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La reconnaissance de cross en concours complet

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteur : A. Boiteau - écuyer du Cadre noir

Mai 2017

Pour aborder l’épreuve de cross dans des conditions optimales et être performant, le cavalier doit reconnaître le parcours pour deux : son cheval et lui… C’est un acte important d’anticipation qui doit être réalisé avec beaucoup de rigueur pour en garantir l’utilité et l’efficacité. Profil de l’épreuve, topographie, nature et répartition des obstacles, contrats de foulée ou encore localisation « des minutes » sont autant de paramètres à identifier le plus exactement possible. L’objectif est de réduire d’autant la dimension imprévisible liée à toute performance sportive, qui plus est avec un animal. Découvrez ici la singularité d’une reconnaissance de cross en concours complet et la manière de l’intégrer dans le temps de la compétition.

Introduction

La reconnaissance du parcours de cross est partie intégrante du temps de compétition.

  • C’est un acte d’anticipation du déroulement du cross.

  • On peut la comparer à l’élaboration d’une feuille de route à suivre autant que possible.

  • Il s’agit pour le cavalier de reconnaître pour deux, son cheval et lui. C’est un moyen de réduire le « facteur découverte » auquel est soumis l’animal.

A quoi sert la reconnaissance ?

Elle doit contribuer à la performance en évitant les fautes et les erreurs. Elle permet aussi une bonne gestion théorique du temps pour « être dans le temps imparti – dans le maxi ».

  • Elle réduit au maximum l’improvisation en permettant d’élaborer un scénario idéal.

  • Elle permet au cavalier d’élaborer une stratégie en fonction de son cheval, de ses objectifs, de celles d’un entraîneur, des conditions extérieures, du début de la compétition…

  • Elle permet au cavalier de savoir où il va et comment y aller.

Facteurs et paramètres à analyser

  • Le tracé.

  • Le nombre des obstacles.

  • La nature des obstacles (de volée, directionnels, combinaisons...).

  • Les différentes options (rapides, lentes) éventuellement proposées pour certains obstacles, les tracés optimums pour chacune d’elles.

  • La répartition des obstacles (emplacement, zones galopantes, zones plus techniques…).

  • La présence éventuelle d’éléments extérieurs gênants (racine, trou, sol glissant…).

  • La topographie (plate, vallonnée) pour en déduire la gestion nécessaire de l’effort.

  • La météo en amont et prévue qui détermine la qualité du sol.

 

Quelle est la méthode ?

Il l’effectue généralement à pied en marchant et éventuellement à vélo pour l’une d’entre elle (la dernière pour se rapprocher de la vitesse en situation réelle). 

Il faut toujours se munir du plan officiel, qui fera foi en cas de litige sur le bon franchissement d'un obstacle.

  • La première reconnaissance : Elle permet de se faire une idée générale du parcours selon les paramètres évoqués plus tôt. Elle peut se faire en groupe. Elle est assez rapide car l’analyse des différents facteurs est succincte.

  • La deuxième : Elle est la plus approfondie, donc la plus longue (environ 2h pour un niveau ** et plus). Elle se fait avec l’entraîneur ou en groupe pour confronter les avis. Il s’agit de décortiquer chaque obstacle, toutes les options doivent être repérées (même les plus faciles et improbables). Il faut « photographier » mentalement chaque abord pour élaborer son plan de route.
    Les combinaisons sont mesurées et leurs options bien étudiées. L’environnement est déterminant et doit orienter l’analyse. Les valeurs dites « classiques »  sont à retenir sur terrain plat, avec des distances normales, pas en toute fin de parcours (fatigue), avec une météo clémente… Sinon, il faut évaluer l’impact de ces éléments sur le franchissement idéal.
    Le choix d’une option sur un obstacle donné (lente ou rapide) est mûrement réfléchi. C’est souvent celui de la sécurité ou de la prise de risque pour être plus performant. Il peut être impacté une fois le cross commencé (météo, déroulement général, fatigue du cheval, mauvaises sensations…).
    Le tracé est étudié sur le plan de la répartition des efforts pour gérer la fatigue du cheval.  Il doit être optimisé sur le plan métrique pour gagner du temps là où c’est possible.
    Le parcours est « roulé » pour être jalonné des minutes en fonction du "maxi" et de la vitesse imposée. On utilise une roulette, dite " à mesurer métrique". Des points de repères sont pris (arbre, poteau…) quand ils n’ont pas été posés par le chef de piste (épreuves internationales). 
  • La troisième reconnaissance : Elle est réalisée seul. En fonction de l’analyse faite sur la seconde, le cavalier élabore son propre scénario en fonction de son cheval (expérience, qualités, amplitude…), de ses objectifs de résultat, de sa stratégie…
    Le cavalier mime les procédures d’abord, les repères de vitesse, les tracés optimaux (comparable au skieur qui « récite » sa descente).
    Elle peut être faite à vélo pour se rapprocher de la vitesse et se donner une vision un peu plus panoramique.

  • La quatrième reconnaissance : elle est facultative. Elle peut être faite à nouveau en groupe pour discuter des derniers choix.

Comment réaliser la reconnaissance pour un élève ?

C’est une reconnaissance pour 3 (l’entraîneur, l’élève, le cheval…)

Elle doit être didactique, pédagogique pour « piloter » au mieux l’élève tout en lui laissant une marge d’improvisation.

Elle intègre la dimension mentale de la performance de l’élève en attirant son attention sur les zones stratégiques sans l’inquiéter pour autant.

Elle sollicite une prise de risque mesurée pour chercher la performance : Elle envisage les scénarios possibles pour l’élève et définit la réaction à adopter. Elle tient compte d’une éventuelle « perte relative de moyens » pour élaborer d’autant plus clairement la feuille de route à tenir et les « plans B ».

Elle peut être suivie d’un échange avec l’élève pour s’assurer que la compréhension est bonne, l’analyse technique et les choix bien intégrés.

Il s’agit d’obtenir de l’élève qu’il soit en mesure de réciter une leçon et de se tenir prêt à en faire légèrement varier le contenu.

Les règles d'or

  • La reconnaissance est un moment capital de la compétition qu’il faut programmer au même titre qu’une séance.

  • La reconnaissance doit être réalisée avec le plus grand sérieux, sans pollution externe (téléphone…).

  • La reconnaissance est une réflexion logique et positive pour favoriser la performance.

  • La reconnaissance doit pouvoir donner le sentiment d’avoir déjà vécu le moment présent pendant le cross.

  • La reconnaissance doit laisser une place à l’improvisation si besoin et intégrer « un plan B ».

Références

  • BOITEAU A. : Le cheval de concours complet : éducation et entraînement (240p), Belin 2016.

  • GALLOUX P. : Concours complet d’Equitation (234p), Belin 2011.

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