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Nourrir 100% à l'herbe : c'est possible et c'est économique

Niveau de technicité : 

Auteurs : C. Geyl, Ifce

Septembre 2016

 

 

Le cheval est un herbivore, l’herbe est, et doit être la base de son alimentation lorsque les conditions d’hébergement et climatiques le permettent. Parmi les leviers possibles pour améliorer la rentabilité, figure la maîtrise des charges d'alimentation. Aujourd'hui, l'aliment le moins cher est l'herbe, qu'elle soit verte au pâturage ou sous forme de foin et d'enrubanné.  Le coût de production, ainsi que la valeur alimentaire de l'herbe sont souvent méconnus, ce qui explique qu'elle soit fréquemment sous-utilisée dans les rations. 

L'herbe consommée par les chevaux

L'herbe fraîche

L'herbe pâturée constitue l'essentiel de l'alimentation pendant 6 à 10 mois de l'année selon le type d'animaux, l'utilisation et les conditions du milieu.

Il existe plusieurs types de prairies :

  • naturelles ou permanentes (les plus fréquentes) composées de plusieurs espèces, soit naturellement, soit par semis ancien de légumineuses et graminées.

  • temporaires, ensemencées en graminées ou mélange de graminées et légumineuses fourragères pour une durée de 6 mois à 5 ans.

 

Valeurs nutritionnelles de l'herbe sur pied

 

Les valeurs nutritionnelles de l'herbe (15 à 20% de matière sèche) varient en fonction :

  • des espèces végétales qui composent les prairies (les prairies temporaires plus riches en légumineuses comme la luzerne ou le trèfle, ont une valeur protéique supérieure. Attention toutefois à ne pas dépasser 50 % de légumineuses) ;

  • du stade végétatif auquel elle est consommée (plus l'herbe est consommée jeune, plus sa valeur nutritionnelle est élevée en énergie et protéine).

Quantités maximales consommées

La capacité d'ingestion est la quantité d'aliment que peut ingérer volontairement un cheval alimenté à volonté.

Les quantités journalières consommées varient avec le poids, la production (lait, croissance, travail) et le stade de gestation ou de lactation.

Dans l'exemple ci-contre, un cheval de 500 kg, peut consommer entre 60 et 70 kg bruts d'herbe par jour.

Coût de production de l'herbe

Les coûts de production de l'herbe sur pied suivants sont issus des références faites par les Chambres d'agriculture du Limousin à partir du barème d’entraide régional Limousin 2015. Dans ces coûts, la main d’œuvre n’est pas prise en compte.

Coût de ration à l'herbe

Exemple du GAEC du Chaudron en Creuse

Activités : environ 150 vaches allaitantes et 4 juments de trait Breton de 1000kg avec environ 200 ha de SAU

Conduite :

  • Juments à l'herbe toute l'année en pâturage commun au printemps puis alterné (passage derrière les bovins).

  • Pas de complémentation en fourrage sec l'hiver.

Coût de la ration journalière pour une jument de trait de 1000 kg (complémentation minérale non comprise) à partir des barèmes d’entraide du Limousin :

 

  • En début de gestation : consommation d’environ 80 kg* bruts d’herbe soit 0,18€/jour pendant 6 mois,

  • En fin de gestation : consommation d’environ 87kg* bruts d’herbe soit 0,19€/jour pendant 3 mois,

  • En début de période d’allaitement : consommation d’environ 120kg* bruts d’herbe soit 0,30€/jour pendant 3 mois.

*Consommation basée sur les quantités recommandées 

Soit environ 80 €/jument/an

D’autres exemples : 

Deux structures du programme Equipâture alimentent leurs animaux uniquement à l'herbe. 

Un élevage de chevaux de sport en Normandie, maintient ses chevaux à la retraite au pâturage toute l'année sans aucune complémentation lorsque les conditions climatiques sont clémentes.

Un élevage de poneys de la région Centre, entretient également ces derniers sans apport complémentaire.

 

Nourrir avec de l'herbe uniquement, mais à certaines conditions

Nourrir avec de l'herbe uniquement, c'est possible mais à certaines conditions, il faut  :

  • Un chargement moyen de 1 à 1,5 UGB/ha en surfaces en herbe. (UGB: Unité Gros Bétail, ex: jument allaitante de selle = 1,2 UGB)

  • Une gestion technique qui permette d'optimiser le chargement pour éviter le gaspillage ou le surpâturage (pâturage en rotation au printemps, puis plus extensif l’été).

  • Utiliser de préférence une herbe de haute valeur nutritive (au stade feuillu pour les chevaux à forts besoins).

  • Des conditions climatiques et pédologiques favorables à une période de pâturage longue.

Références

MARTIN-ROSSET W, coord., 2012. Nutrition et alimentation des chevaux. Savoir-faire, éditions Quæ.

Chambre d'agriculture du Limousin, 2015. Coûts comparatifs, Herbe et fourrages Limousin. http://www.herbe-fourrages-limousin.fr/fileadmin/documents/doc_pascaline/2015-TAB_cout_herbe_foin_BRE_ensil__01.pdf

Voir aussi

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Disponibles à la librairie

  • Alimentation des chevaux
  • Nutrition et alimentation des chevaux
  • Le cheval, techniques d'élevage

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