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Le monde sensoriel du cheval

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteurs : M. Vidament, H. Roche,  C. Neveux, L. Lansade

Mise à jour Septembre 2017

 

Les animaux d'une espèce ne perçoivent pas le monde de la même façon que les individus d'une autre espèce puisque leurs 5 sens fonctionnent différemment. Ceci est donc le cas entre les chevaux et les humains.

La vue

Le cheval a une vision panoramique en bande horizontale, grâce à ses grands yeux latéraux à pupille horizontale et grâce à sa rétine, plus riche en cellules le long d’une bande horizontale. Le cavalier doit ainsi être vigilant, car certains de ses gestes (mouvements de ses mains, retrait d'un vêtement alors qu'il est à cheval) peuvent surprendre le cheval en apparaissant soudainement dans son champ de vision.

Seule une partie de son champ de vision, face à la tête, est binoculaire (c’est-à-dire vue par les deux yeux en même temps), l’essentiel du champ étant donc monoculaire : l’œil gauche voit ainsi jusqu’à la hanche gauche, et l’œil droit jusqu’à la hanche droite (voir graphique). Le champ de vision du cheval est donc extrêmement large. Attention cependant, il peut être facilement surpris par des éléments visuels et auditifs arrivant juste derrière sa croupe (seule zone qu'il ne voit pas), notamment quand on l'aborde par l'arrière...

L’axe optique du cheval est dévié de 20° vers le bas par rapport à l’horizontale. Ainsi, la position de l’encolure est importante pour bien voir :  le cheval a besoin de relever l’encolure pour voir de loin, pour aborder un obstacle,  et il  doit la baisser, et même la basculer, pour voir de près.

Par contre, la fermeture de la pupille à la lumière est assez lente, ce qui a pour conséquence que le temps d’adaptation entre obscurité et éclairement est très long (ex : rentrer dans un van sombre un jour de soleil, sortir d’un box sombre vers une zone éclairée…).

Le cheval voit bien dans des conditions de luminosité faible, perçoit bien les mouvements et distingue bien les contrastes (sensibilité) mais voit moins bien les détails (acuité). Par contre, la fermeture de la pupille à la lumière est assez lente, ce qui a pour conséquence que le temps d'adaptation entre obscurité et éclairement est très long et vice-versa (ex : rentrer dans un van sombre un jour de soleil, sortir d'un box sombre vers une zone éclairée...). Le cheval est donc très sensible aux contrastes lumineux.

On sait aujourd'hui que le cheval différencie les couleurs, même s'il ne les perçoit pas de la même manière que les humains. En particulier, il fait la différence entre le bleu, le jaune et le blanc. Par contre, le vert et le rouge ne seraient pas distingués.

L'ouie

Les oreilles du cheval sont plus développées que les nôtres et présentent un grand pavillon. Elles sont très mobiles, ce qui lui permet de bien localiser la provenance du son.

Le cheval a presque la même gamme de sons audibles que l’homme. Il perçoit les sons dont la fréquence se situe entre 55 Hz et 33 500 Hz, alors que l’homme entend les sons dans une fourchette de 16 Hz à 20 000 Hz. Le cheval perçoit donc les ultrasons, inaudibles pour l’homme, mais n’entend pas certains sons graves perçus par l’homme.

Les sons que le cheval entend le mieux sont ceux compris entre 125 Hz et 30 000 Hz, zone qui comprend la voix de l’homme (conversation : 100 à 150 Hz, chant : 65 à 400 Hz), de la femme (conversation : 200 à 300 Hz, chant : 200 à 1500 Hz) et de l’enfant (conversation : 300 à 450 Hz).

Le toucher

La sensibilité tactile du cheval est variable selon les parties du corps et selon les individus

Ses lèvres et ses vibrisses (grands poils autour de la bouche), très sensibles, lui permettent d'identifier des objets et de la nourriture avant de s'en saisir. Ne pas couper les vibrisses, cela prive le cheval d'une partie de ses possibilités sensorielles.
Les muscles peauciers, superficiels, permettent au cheval de faire tressaillir sa peau pour chasser un insecte.

Le toucher est aussi un sens privilégié pour former des relations d’affinités et de relaxation entre chevaux. Le garrot, zone sensible, est ainsi une zone de grattage privilégiée.

Le toucher est aussi très important entre le cavalier et son cheval puisque ces zones de contact sont à la base d'une communication sur laquelle repose l'équitation. En fonction des individus, la sensibilité sera plus ou moins forte, entraînant une grande variabilité dans la réponse aux aides du cavalier.

L'odorat

 

Il semble que l'odorat ait un rôle important chez le cheval : les comportements fréquents de flairage de l'environnement (notamment crottins et urines), des congénères (du poulain à la naissance par sa mère, des juments par l'étalon, des chevaux entre eux), le comportement de marquage des étalons (par urines et crottins), la conformation des naseaux et la surface de la muqueuse olfactive, suggèrent que ce sens est primordial. 


Le cheval possède un organe voméro-nasal (ou organe de Jacobson) sur le plancher de ses fosses nasales. Lors du flehmen, l’air est dirigé de la bouche vers cet organe par un petit canal. Actuellement, les scientifiques pensent que cette voie olfactive est sensible aux phéromones, mais aussi aux odeurs.

 

Le goût


Ce sens, très lié à l'olfaction, est encore un vaste champ d'études. Le cheval dispose de papilles gustatives qui lui permettent de distinguer le sucré et le salé, l'amer et l'acide. La sensibilité gustative varie d’un individu à l’autre.

En pâture, le cheval a une grande variété de goûts à sa disposition. Au box, il est souvent sujet à une monotonie alimentaire, il est donc intéressant d’enrichir et de stimuler l’environnement du cheval par l’introduction de nouveaux goûts. Par exemple, vous pouvez proposer des foins différents, aromatiser les rations, proposer différents aliments, afin que le cheval retrouve le comportement de recherche alimentaire qu’il a au pâturage.

Conclusion 

Le cheval ne perçoit pas l'environnement comme l'homme. Ces différences peuvent expliquer certains comportements, dont la raison nous échappe au premier abord.

Bibliographie

  • Leblanc M-A. L’esprit du cheval. 2010. Belin éditeur, Paris.

  • Leblanc M-A. Comment pensent les chevaux ? 2015. Belin éditeur, Paris

  • Les Haras Nationaux. 2011. L’éthologie chez le cheval. DVD

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