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Suivi de la récupération après une compétition

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteurs : Patrick GALLOUX (Phd, BEES 3 Equitation, Ecuyer du Cadre noir)

Août 2018

La gestion des récupérations est un point fondamental de l’entraînement. Lisez ici des moyens d’évaluation anciens comme le suivi du poids mais aussi des techniques nouvelles accessibles au cavalier isolé mais dont les études de validations sont encore en cours.

La gestion de la récupération

Le programme de travail

Après une compétition, notamment intermédiaire, la récupération doit faire l’objet de toute notre attention. Dans la fiche « la récupération active », la récupération active est présentée comme un protocole intéressant pour éliminer rapidement une partie des effets de l’effort de la compétition. Il a été aussi souligné que la pratique d’une activité modérée le lendemain de l’épreuve de fond est une bonne façon d’engager ce processus de récupération, préférable à une promenade montée ou en main ou la seule mise au paddock. Alors que les épreuves internationales de type CCI avec le CSO le lendemain du cross nous imposent ce calendrier favorable, les épreuves intermédiaires nationales ou de type CIC ne le permettent pas toujours, notamment si le transport a lieu le lendemain. Lorsque cela est possible, le programme devrait être : jour J : CSO/Cross, J+1 : travail modéré, à partir de J+2 : promenade. En complément du travail, l’alimentation et l’hydratation sont suivies et complémentées si nécessaire.

L'évaluation des besoins de récupération

La fréquence cardiaque pendant la récupération

Pendant la compétition, l’enregistrement de la fréquence cardiaque permet de suivre celle-ci pendant le cross mais aussi en continu pendant la récupération. Il est nécessaire de garder la sangle de mesure au moins 10 minutes après l’épreuve pour avoir une cinétique intéressante. Il apparaît que les paliers 3-4 minutes et après 10 minutes sont assez discriminants pour apprécier la qualité de la récupération, sous réserve de les comparer à des allures identiques (récupération au pas ou au trot). Toutefois, compte-tenu de l’émotivité du cheval, notamment s’il récupère très bien, l’analyse devient plus aléatoire dès que la fréquence cardiaque descend en dessous de 110 bts/min.

La fréquence cardiaque au repos

De nouvelles méthodes d’évaluation de l’état de récupération ont cours chez l’athlète humain et commencent à être étudiées chez le cheval1. Après une compétition ou un effort important, la fréquence cardiaque est enregistrée au repos tous les matins sur 7 à 10 jours. La mesure est effectuée à la même heure pendant 15 minutes chez un cheval calme, n’ayant pas encore travaillé.

Plus que la valeur absolue de la fréquence cardiaque de repos, on s’intéresse ici à sa variabilité qui est le résultat des influences antagonistes des systèmes nerveux parasympathique et orthosympathique. En cas de fatigue importante, un déséquilibre entraîne une moindre variation du rythme cardiaque ; un marqueur du système parasympathique peut être suivi par un des indicateurs calculé par des outils informatiques accessibles à l’entraîneur2.

1: Etude conduite par le professeur Véronique BILLAT (https://www.billatraining.com/fr/) et dont la validation est en cours dans le cadre d’un projet financé par le conseil scientifique de l’IFCE.
2 : Logiciel KUBIOS www.kubios.com
(3) dans graph 2 : Le signal de la fréquence cardiaque peut être analysé dans le domaine temporel, fréquentiel ou non linéaire comme le paramètre SD1. Il représente l’écart type de la variabilité battement à battement instantanée définie par M.P. TULLPO et al en 1996 et apparait dans l’étude de Dylan MOREAU (2017) comme un bon indicateur de la récupération dans les heures et les jours qui suivent l’effort.

Suivi de la lactatémie

Lorsque cela est possible, la mesure de la lactatémie à l’issue du cross de la compétition donne des informations très pertinentes sur la sollicitation du cheval au cours du cross. Pour cela il est nécessaire d’effectuer une mesure à une minute et une à 10 minutes. Des valeurs à l’arrivée situées entre 8 et 12 mmol/l rassurent le cavalier qui peut envisager une reprise de l’entraînement après un microcycle de repos relatif. Chez un cheval non spécifiquement entraîné, des valeurs à l’arrivée supérieures à 15 mmol/l et qui ne sont pas redescendues à des valeurs proches de 2 mmol/l après 10 minutes doivent attirer l’attention du cavalier sur la durée de la récupération à envisager et le contenu du ou des microcycles de récupération à suivre.

Il reste possible d’observer des valeurs de la lactatémie élevées à l’arrivée chez un cheval très affuté ; c’est une situation qui n’est pas anormale à haut niveau sous réserve que l’élimination soit rapide.

Suivi du poids

Largement pratiqué dans les écuries de course mais souvent occulté dans les disciplines équestres, le suivi de poids est un paramètre utile dès que le cheval a trouvé son poids de forme. Il est nécessaire de le peser avant le départ et puis tous les jours qui suivent le retour de la compétition. Certains chevaux perdent jusqu’à 20 kg et mettent entre 3 et 9 jours pour retrouver leur poids de départ. Le Dr Claire LELEU a montré chez le cheval de course au trot une sensibilité à la perte de poids plus importante chez les jeunes chevaux ainsi que l’influence du tempérament du cheval, de la durée de transport ou de la température extérieure. Elle a observé une durée de retour à la normale plus importante chez les chevaux nerveux en compétition.

Les mesures biochimiques

Les vétérinaires spécialisés en médecine sportive réalisent des mesures notamment biochimiques pour suivre la récupération des chevaux. (paragraphe en attente)

Conclusion

La sollicitation de certains cross et l’enchaînement des compétitions intermédiaires doit conduire les entraîneurs à se doter de tous les moyens pour suivre la récupération des chevaux afin de pouvoir enchaîner sur la suite de la préparation en vue de l’objectif terminal. Même si l’œil de l’homme de cheval est puissant et permet de révéler des comportements ou des attitudes suspectes, les outils présentés si dessus permettent de compléter ou de confirmer son jugement et de prendre les dispositions nécessaires pour ne pas conduire au surentraînement ou laisser passer un temps de travail technique ou énergétique qui aurait pu être utile.

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