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"Etat des lieux et perspectives de l'emploi équin en France"
Sylvie Doaré, Journée REFérences 2015

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Les emplois dans la filière équine

Niveau de technicité :

Auteur : ifce-oesc

Mise à jour : Décembre 2016

 Vidéo : Journée REFérences 2015

La filière équine est génératrice d'emplois nombreux et très divers. Cette page vous donne un aperçu des emplois de la filière et des chiffres pour évaluer au mieux son importance.

Une nouvelle méthodologie de décompte de l’emploi équin appliquée depuis 2012

En 2013, une refonte complète de la méthode d’estimation de l’emploi en filière équine a été menée. L’objectif était de revoir les unités de décompte d’emploi utilisées pour permettre des comparaisons plus précises avec l’emploi total en France, tout en tenant compte de la pluri-activité d’une partie des travailleurs de la filière équine.

Définitions liées à l’emploi

Selon le Bureau International du Travail, l’emploi se définit comme la réalisation d’une activité en soi et repose sur les critères suivants :

  • existence ou non d’un revenu
  • concerne toute personne âgée de 15 ans à plus de 75 ans
  • porte sur un minimum d’1 heure de travail dans une semaine de référence
  • les contrats d’apprentissage et les aides familiaux sont inclus.

Dans les chiffres d’emplois publiés en France par l’INSEE, pour les personnes ayant une double activité, seule l’activité la plus rémunératrice est considérée.
 

Pour appliquer ces définitions au secteur équin tout en tenant compte de l’importance de la multi-activité, deux niveaux de décompte sont désormais considérés :
Total emploi : toutes personnes ayant un emploi lié aux équins
En activité principale : toutes personnes dont cet emploi constitue l’activité principale

Méthode de décompte et secteurs d’activités

La refonte méthodologique a permis d’actualiser le périmètre retenu pour les activités appartenant à l’emploi équin en intégrant de nouvelles activités (cochers-meneurs, traction-débardage, métiers artistiques, etc.) pour lesquelles des données sont disponibles.

Les décomptes d’emploi publiés par l’Observatoire économique et social du Cheval (OESC) de l’IFCE reposent sur des synthèses statistiques menées à partir :

  • Des enquêtes des Observatoires économiques régionaux (5900 enquêtes menées de 2010 à 2013 dans 21 régions) en partenariat avec les Conseils des chevaux, sur les activités d’élevage, équitation, entraînement courses, vétérinaire, maréchalerie, fournisseurs.

 

  • Des enquêtes thématiques nationales menées par l’OESC :
    • En 2010, sur les activités : abattage, équarrissage, boucherie, enregistrement des paris hippiques
    • En 2013, sur les activités : prestataires de soins, transporteurs, courtiers-agences, spectacle, métiers artistiques, médias, fournisseurs, autres prestataires de service.
  • Des comptages directs d’emploi pour les activités de recherche et en organismes publics et professionnels.

 

  • Des fichiers de la Caisse Centrale de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) sur les salariés et exploitants cotisants au titre d’activités d’élevage d’équidés, équitation, entraînement course.
  • Des études publiées par l’Observatoire de l’emploi, des métiers et des formations filière équine (IFCE-Equiressources), sur les activités de cochers-meneurs, traction-débardage, formation.

 

Près de 180 000 personnes actives, dont 57 000 en activité principale, en 2012

  Total emplois Dont activité principale
Emplois directement liés au cheval 126 436 42 401
Producteurs et utilisateurs du cheval : élevage, équitation, courses, utilisateurs de chevaux de travail 113 916 37 507
Dont dirigeants et autres non salariés 80 591 15 374
Dont salariés, apprentis, stagiaires 32 825 21 633
Prestataires autour du cheval : vétérinaires, maréchaux-ferrants, autres soins, transporteurs, commerce, abattoirs et équarisseurs 12 520 4 894
Emplois indirectement liés au cheval 52 956 14 900
Vendeurs de produits équins : paris hippiques, spectacle, art et média, boucheries chevalines 38 910 3 776
Fournisseurs d’entreprises : alimentation, équipement et matériel de transport 6 550 3 970
Autres prestataires d’entreprises : assurance, comptabilité, expertise, communication, informatique, etc. 932 650
Organisation et développement : formation, recherche, administration et organismes socio-professionnels 6 564 6 504
TOTAL emplois 179 392 57 301










Ce tableau rappelle les chiffres d’emplois de l'année 2012 selon la nouvelle méthodologie : près de 180 000 personnes exercent un emploi au sein de la filière équine dont plus de 57 000 personnes en activité principale (environ un tiers).

