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Un pansage respectueux du bien-être du cheval

Niveau de technicité :  

Auteur : Léa Lansade

Avril 2017

 

Le pansage est une pratique de base, mais à laquelle peu de cavaliers sont sensibilisés. Or cette pratique, parce qu’elle est répétée très fréquemment, est loin d’être si anodine que cela, que ce soit pour la sécurité du cavalier comme pour le bien-être du cheval.

Prendre conscience de l'intérêt d'un pansage adapté au cheval

Au pansage, une récente étude  a montré que 50% des chevaux présentent des signes d’inconfort (menaces, forte contraction du ventre ou du dos), contre seuls 5% des signes positifs (décontraction, grooming …). Les chevaux effectuent en moyenne 7 défenses par séance de pansage comme des morsures ou des coups de pieds. Cela traduit  un ressenti émotionnel très négatif de cette pratique chez une majorité de chevaux, avec un impact sur leur bien-être général et leur relation avec l’homme. Ces résultats peuvent aussi expliquer qu’un quart des accidents avec les chevaux ont lieu à pied. Dans cette même étude, un nombre significatif d’incidents (les dents ou les sabots passent à moins de 10 cm de la tête du cavalier) a d’ailleurs été observé. Bien souvent, les cavaliers ne se sont pas rendu compte de ce qui venait de se passer. Il est évident que certains cavaliers ont déjà adopté une pratique adaptée mais ces chiffres montrent qu’il reste une forte marge de progrès.

La majorité des chevaux ont un ressenti négatif du pansage.
50% des chevaux présentent des signes d’inconfort et menacent au pansage.
Les incidents, voire accidents, au pansage sont nombreux.
Cela doit faire réfléchir à cette pratique.

Les clés d'un bon pansage

La clé est d’observer attentivement son cheval afin d’adapter ses gestes. L’objectif est de trouver les zones où il apprécie d’être brossé, afin de favoriser un maximum de comportements positifs (grooming, relaxation, expression faciale positive) et un minimum de comportements négatifs. Chez la plupart des chevaux, il est très simple d’induire ces comportements. Il suffit de tester chaque partie du corps et d’ajuster son geste en fonction de la réaction du cheval :

  • Lorsque le cheval commence à manifester des signes de confort, il suffit d’insister sur cette zone, en trouvant l’intensité de brossage qui lui convient le mieux. L’idéal est de commencer avec la main en le grattant avec les doigts. Au bout de quelques séances, on peut introduire les brosses, voire continuer avec la main.

  • Lorsque le cheval commence à manifester des signes d’inconfort, il faut au contraire diminuer la pression.

  • La séance de pansage idéale devrait consister à prendre quelques minutes pour nettoyer l’ensemble du corps du cheval en veillant à n’induire aucun comportement négatif, puis à garder du temps pour le masser aux zones préférentielles, dans l’unique but de lui apporter du confort.

L’observation attentive des comportements et des expressions faciales est la clé d’un bon pansage.
Au bout de quelques séances, le cheval (sauf mauvaises expériences préalables) comprend que le pansage est un moment de confort et se met à exprimer de plus en plus de comportements positifs.
Il n’y a aucune raison qu’un cheval sain manifeste des comportements négatifs au pansage.

Les bénéfices d'un bon pansage

Il y a tout à gagner à améliorer sa pratique. En premier lieu, un bon pansage permet d’améliorer la relation homme-cheval. Il a été prouvé que cela permet ensuite de faciliter les interventions ultérieures, y compris quand elles sont désagréables pour le cheval, comme les prises de sang. Elle permet également par un effet d’accumulation d’augmenter le bien-être global du cheval. Des effets sur le taux d’ocytocine ou du rythme cardiaque ont été observés.

  • Un bon pansage a des répercussions profondes sur le comportement et la physiologie du cheval (ocytocine, rythme cardiaque).

  • Pour le cavalier, une bonne pratique permet de diminuer le nombre de défenses. Cela réduit le risque de prendre un coup de pied ou de se faire mordre. De plus, être attentif à son cheval permet d’anticiper les réactions du cheval et de limiter les risques d’accidents. 

Un quart des accidents avec les chevaux ont lieu à pied

Autant de risques d’avoir un traumatisme crânien à pied qu’à cheval

Bien brosser et observer son cheval limite les risques

Références bibliographiques 

Lansade L., Bonneau C., Lenglet F., Quatre Sous L., Yvon J.M., Reigner F., Laine A.L., Laclie C., Parias C., Brunet R.,  Biau S., Sensibiliser les cavaliers à la pratique du pansage : état des lieux et proposition d'une pratique adaptée, 43ème Journée de la Recherche équine, Paris 2017 p 64-73.

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