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Cheval d'attelage : planifier son entraînement sportif

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteur : R. Vinck, A.L. Antonin-Busnel

Décembre 2017

La participation à un concours d’attelage nécessite en amont une préparation physique du cheval. Mais comment s’y prend-on ? Quand commencer l’entraînement ? Quels exercices faire ? Et pourquoi ? L’entraînement a pour objet de développer les capacités physiques et mentales du cheval pour arriver au niveau sportif fixé.
Cette fiche vous propose de réfléchir sur la manière de planifier un programme d’entraînement afin d’atteindre un objectif sportif défini. Les éléments clés pour construire une planification sportive y sont présentés : la définition des objectifs sportifs, la notion de cycles, les phases et les moyens à mettre en œuvre.

Poser un diagnostic : positionner le cheval

C’est le premier élément à étudier pour planifier l’entraînement.

Le positionnement du cheval dans sa globalité permet de prendre un instantané du cheval à un moment précis pour poser un diagnostic. Plusieurs éléments sont à prendre en compte : son âge, son sexe, son caractère, son état sanitaire, sa conformation, sa locomotion et ses origines.

A cela s’ajoutent ensuite le positionnement dans son travail :

  • Dans quelle condition physique est-il ?
  • Quel est son niveau de dressage ? 
  • Comment se positionne-t-il dans les trois tests des épreuves d’attelage ?

L’ensemble de ces éléments récoltés participent à l’élaboration du diagnostic et à la mise en évidence de ses forces et faiblesses qui axeront le travail d’élaboration de la préparation sportive.

Définir un objectif sportif

A partir du diagnostic établi précédemment, le meneur se questionne sur ce qu’il veut faire et à quel niveau (régional, national, international ?).

La définition d’un objectif sportif se décline en deux étapes : la formulation de l’objectif et sa déclinaison en objectifs intermédiaires.

Tout d’abord, la formulation de l’objectif comporte cinq composantes. Il doit être :

  • simple : l’énoncé est clair, « je veux être sur le podium au Championnat de France » ;
  • mesurable : pas d’énoncé généraliste tel que « je veux que mon cheval soit mieux en dressage », mais définir concrètement des indicateurs évaluables comme améliorer ses résultats en dressage à titre d’exemple ;
  • atteignable et réaliste : l’objectif est en adéquation avec le diagnostic posé ;
  • temporellement défini : la notion de temps donne du sens à l’objectif, « je veux être champion régional dans deux ans  ». A partir de cet indicateur daté, la planification se déroule sous la forme d’un compte à rebours.

L’objectif clairement formulé peut ensuite se décliner en objectifs intermédiaires pour faciliter sa mise en œuvre. Le meneur s’interroge sur ce que doit savoir faire le cheval pour l’atteindre. Le découpage de l’objectif permet de visualiser davantage le travail à réaliser.

A titre d’exemple, si l’objectif sportif est d’être champion de France à la fin de l’année, un des objectifs intermédiaires peut-être de réaliser des reprises à moins de 50 % au mois de juillet, d’être dans le temps lors de l’épreuve de maniabilité en août.

Ces objectifs intermédiaires fixés permettent de dérouler la préparation.

Un temps de réflexion est nécessaire à la définition de l’objectif sportif car l’enjeu est important ; de ce dernier découle toute la planification sportive.

Comment planifier l’entraînement ?

Le diagnostic du cheval a révélé ses points forts et ses faiblesses, l’objectif sportif est formulé et les capacités à développer pour l’atteindre ont été ciblées. Les objectifs intermédiaires peuvent maintenant être mis en œuvre et l’entraînement planifié en y intégrant les dates de concours dans les cycles d’entraînement.

Le schéma ci-dessous permet de répondre aux interrogations du meneur : comment je m’y prends ? A quel moment ? Avec quels moyens ?

L’année sportive peut se découper en trois périodes :

  • une période de préparation à la compétition,
  • une période de compétition et
  • une période de récupération.

A chaque période correspondent des objectifs de travail différents à adapter au cheval (jeune cheval, cheval confirmé, retour à la compétition...).

Chaque période se découpe en cycles composés eux-mêmes de phases.

Par exemple en période de compétition, un cycle comprend une succession de phases dont les thématiques varient pour une montée progressive en capacités du cheval comme l’illustre le schéma suivant.

Les cycles s’enchaînent calés sur les compétitions qui font partie intégrante de l’entraînement du cheval. Lors de ces phases, les objectifs sont clairement identifiés.
Ainsi :

  • sur une phase de préparation technique, les objectifs visés sont d’effectuer les réglages et de renforcer les points techniques ciblés sur les problématiques de fond ;

  • sur une phase de mise en condition, l’objectif est de préparer à l’effort en reproduisant les conditions du marathon ;

  • sur une phase de pré-compétition, l’objectif est d’affiner les réglages sur les problématiques spécifiques liées aux trois tests tout en veillant au bien-être du cheval ;

  • sur une phase de récupération après la compétition, l’objectif est bien d’assurer la récupération et le bien-être du cheval (intégrité physique/morale).

Toutes ces phases varient et alternent des séances de travail à pied, monté et attelé, des séances de stretching et de détente au paddock et en promenade. Ces phases et ces séances sont adaptables à chaque cheval et sont donc conduites différemment.

Un suivi rigoureux des soins est primordial pour conserver le bien-être du cheval athlète.

Dans ces conditions, se pose la question de l’adaptation des moyens mis en œuvre :

  • Quel est mon budget ? Le niveau de compétition induit une participation financière différente (éloignement des concours, engagement, professionnels gravitant autour du cheval...). Ne pas négliger également le temps dont vous disposez pour l’activité sport attelage.

  • Quelle équipe autour du couple meneur/cheval ? Il s’agit bien ici de créer une équipe pluridisciplinaire qui en toute collaboration développe une compétence collective allant du groom assurant le bien-être du cheval au vétérinaire en passant par le cavalier et le maréchal.

  • Quel suivi médical je mets en place ? Quel protocole ? Il est préférable de privilégier les soins préventifs.

  • De quelles infrastructures je dispose pour m’entraîner, en hiver, au printemps .. ? La planification prend en compte les contraintes et les disponibilités des surfaces de travail.

Le choix des échéances sportives est stratégique ; les facteurs déterminants peuvent être, en dehors des dates, la qualité du sol, la technicité des épreuves.

Elément clé de la planification, la capacité à adapter la planification permet de toujours mettre en adéquation les moyens, les objectifs visés et l’intégrité physique et morale du cheval.

Ce qu'il faut retenir

  • Poser un diagnostic pertinent et objectif ;

  • Définir clairement l’objectif sportif ;

  • L’objectif est bien une montée en capacités du cheval/meneur sur le niveau sportif défini ;

  • Planifier : quand ? Comment ? Avec qui et pourquoi je le fais ?

  • S’adapter pour arriver à l’heure ! La réalisation des objectifs visés est conditionnée par le suivi de la planification en tenant compte des ajustements nécessaires.

 

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