64 % de ces emplois (113 916) peuvent être qualifiés d'«agricoles». Ce sont en effet des emplois en lien direct avec la production et l'utilisation des équidés. On retrouve dans cette catégorie les emplois générés par les élevages, les centres d'entraînement de chevaux de courses et les établissements équestres principalement.

Parmi ces emplois agricoles,  7 sur 10 sont occupés par des dirigeants de  structure, principalement pour une activité d'élevage exercée à titre secondaire. La filière agricole cheval génère par ailleurs près de 33 000 emplois salariés dont près de 22 000 en activité principale.

Le secteur de l'équitation est le plus important employeur de main d’œuvre, puisqu'il concentre 64% des 37 507 emplois agricoles exercés à titre principal.

Focus sur la population salariée agricole

(Source : Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole, année 2015)

La moyenne d'âge des salariés agricoles est de 32 ans.

Les femmes représentent 55% de cette population. Elles sont majoritaires dans le secteur des Établissements équestres contrairement au secteur des Courses hippiques.

54% des salariés de la filière équine cotisant à la MSA sont en contrat à durée déterminée (CDD) contre 46% en contrat à durée indéterminée (CDI). La filière équine apparaît moins précaire que l’ensemble de la filière agricole. En effet, en considérant l’ensemble des contrats salariés 2014 de la MSA, 71% des contrats sont des CDD[Chiffres utiles de la MSA, Edition 2016]. 

Des disparités existent cependant entre secteurs : en Galop, 7 salariés sur 10 sont en CDI contre 4 sur 10 en Établissements équestres.

En 2015, 78% des salariés cotisant à la MSA travaillaient à temps complet et 22% à temps partiel, tous types de contrats confondus (CDD ou CDI). Les contrats en CDI concernent davantage les temps partiels (25% en 2015) que les CDD (18% en 2015).

Les salariés cotisant à la MSA se concentrent principalement en Normandie et en Île-de-France.

Cette répartition est liée à la répartition géographique des élevages, des établissements équestres et des centres d’entraînement de chevaux de courses :

  • Les régions Normandie et Nouvelle-Aquitaine comptent en 2014 plus de 300 élevages de plus de 5 juments.Les centres d’entraînements de chevaux de courses gravitent autour des régions où se situent les hippodromes les plus actifs.

  • Les régions Normandie, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine et Hauts-De-France ont organisé en 2014 plus de 150 réunions de courses.

  • Le tiers des établissements équestres[1] est situé en Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Rhône-Alpes-Auvergne ; la région Ile-de-France se classe au 1er rang du nombre d’établissements équestres par millier d’habitants. 

Figures 2, 3 et 4 : Répartition géographique des salariés en Élevage, en centres d’entraînement de courses et en Établissements équestres cotisant à la MSA en 2015. Source : Ifce-OMEFFE, d’après CCMSA

7 métiers structurent le marché de l'emploi

En 2015, 1 881 offres d’emplois ont été déposées sur équi-ressources. 30 métiers composent l’essentiel du marché du travail mais 7 totalisent près de 75% du total des offres : enseignant d’équitation, palefrenier, cavalier d’entraînement, cavalier soigneur, accompagnateur de tourisme équestre, assistant d’élevage et lad-driver/lad-jockey.

 

 

 

Un turnover élevé

En 2014, le turnover est estimé à 28% soit plus d’1 salarié sur 4 qui a été remplacé. Ce pourcentage est relativement stable depuis 2006 (entre 27% et 29%). A titre de comparaison, en France, en 2015, le turnover dans les établissements de 1 salarié ou plus s’élève à 17%. Le taux de rotation de la main-d’œuvre poursuit sa hausse au 1er trimestre 2015 (n°054, Dares Indicateurs, juillet 2015)

Le turnover élevé dans la filière équine peut s’expliquer par :

  • des conditions de travail difficiles (horaires atypiques, travail physique en extérieur, précarité des contrats, …),

  • d’autres blocages comme les évolutions de carrière ou l’augmentation des salaires,

mais aussi par :

  • l’importance du travail saisonnier qui offre des avantages (salaires souvent à la hauteur, changements de cadre professionnel et de mode de vie réguliers, formation express à un métier, travaux d’étudiant, etc.). 

Le turnover est plus élevé chez les femmes (31% en 2014) que chez les hommes (25% en 2014).

Les secteurs du Trot et du Galop possèdent les turnover les plus bas (26% et 25% en 2014) tandis que les secteurs de l’Élevage et des Établissements équestres ont les taux les plus élevés (32% et 34% en 2014).

Voir aussi

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  • Panorama économique de la filière équine

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