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Impact du transport sur le bien-être

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteurs :  M. Odell, C.Dubois, I. Barrier-Battut, C. Bruna, C. Briant

Mise à jour : Octobre 2017

Le transport peut avoir de nombreux impacts sur le bien-être du cheval. La principale cause est le stress  physique ou psychologique lié au transport lui-même. De nombreux scientifiques se sont penchés sur la question afin de connaitre les effets du transport sur le bien-être du cheval et de trouver des solutions afin de minimiser ces impacts.

Le bien-être du cheval pendant le transport

Les 5 besoins fondamentaux, indispensables au bien-être d'un animal :

  • l’absence de faim, de soif ;
  • l’absence de peur et de détresse ;
  • l’absence de stress physique et thermique ;
  • l’absence de douleur, lésion et de maladie ;
  • la possibilité  pour l'animal d’exprimer des comportements normaux, de son espèce.


Lors du transport, les conditions sont particulières. De par :

  • le confinement,
  • la privation de nourriture et d’eau,
  • les mouvements du véhicule,
  • le bruit,
  • les conditions de route et la conduite du transporteur,
  • la séparation de l’environnement familier ajoutée à l’isolement ou à un regroupement inapproprié,
  • la température et les conditions climatiques et environnementales,
  • l’humidité au sein du véhicule,

Le bien-être du cheval peut ne plus être respecté. Certains comportements et paramètres permettent de le constater.

Les conséquences du transport sur le cheval

La fatigue musculaire

Durant le transport lui-même, le cheval adopte une posture bien particulière. D’ordinaire les membres des chevaux se trouvent dans l’alignement du corps en se plaçant sous celui-ci.

Lors du transport, le cheval place ses membres en position légèrement extérieure :

Il est possible de supposer que cette position vient compenser les mouvements du véhicule et donne une meilleure stabilité aux chevaux. Toutefois, cette posture demande un effort musculaire constant au cheval augmentant par là même ses dépenses énergétiques et la fatigue musculaire (Waran N, Cuddeford D, 1995). Or la performance des chevaux en compétition dépend en partie de leur réserve et leur métabolisme énergétique, facteurs qui peuvent être perturbés après le transport (Fazio E et al, 2008).

Les comportements anormaux

Au cours du trajet, il est possible de constater que le cheval est plus agité durant les premières heures de voyage. Il est communément dit qu’un cheval a besoin de 5 heures pour s’adapter à un nouvel environnement, comme un véhicule de transport par exemple. En comparant un trajet de 50km et un de 200km, le plus court trajet cause proportionnellement plus de stress que le trajet plus long. Cela peut être dû au temps trop court du voyage qui n’a pas permis au cheval de s’adapter à la nouvelle situation.

Certains chevaux particulièrement stressés par les transports peuvent se montrer agressifs, hennir et taper du pied. Parfois les chevaux peuvent aussi adopter une position, dites du retournement, avec l’encolure pliée de sorte que la tête du cheval se positionne contre le flanc entre les bat-flancs. On peut également observer des stéréotypies comme le tic à l’appui déclenché lors du transport.

La perception

La vision du cheval est très sensible aux mouvements et aux contrastes comparativement à la vision humaine. Les jeux d’ombres et de lumières dans le véhicule peuvent donc être perturbants pour un cheval novice. Par ailleurs l’œil du cheval s’accommode lentement lors d’un changement d’intensité lumineuse. Ce phénomène explique qu’il est fréquent d’observer un temps d’arrêt lors de l’embarquement des chevaux passant du pont, une zone éclairée, au véhicule, une zone sombre. L’éducation au transport permet de pallier cela afin que les transports se passent correctement par la suite.

Le cheval peut être perturbé par les sons environnants (moteur, bat-flancs…). Sa gamme de fréquence allant de 55 à 33 500 Hertz, il est capable de percevoir les sons que nous entendons mais aussi les ultra-sons.

La fréquence cardiaque

Lors du transport et encore plus lors du chargement, qui est considéré comme le moment le plus stressant du trajet (Schmidt A et al, 2010), la fréquence cardiaque des chevaux augmente. Ce phénomène est d’autant plus accentué que le cheval sera jeune et inexpérimenté.

Même avec l’éducation, la fréquence cardiaque du cheval lors du transport ne sera pas égale à la fréquence cardiaque de repos. En effet, même si le stress peut être diminué avec l’apprentissage, l’effort musculaire nécessaire lors du transport fera augmenter légèrement la fréquence cardiaque du cheval.

Le taux de cortisol

Le cortisol est une hormone secrétée par la glande corticosurrénale à partir du cholestérol. Communément appelé hormone du stress, le cortisol mobilise les réserves de l'organisme pour faire face au stress, le prévenant d’une situation de « danger ».

