Fiche consultée 14400 fois.

Partager

Le monde sensoriel du cheval

Niveau de technicité : 

Auteurs : A.C. Grison, M. Vidament, H. Roche, L. Lansade, C. Neveux
Mise à jour Mai 2015

 

La perception de la réalité est différente d'un individu à l'autre, mais aussi d'une espèce à une autre. Ces différences peuvent expliquer certains comportements que l’on observe chez le cheval, dont la raison nous échappe : le cheval ne perçoit pas l'environnement comme l'homme.

La vue

Le cheval a une vision panoramique essentiellement horizontale, grâce à ses grands yeux latéraux à iris horizontal et grâce à sa rétine, plus riche en cellules le long d’une bande horizontale.

Seule une partie de son champ de vision, face à la tête, est binoculaire (c’est-à-dire vue par les deux yeux en même temps), l’essentiel du champ étant donc monoculaire : l’œil gauche voit ainsi jusqu’à la hanche gauche, et l’œil droit jusqu’à la hanche droite.

L’axe optique du cheval est dévié de 20° vers le bas par rapport à l’horizontale. Ainsi, la position de l’encolure est importante pour accommoder la vue : relever l’encolure pour voir de loin, la baisser pour voir de près.

Par contre, la fermeture de la pupille à la lumière est assez lente, ce qui a pour conséquence que le temps d’adaptation entre obscurité et éclairement est très long (ex : rentrer dans un van sombre un jour de soleil, sortir d’un box sombre vers une zone éclairée…).

Le cheval voit bien dans des conditions de luminosité faible, perçoit bien les mouvements et distingue bien les contrastes (sensibilité) mais voit moins bien les détails (acuité). On sait aujourd’hui que le cheval différencie des couleurs, mais même s’il ne les perçoit pas de la même manière que les humains.

L'ouie

Les oreilles du cheval sont plus développées que les nôtres et présentent un grand pavillon. Elles sont très mobiles, ce qui lui permet de bien localiser la provenance du son.

Le cheval n’a pas la même gamme de sons audibles que l’homme. Le cheval perçoit les sons dont la fréquence se situe entre 55 Hz et 33 500 Hz, alors que l’homme entend les sons dans une fourchette de 16 Hz à 20000 Hz. Le cheval perçoit donc des ultrasons, inaudibles pour l’homme, mais n’entend pas certains sons graves qui seront perçus par l’homme.

Les sons que le cheval entend le mieux sont ceux compris entre 125 Hz et 30 000 Hz, zone qui comprend la voix de l’homme (conversation : 100 à 150 Hz, chant : 65 à 400 Hz), de la femme (conversation : 200 à 300 Hz, chant : 200 à 1500 Hz) et de l’enfant (conversation : 300 à 450 Hz).

L'odorat

 

Il semble que l'odorat ait un rôle important chez le cheval : les comportements fréquents de flairage, le comportement de marquage (par urines et crottins), la conformation des naseaux et la surface de la muqueuse olfactive, suggèrent que ce sens est primordial.

Le cheval possède un organe voméro-nasal (ou organe de Jacobson) sur le plancher de ses fosses nasales. Lors du flehmen, l’air est dirigé principalement vers cet organe. Actuellement, les scientifiques pensent que cette voie olfactive est sensible aux phéromones, mais aussi aux odeurs.

Le toucher

La sensibilité tactile du cheval est variable selon les parties du corps et selon les individus.

Ses lèvres et ses vibrisses (grands poils autour de la bouche), très sensibles, lui permettent d'identifier des objets et de la nourriture avant de s'en saisir. Les muscles peauciers, superficiels, permettent au cheval de faire tressaillir sa peau pour chasser un insecte.

Le toucher est aussi un sens privilégié pour former des relations d’affinités et de relaxation entre chevaux. Le garrot, zone sensible, est ainsi une zone de grattage privilégiée.

Le toucher est aussi très important entre le cavalier et son cheval puisque ces zones de contact sont à la base d'une communication sur laquelle repose l'équitation. En fonction des individus, la sensibilité sera plus ou moins forte, entraînant une grande variabilité dans la réponse aux aides du cavalier.

Le goût


Ce sens, très lié à l'olfaction, est encore un vaste champ d'études. Le cheval dispose de papilles gustatives qui lui permettent de distinguer le sucré et le salé, l'amer et l'acide. La sensibilité gustative varie d’un individu à l’autre.

En liberté, le cheval a une grande variété de goûts disponible. Au box, il est souvent sujet à une monotonie alimentaire, il est donc intéressant d’enrichir et de stimuler l’environnement du cheval par l’introduction de nouveaux goûts. Par exemple, vous pouvez proposer des foins différents, aromatiser les rations, proposer différents aliments, afin que le cheval retrouve le comportement de recherche alimentaire qu’il a au pâturage.

Voir aussi

Liens vers des pages sur un thème proche

Documents à télécharger

Disponibles à la librairie

Lettre d'information "Avoir un cheval"

 

Inscrivez-vous et recevez la lettre chaque mois par email 


Grâce à cette lettre mensuelle, restez informé de nos derniers articles publiés, des fiches encyclopédiques et des vidéos en ligne sur les sujets qui vous concernent : alimentation, santé, reproduction, génétique, comportement, infos réglementaires... et bien d'autres!

 

Je souhaite recevoir la lettre d'information gratuite "Avoir un cheval"