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L'accélérométrie

Niveau de technicité : Niveau de technicité

 Auteurs : M. Sabbagh, B. Dumont Saint Priest

Mise à jour : Janvier 2018

L'accélérométrie est une méthode objective permettant de caractériser la locomotion d'un cheval. Utilisée en routine, elle peut aussi permettre la détection précoce de boiteries.

Historique - Principes

Développée entre 1993 et 2002 par les équipes du Docteur Eric BARREY, la technique repose sur l’enregistrement des accélérations selon les trois axes (vertical, latéral, longitudinal) à partir d’un boîtier situé au plus proche du centre de gravité du cheval soit à la sangle. L’analyse des enregistrements permet notamment de quantifier cadence, symétrie, régularité, durée des temps de suspension mais aussi de calculer (en rapportant les accélérations à la masse du cheval) les puissances de propulsion exercées lors de la poussée de tel ou tel membre.

Dès qu’une population de référence est mesurée, il devient facile de situer un individu par rapport aux autres.

Méthode opératoire

 

Trois étapes


1. Attacher le capteur de mouvements Equimetrix sur la sangle

 

 

 

2. Tester chaque cheval dans des conditions réelles d’exercice.

 

 

 

3. Analyser les résultats des allures en utilisant le logiciel Equimetrix.

 

 

Restitution

  • Une fiche individuelle est adressée au propriétaire du cheval (avec pour chaque allure, une comparaison de l'individu par rapport à une population de référence). Les résultats comprennent les critères suivants:
    • La régularité des foulées (répétabilité d'une foulée sur la suivante)
    • La symétrie (pour le pas et le trot) : parallélisme ou écarts entre deux ½ foulées successives
    • La cadence et, par déduction, la longueur des foulées lorsque celle-ci est rapportée à la vitesse
    • La puissance avec sa ventilation selon les trois directions : propulsion selon l’axe longitudinal, élévation selon l’axe vertical et médio-latéral qui peut notamment traduire des mouvements parasites tels que, par exemple, l’action de billarder.
  • Une répartition statistique par critère est adressée à la société mère et à l’association de race comme support à l’évaluation des programmes d’élevage. Ultérieurement, des indices génétiques pourront être calculés par critère et par étalon.
  • Une analyse fine des enregistrements peut également être réalisée soit à des fins vétérinaires (pathologies de la locomotion) soit à des fins de suivi de l’entraînement (évolution d'un paramètre pour un cheval donnée au cours du temps).

 

Positionnement du cheval par rapport à la population de référence pour chaque allure:

 

 

L’analyse d’une allure pour un cheval donné s’appuie en général sur des séquences de 10 secondes ; elle diffère bien sûr en fonction de l’amplitude demandée par le cavalier : un trot rassemblé et un trot allongé n’auront pas les mêmes caractéristiques.

 

 

Analyse du saut - décomposition des différentes phases du mouvement

 

L’analyse à l’obstacle se fait sur chacune des phases du saut ; on peut notamment repérer la régularité des foulées à l’abord, le rapport entre les puissances de frappe des antérieurs et de propulsion postérieure, la durée du plané, la qualité de la foulée à la réception etc …

Un exemple d'application : le projet SoGen


Porté par l’IFCE, financé par le Fonds Eperon, l’IFCE et l’INRA et mené en partenariat avec les socio-professionnels (SHF et Selle-Français notamment), ce programme vise à rechercher des gènes majeurs prédictifs de l’aptitude au saut d’obstacles. Pour ce faire 2500 jeunes chevaux (4 ou 5 ans) ont fait l’objet d’une caractérisation fine concernant leur morphologie et leur locomotion. Pour ce qui est de la locomotion c’est la technique Equimétrix® qui a été utilisée. Un second projet, porté par le Stud-book Selle Français sous l’appellation Carcat-SF, est venu compléter la caractérisation des jeunes chevaux en mesurant des 3 ans sur le saut en liberté avec la même technologie d’accélérométrie.

Pour ce qui est des allures, chaque cheval a déroulé, quelques minutes après son parcours de CSO, une courte reprise (trot de travail puis trot moyen, galop de travail puis galop moyen et enfin pas). Le capteur était fixé à la sangle. Avec une équipe rodée l’enregistrement prend à peine deux minutes. Le dépouillement de l’accélérogramme ne prend que quelques minutes : il s’agit de sélectionner des phases de 10 secondes au cours desquelles l’allure est stabilisée. Le rendu livre des résultats dans chacun des trois axes (horizontal = celui du déplacement du cheval / vertical / transversal = de gauche à droite ou de droite à gauche).

Dors et déjà a été adressé à chaque éleveur :

  • Une restitution individuelle pour son cheval (sa position par rapport au reste de la population de référence selon chacun des critères mesurés)

Sur cette base il a été procédé à :

  • Une analyse génétique incluant les calculs d’héritabilité pour chacun des critères. Le « rebond » (déplacement vertical) et la cadence au trot comme au galop semblent être des dimensions très héritables.

  • L’analyse d’éventuelles corrélations avec les performances en saut d’obstacles. Même si les chevaux mesurés sont encore jeunes (7 ans au plus) il semble que les dimensions relatives aux allures soient très peu corrélées à l’aptitude CSO.
    Cette absence de liens entre mesures sur les allures et performance en CSO peut être interprétée de manière favorable : un éleveur peut choisir de sélectionner sa production sur la locomotion sans dégrader l’aptitude à l’obstacle.

Deux étapes restent à mener dans cette analyse des mesures sur les allures :

  • Une indexation génétique des reproducteurs (comme base à un outil d’aide au croisement)

  • La recherche de marqueurs génomiques permettant la prévision précoce d’aptitudes et/ou le croisement raisonné


La caractérisation du saut en liberté a donc été réalisée en parallèle sur des chevaux de 3 ans (capteur au passage de sangle maintenu par un surfaix). Les mesures analysées portaient sur 3 sauts d’un oxer de 1m20 environ. Chaque cheval est décrit par cinq dimensions :

  • La frappe des antérieurs

  • La poussée des postérieurs à l’appel

  • La « balance » calculée comme le rapport entre les deux dimensions ci-avant et qui donne une bonne indication de l’équilibre du cheval dans la phase d’appel

  • Le temps de planer, qui est très lié à la hauteur à laquelle s’élève le centre de gravité du cheval

  • L’impact des antérieurs à la réception qui indique la forme de la trajectoire (impact élevé lorsque la trajectoire est « en cloche »)


Comme pour les mesures précédentes, les exploitations suivantes sont programmées :

  • Une restitution individuelle à l’éleveur de chaque cheval (sa position par rapport au reste de la population de référence selon chacun des critères mesurés)

  • Une analyse génétique incluant les calculs d’héritabilité pour chacun des critères

  • Une indexation génétique des reproducteurs (comme base à un outil d’aide au croisement)

  • L’analyse d’éventuelles corrélations avec les performances en saut d’obstacles

  • La recherche de marqueurs génomiques permettant la prévision précoce d’aptitudes et/ou le croisement raisonné

Voir aussi

Références

  • Evaluation précoce de l’aptitude au Dressage - 2002 : BARREY E., DESLIENS F., POIRIEL D., BIAU S., LEMAIRE S.
  • Analyse par accélérométrie de la technique au saut d’obstacles – Equine Veterinary Journal – 1997 : BARREY E., GALLOUX P.
  • Locomotion evaluation for racing in thoroughbreds – 2001 :  Barrey E, Evans SE, Evans DL, Curtis RA, Quinton R, Rose RJ.
  • site web: equimetrix.com

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