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Typage ADN et ses applications dans les contrôles de filiation

Auteurs : C. Dubois, JC. Mériaux (Labogena), S. Danvy
Septembre 2011

Outil d'une grande fiabilité, le typage ADN est devenu un élément essentiel de l'identification des équidés. Il permet notamment de procéder au contrôle de filiation, afin de s'assurer de la génétique d'un individu.

 

 

 

 

 

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Chez chaque individu, un microsatellite possède deux allèles (variants) : l’un d’origine paternelle, l’autre d’origine maternelle. Lorsque les deux allèles sont identiques, l’individu est qualifié d’homozygote ; lorsqu’ils sont différents, il est hétérozygote.

L’ensemble des allèles d’un microsatellite constitue le polymorphisme génétique. Plus le nombre d’allèles sera élevé, plus le microsatellite sera efficace pour identifier un animal et le distinguer des autres. Le typage de l’ensemble des microsatellites étudiés définit le génotype de l’individu.

Analyse du génotype

Les méthodes d’étude des microsatellites sont reproductibles, automatisables et très précises, donc fiables et efficaces. Les techniques de biologie moléculaire mises en oeuvre permettent d’effectuer les étapes indispensables à l'analyse.


1ère étape : extraction de l’ADN

Toute cellule possédant un noyau contient de l’ADN nucléaire. C’est notamment le cas des globules blancs, seules cellules sanguines des équidés possédant un noyau. On peut également extraire l’ADN de nombreuses autres cellules (bulbes pileux, sperme, cellules buccales…).

La prise de sang est la technique la plus utilisée pour obtenir de l'ADN car elle offre un bon compromis entre  :

  • facilité du prélèvement,
  • fiabilité de l'échantillon,
  • automatisation des résultats.


Cet ADN peut être conservé plusieurs années et être réutilisé pour d’autres études.


2ème étape : amplification des microsatellites de l’ADN

La polymerase chain reaction (PCR) ou "réaction de polymérisation en chaîne" est une technique de biologie moléculaire assurant l'amplification in vitro d'un fragment d'ADN jusqu'à un milliard de fois.

Cette technique peut s’apparenter à une "photocopie" en un très grand nombre d’exemplaires d’un fragment d’ADN contenant les microsatellites à analyser.

La taille de l'amplifiat varie en fonction du nombre de répétitions de séquences de nucléotides. A chaque taille possible correspond un allèle du microsatellite.

3ème étape : séparation des différents allèles par électrophorèse

Ces amplifiats sont séparés en fonction de leur taille. Toutes les données sont intégrées par un ordinateur muni d'un logiciel d’analyse.


Etape finale : Résultat de l’analyse du génotype

Les premiers microsatellites équins ont été mis en évidence en 1992 par une équipe suédoise et ont ouvert la voie à de nombreuses recherches menées par différentes équipes internationales. Ces dernières ont également mis en évidence que ces microsatellites équins étaient représentés dans le génome des espèces du genre Equus (ânes, zèbres, Przewalski).

Cette collaboration menée sous les auspices d’une société savante internationale, l’ISAG (international society for animal genetics), a permis d’établir un panel international de typage composé de 9 microsatellites. Ce panel est utilisé aujourd’hui par plus de 60 laboratoires à travers le monde. Il est contrôlé tous les deux ans par un test de comparaison international et permet à de nouveaux laboratoires de rejoindre ce groupe.
Les laboratoires d’analyse ont toute liberté d’ajouter des microsatellites à ce panel. Ainsi, l’identification d’un cheval en France est réalisée, depuis l’année 2000, à l’aide de 11 microsatellites (Tableau 1).

 

Tableau 1 : Liste des 11 microsatellites utilisés pour l’identification des équidés en France. Source : Jean-Claude MERIAUX, LABOGENA