Valoriser l'herbe au bon stade par les chevaux

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Niveau de technicité : 

Auteurs : Ifce et Chambres d'Agriculture

Mai 2016

 

 

Aliment le plus économique, l'herbe pâturée représente la part la plus importante de l'alimentation des animaux d'élevage lorsqu'ils sont dehors. Pour assurer un équilibre entre la production fourragère et les besoins nutritionnels des animaux à forts besoins (lactation, croissance), il est important d'organiser et conduire la prairie pour optimiser son potentiel de production sans la dégrader. 
La production en quantité de matière sèche (tonne MS/ha) n'est pas constante au cours de l'année, avec un pic au printemps et des ralentissements en été et en hiver. La qualité, c'est à dire la valeur nutritionnelle (énergie et protéines) est élevée au départ de la végétation et diminue progressivement lorsque la plante épie. 
La production et la qualité des pâtures peuvent être optimisées en valorisant l'herbe au bon stade de végétation.

Stades végétatifs et cycle des graminées

La qualité du fourrage (énergie et protéines) est excellente dès la sortie de l'hiver (stade feuillu) jusqu'au stade montaison puis diminue rapidement avec le développement de la plante à partir du stade épiaison.

Au stade tallage-feuillu, la plante est essentiellement constituée de feuilles  très appétentes et riches en sucres solubles et protéines. Aux stades suivants, les tiges s'allongent et durcissent (la fibrosité ou cellulose brute augmente) et la valeur alimentaire diminue.

Le cycle de l'herbe correspond à son exploitation, précédé du temps de croissance, c'est à dire :

 

  • une période de pousse : du démarrage en végétation, de la fauche précédente ou de la sortie des animaux jusqu'à la nouvelle exploitation.

  • une période d'exploitation par le pâturage (de l'entrée à la sortie des animaux) ou par la fauche, pour une parcelle donnée.

Selon le climat et la région, on peut exploiter 3 à 8 cycles de pousse de l'herbe par saison en gérant bien fauche et pâturage.

 

Si on fauche les épis, un nouveau cycle repart, alors que si la plante reste épiée, elle s'arrête de pousser.

 

Stades de développement d'une graminée fourragère et valeurs nutritionnelles. Cliquez pour agrandir
Pâturage au stade épiaison => gâchis © P. Doligez, Ifce

Pourquoi maintenir un stade feuillu pour optimiser la pousse de la prairie ?

Maintenir un stade feuillu sur la prairie permet d'assurer une ressource alimentaire stable et homogène pour les chevaux au cours de la saison de pâturage. 

Pour améliorer la qualité du fourrage, il faut réaliser une mise à l'herbe précoce et réserver (environ la moitié) des surfaces pour la fauche, qui seront ensuite pâturées en été.

 

Comment maintenir un stade feuillu ?

herbe 5cm © P. Doligez, Ifce
herbe 12cm © P. Doligez, Ifce
herbe 15cm © P. Doligez, Ifce
herbe 20cm © P. Doligez, Ifce

Pratiquer le déprimage : 

Pratiquer un premier pâturage au début du printemps puis retirer les animaux pour réserver ensuite la parcelle pour la fauche : la repousse sera plus dense, le stade des plantes sera retardé et donc de meilleur qualité nutritionnelle.

 

Pratiquer le pâturage tournant :

 

  • Entrer les animaux au stade feuillu lorsque l'herbe atteint 10-12 cm (sauf pour la première mise à l'herbe = 5cm). Au-delà d'une hauteur de 15 cm à l'entrée des animaux dans la parcelle, l'herbe haute est couchée, piétinée et gâchée par les chevaux.

  • Sortir les chevaux de la parcelle lorsque la hauteur moyenne de l'herbe atteint 5 cm de hauteur. La couleur de l'herbe doit être encore verte.

  • Pour limiter le gaspillage, on peut pratiquer un pâturage tournant en coupant la parcelle en plusieurs sous-parcelles (mini 4-5 parcs) qui seront pâturées successivement en rotation (1 semaine de pâturage puis 3 semaines de repos-repousse pour chaque parc).

 

Pratiquer un pâturage en adaptant le chargement :

 

  • En pleine période de pousse de l'herbe (printemps), le chargement dans la parcelle sera important. Ex : 40-45 ares/UGB en moyenne, soit 0,5ha/jument suitée.

  • En été, ce chargement sera diminué soit en augmentant la surface disponible soit en diminuant le nombre d'animaux. Par exemple : 80-90 ares/UGB soit 1 ha/jument suitée.

 

Eviter le surpâturage :

Éviter le surpâturage (zones avec une hauteur d'herbe inférieure à 5 cm). Pour la repousse de feuilles, la plante utilise des réserves glucidiques situées à la base des gaines et des tiges et dans les organes souterrains. 

Un temps de repos après pâturage est nécessaire : de 3 à 4 semaines en pleine période de végétation et de 4 à 6 semaines et été et en arrière saison.

 

Gérer les refus :

La fauche ou le broyage assez tôt en saison (début juin) permet d'éliminer les plantes épiées non consommées favorisant ainsi une repousse feuillue dans les zones de refus. 

Le pâturage mixte alterné ou simultané permet un meilleure maîtrise du stade herbacé en limitant la formation de refus.

 

Références

Source : Fourrages Plus, Martin-Rosset 2012, Soltner 1988

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