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Les résultats technico-économiques des entreprises équines

Niveau de technicité :

Auteur : IFCE - OESC

Septembre 2013

 

Evaluer la viabilité d’un projet d’installation en activités équines ou la situation économique d’une entreprise existante nécessitent de disposer de repères sur le fonctionnement technique et économique d’entreprises équestres en activité.
 
Le Réseau REFErences, créé en 2006, permet d’accéder à ce type de repères dans plusieurs domaines d’activités liées au cheval : élevages de chevaux et poneys de sport, chevaux de loisir et chevaux de trait, établissements équestres (centres équestres, écuries de pension, fermes équestres). Ce réseau valorise pour cela les données technico-économiques collectées annuellement dans 250 exploitations suivies dans une vingtaine de régions.

Les références technico-économiques : quelles données ?

© Launay L. / Hn

 

Établir des références technico-économiques consiste, pour un secteur d’activité donné, à caractériser le fonctionnement de structures suivies sur un plan technique et économique : il s’agit de fournir une description du fonctionnement technique de l’entreprise et de présenter les résultats économiques associés.

 
Concrètement, la conduite technique de l’exploitation est décrite par :

  • les pratiques d’alimentation : type d’aliments distribués (céréales, concentrés, complément) et quantités
  • la gestion des surfaces : conduite du pâturage, fertilisation, récolte de fourrages
  • le suivi sanitaire : vermifugation, vaccinations, maréchalerie
  • la conduite de la reproduction (élevage) : fonctionnement du troupeau et performances de reproduction (taux de gestation, de productivité numérique, etc.)


Elle est complétée par la description des produits et des pratiques de commercialisation :

  • en centres équestres : prestations proposées et type de clientèle
  • en élevages : valorisation des produits et modes de commercialisation (type de produits vendus)


Puis les moyens mis en œuvre :

  • le cheptel : effectifs de reproducteurs (élevage) ou de la cavalerie (centre équestre), par catégorie d’animaux
  • les équipements : matériels et bâtiments utilisés
  • la main d’œuvre : nombre de personnes employées et statut, travaux menés, temps passé par activité.


Les données économiques liées à ces pratiques concernent :

  • Les prix et tarifs pratiqués : prix par catégorie d’animaux vendus, tarifs pratiqués (pension, enseignement) ; et les coûts unitaires : coûts des équipements et bâtiments, coûts des pratiques (aliment, vaccin, vermifuge, fertilisation des herbages…)

  • Les résultats économiques de l’exploitation
  • produit brut total : selon l’orientation de l’exploitation, il est composé de ventes de chevaux, de pension, de prestations d’enseignement…mais aussi de ventes d’autres produits agricoles pour les structures diversifiées (bovins, cultures…) et de primes (subventions).

  • charges : elles se décomposent en charges opérationnelles (alimentation, frais d’élevage, vétérinaire, maréchalerie, entretien des surfaces en herbe, etc.) affectables à chaque atelier, et en charges de structure (main d’oeuvre, foncier, entretien des bâtiments, installations, matériel, déplacements, énergie, eau, assurances, frais financiers…) qui concernent l’ensemble de l’exploitation.

 

Des indicateurs de gestion sont calculés pour mesurer l’efficacité économique de l’exploitation :
 

  • La marge brute équine : c’est la différence entre les produits et les charges opérationnelles spécifiques à l’atelier équin. Elle est généralement rapportée à l’hectare de surface fourragère (SFP), à l’UGB ou la jument
     
  • L’excédent brut d’exploitation (EBE) : c’est la différence entre les produits et les charges de l’ensemble de l’exploitation (atelier équin et autre atelier, si plusieurs ateliers coexistent). Il est généralement rapporté à l’hectare de surface agricole utilisée (SAU) ou à l’unité de main d’œuvre (UMO). Le rapport EBE/produit brut est un indicateur d’efficacité économique
     
  • Le revenu disponible, obtenu après déduction des annuités d’emprunts à l’EBE : c’est le montant disponible pour les prélèvements privés (pour vivre) et l’autofinancement (pour investir). Il est généralement rapporté à l’UMO.

