seront hersées si le sol présente des irrégularités et si les conditions de portance sont suffisantes pour le passage du tracteur. Pour le pâturage des parcelles en hiver, le repos sera reporté au printemps.
  • En hiver, regrouper si possible les animaux sur une parcelle d’hivernage ou sur une partie de parcelle que l’on sacrifie mais qui permettra aux autres surfaces de redémarrer plus tôt au printemps.

 

Association bovins et chevaux

  • Les bovins et les chevaux n'ont pas le même comportement au pâturage. (voir comportement alimentaire des chevaux au pâturage). Les bovins prélèvent l'herbe avec leur langue, sont moins sélectifs et pâturent moins ras. Ils dispersent leurs bouses sur l'ensemble de la parcelle, répartissant ainsi les éléments fertilisants.
  • L'effet du pâturage des bovins s'avère bénéfique lorsque leur nombre n'est pas trop marginal par rapport aux chevaux (au moins 20% des UGB, Unités Gros Bétail). Ils peuvent pâturer de façon simultanée avec les chevaux ou dans le cas du pâturage tournant après les chevaux pour consommer les refus. Le délai entre deux passages des chevaux sur la même parcelle est alors rallongé.

Récolte des fourrages

©L. Marnay/IFCE

 

  • Faucher tôt : non seulement les stocks sont de meilleure qualité mais surtout les prairies, moins épuisées par la montée en grains, réagissent beaucoup plus vite à la pluie.
  • Ne pas faucher trop bas même si l’on est tenté de le faire pour augmenter le rendement: la règle des 5-6cm doit être maintenue pour favoriser la repousse.

(voir Comment réussir sa récolte de foin)

  • Penser à l’enrubannage qui permet de disposer d’un fourrage de bonne qualité et d’obtenir des repousses tôt.

En pâturage tournant, 50 à 75% de la surface sont seulement exploités au 1er cycle et la rotation est rapide car la croissance de l’herbe est fréquemment explosive au printemps : les parcelles en excédent sont alors enrubannées. Inversement, en été, la production d’herbe diminue considérablement et les parcelles récoltées au printemps sont alors intégrées dans la rotation qui est plus longue.

(voir le foin, l'enrubannage et ensilage)

Fertilisation

Fertilisation azotée

  • Une fertilisation minérale azotée sur les prairies temporaires ou permanentes peut être réalisée au printemps. Il permet d'obtenir plus d'herbe plus tôt au printemps. Lorsqu'il pleut au printemps, l'épandage azoté en fin de printemps permet aussi de favoriser une repousse estivale.
  • La quantité d’azote minéral devra être cohérente avec la croissance de l’herbe attendue, la part des légumineuses et les apports antérieurs de fumier ou de compost.
  • Une fertilisation minérale à l’automne est beaucoup plus discutable : en effet la minéralisation des éléments présents sur la parcelle est très importante au cours de l'été (chaleur) et du retour des pluies à l'automne.

Amendements organiques

  • La fertilisation organique régulière (fumier, compost) est un moyen d'apporter de la matière organique, du phosphore (P) et du Potassium (K), nécessaires au végétal et à la structuration du sol, évitant son appauvrissement.
  • C'est aussi un moyen puissant de renforcer la résistance des prairies de longue durée à un déficit hydrique prolongé.

Amendements calcaires

L'apport de calcaire permet de rétablir le pH vers la neutralité pour les prairies qui se sont acidifiés (pH<6). Les apports se font généralement à l'automne. Les quantités seront prévues à partir des analyses de sol réalisés si possible tous les 4 ans.

Renouvellement des prairies

©L. Marnay/IFCE

Il importe de porter un diagnostic précis des prairies et de leur niveau de productivité

Les prairies à très faibles rendement ou valorisation doivent être renouvelées.
Les prairies dégradées seront remplacées dès les mois d’août-septembre et pourront être pâturées dès l'automne si les conditions climatiques sont favorables.

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Voir aussi

Références bibliographiques: DOLIGEZ E. 2002, Pâturage du cheval, Prairiales du Pin.

 

 

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