Chez les chevaux, il est possible de remarquer que lors du chargement, le taux de cortisol dans la salive augmente considérablement. Il diminue ensuite lors du transport mais reste tout de même élevé par rapport aux valeurs de repos. Le taux de cortisol augmente plus faiblement au chargement et lors du trajet chez les chevaux habitués au transport. Ce n’est que quelques minutes après le déchargement qu'il revient à la normale et ce de manière assez rapide (Schmidt A et al, 2010).

Cette augmentation de cortisol, si elle se prolonge, peut faire diminuer le taux de progestérone chez les juments gestantes causant parfois l’interruption de gestation. Durant le transport, le taux d’avortement augmente mais ce phénomène se produit surtout sur des trajets de longue durée, le cas est assez rare sur des trajets de moins de 8h (Baucus K-L et al, 1990).

La déshydratation et la perte de poids

Durant le transport, il est exceptionnel que les chevaux aient accès à l’eau à volonté. Ce point peut être la cause de déshydratation à la suite d’un trajet. Durant le transport, le cheval peut perdre de 0.45 à 0.55% de sa masse corporelle par heure à cause de la perte d’eau (par transpiration et respiration). Ainsi un cheval de 500 kg peut perdre 30 kg en 12 heures de transport. Toutefois le poids perdu peut être repris dans les 3 à 7 jours suivant le trajet (Leadon D-P, 2000).

De même, lors d'un long trajet de 24h le cheval peut perdre jusqu’à 6% de sa masse corporelle : il est important de veiller à lui permettre de s'abreuver.

Après un transport  de longue durée (plus  de 8 heures), l’impact sur les paramètres physiologiques est accentué, avec notamment une  modification de  la formule  sanguine, montrant un effet sur l’immunité et une augmentation  de  certaines molécules dans le sang, comme les lactates (notamment libérés  en cas d’exercice intense et responsables des courbatures).

Conclusion


L'observation des signes de stress doit permettre d'en déduire des applications afin de diminuer l'impact du transport sur le cheval.


Ainsi, en regardant les indicateurs de stress lors du transport (cortisol, fréquence cardiaque, comportement), il semble par exemple préférable de faire voyager les équidés à plusieurs par véhicule en stalles individuelles. Une astuce peut consister à placer un miroir ou une surface réfléchissante en face du cheval dans le véhicule : il a été constaté une réduction des comportements de stress (vocalisations, balancier de la tête…) par rapport à un voyage effectué seul.

La réglementation fixe les conditions et les normes à respecter afin de préserver le bien être et la santé des animaux au cours des transports (voir Protection des équidés au cours du transport).

 

Voir aussi

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Disponibles à la librairie

Bibliographie

  • Andronie I, Pârvu M, Andronie V, Ciurea A, 2009, Effects of transportation stress on some physiolocal indicators in sport horses, Zootehnie si Biotehnologii n°42

  • Boureau V, Gaultier E, 2002, La phobie des transports chez le cheval : approche par l’éthologie clinique, Pratique vétérinaire équine n°34

  • Center for equine health, 2003, transporting horses: Minimizing the stress, the horse report n°21

  • Fazio E, Medica P, Cravana C, Ferlazzo A, 2008, effects of competition experience and transportation on the adrenocortical and thyroid responses of horses, The veterinary record n°163

  • Pariset G, Larcher C, 1999, Synthèse bibliographique : Transporter les chevaux, Equ'Idée n°36

  • Harry N, 2004, A chacun son transport … Pourvu que tout se passe bien, Cheval Santé n°30

  • Kay R, Hall C, 2009, The use of a mirror reduces isolation stress in horses being transported by trailer, Applied animal behaviour science n°116

  • Lafon M, 2009, Transport et compétition : optimiser l'association, Cheval santé n°61
  • Leadon D-P, 2000, horse transport – history, current practices, the future and veterinary recommendations

  • Mercier L, 2005, La sécurité en voyage, L'Eperon n°245

  • Schmidt A, Möstl E, Wernert C, Aurich J, Müller J, Aurich C, 2010, Cortisol release and heart rate variability in horses during road transport, Hormones and behavior n°57

  • Sellnow L, 2005, Improving travel conditions, the horse   

  • Tateo A, Padalino B, Boccaccio M, Maggiolino A, Centoducati P, 2012; Transport stress in horses: effects of two different distances, Journal of veterinary behavior n°7

  • Waran N, Cuddeford D, 1995, Effects of loading and transport on the heart rate and behaviour of horses, Applied animal behaviour science n°43

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