 

Des résultats économiques très variables selon les activités exercées

© Chevret J. / IFCE

 

Les élevages spécialisés détiennent une trentaine de chevaux dont une dizaine de poulinières, sur plus de 35 hectares de surfaces en herbe. En 2010, les ventes de chevaux représentent 60% de leur produit équin. L’EBE est d’environ +8500€ par unité de main d’œuvre (UMO) pour un revenu disponible d’environ 5000€ par UMO. Moins d’un élevage sur 5 dégage 1,5 SMIC par UMO (plutôt plus en sport, plutôt moins en trait). La moindre efficacité économique (EBE/PB de moins de 10%) s’explique en partie par la difficulté de commercialisation des chevaux ajoutés à des coûts de production parfois assez élevés.

 

 
 
 
Les élevages ayant diversifié leurs activités avec un autre atelier équin (pension, enseignement, reproduction, etc) détiennent aussi une trentaine de chevaux, mais ils ont moins de poulinières (environ 5) et emploient plutôt plus de main d’oeuvre. En 2010, ils dégagent un EBE par UMO de 20 000€ pour un revenu disponible de 15 000€ par UMO. Ces résultats économiques sont meilleurs qu’en élevages spécialisés, mais l’efficacité économique reste limitée (moins de 15%).

© Le Drogoff V. /IFCE

 

Les établissements équestres englobent différents types de structures proposant une pluralité de prestations. Ils détiennent un cheptel d’équidés plus important et emploient plus de main d’oeuvre, sur de moindres surfaces. Les écoles d’équitation ont les meilleurs résultats économiques, dégageant un EBE par UMO entre 20 000 et 30 000€, et un revenu disponible avoisinant les 20 000€ soit légèrement plus qu’1,5 SMIC. En revanche, les écuries de pension pure ou de pension-valorisation se révèlent peu rémunératrices (moins de 10 000€ de revenu/UMO). L’efficacité économique des établissements équestres avoisinent les 25-30%.

© Leroy C. / IFCE

Les systèmes mixtes associant activité équine (élevage ou établissement équestre) à une autre activité agricole (bovins viande, grandes cultures, bovins lait ou ovins) représentent une grande diversité de structures aux combinaisons d’activités variées. Comparé aux systèmes spécialisés en équins, ces exploitations sont de dimension économique plus importante (cheptel, surfaces) mais nécessitent moins de main d’œuvre. Ces structures, dont moins de 80% de produit est lié aux équins, présentent des niveaux d’EBE supérieurs aux systèmes spécialisés : de 25 000 €/UMO pour les élevages équins avec des bovins viande à 45 000€/UMO pour ceux avec grandes cultures, grâce aux autres productions qui génèrent cependant des charges de structures élevées. L’efficacité économique (30-35%) est meilleure que celle des systèmes spécialisés en équins, mais les aides agricoles sont toutefois très présentes dans ces exploitations (20 à 30% du produit brut).

En élevage équin, la diversification autour d’autres productions agricoles ou d’autres activités équines s’avère indispensable pour une viabilité économique de l’ensemble du système.
L’efficacité économique (% EBE/Produit brut) des structures spécialisées en équins varient de 10% en élevages jusqu’à 30% en établissements équestres avec toutefois d’importantes variabilités de résultats économiques entre les structures mais aussi de fortes fluctuations annuelles au sein d’une même exploitation (notamment en élevage) qui nécessitent plutôt de faire un diagnostic sur plusieurs années.

Voir aussi

A consulter pour en savoir plus

 

 

  • Les références d’entreprises publiées par le réseau REFErences : les synthèses nationales des résultats des exploitations suivies par le réseau et les référentiels et cas-type par domaine d’activité (ICI) ; les synthèses inter-régionales (ICI)

     
  • Les supports d’interventions sur les résultats des entreprises suivies par le réseau, présentés lors des journées REFErences (ICI)

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