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Ventilation des écuries

Niveau de technicité : 

Auteur : IDEE - IFCE
Mars 2012

La ventilation des écuries doit être bien conçue et adaptable aux conditions climatiques. Sa qualité influence grandement la santé des chevaux et ne doit donc pas être négligée.

Importance d’une ventilation de qualité

En pratique, la question de la ventilation se pose essentiellement pour les écuries intérieures. La plupart des problèmes de ventilation sont résolus dans les écuries constituées de boxes extérieurs.

Dans le cas d’écuries intérieures neuves, il est indispensable de penser à la ventilation dès le stade de l’avant-projet pour la bonne santé des chevaux. La ventilation intervient sur l’ensemble des autres facteurs environnementaux : température, hygrométrie, contamination par les microbes, poussières, concentration des gaz toxiques. Les maladies respiratoires sont une cause importante de réforme, et sont majoritairement d’origine allergiques ou infectieuses. L’objectif consiste donc à minimiser l’exposition des chevaux aux allergènes potentiels.

Une bonne ventilation est capable d’évacuer instantanément les rejets, sans stagnation ni  recirculation, tout en évitant les échanges trop brusques.
Dans les écuries possédant suffisamment d’ouvertures réparties et protégées, l’air a tendance à se diriger doucement vers l’axe central du bâtiment et à s’élever. Les écuries bien ventilées sont celles qui présentent un volume par animal élevé (40 m3/cheval) avec des cloisons transversales qui protègent efficacement des courants d’air. Une bonne ventilation doit assurer un renouvellement d’air efficace : quand il fait froid, la vitesse de l’air est très faible au niveau des animaux, mais elle est accélérée quand il fait chaud.

Une mauvaise ventilation est une ventilation insuffisante ou excessive (en hiver). La ventilation insuffisante se repère en particulier par une condensation importante. Elle rend le cheval plus vulnérable aux attaques des virus et bactéries et conduit également à une détérioration plus rapide du bâtiment.


Rappel de quelques considérations générales

La circulation de l’air résulte de :

  • l’effet cheminée : montée de l’air chaud (convection) ;
  • l’effet vent : le vent qui souffle sur l’écurie aspire l’air à l’extérieur du côté « sous le vent ».

En pratique, ces deux mécanismes se combinent. Cependant, l’effet vent domine l’effet cheminée dès que la vitesse du vent à l’extérieur dépasse 1 m par seconde.

Une ventilation correcte se situe entre :

 

  • Un taux minimum permettant d’évacuer par temps froid :
    • l’humidité dégagée par l’animal (respiration et déjections) ;
    • les gaz nocifs rencontrés dans une écurie (CO2, NH3, ammoniac, etc)
    • les poussières et les agents infectieux.

      Il n’a pas été établi de norme concernant le cheval mais on considère que les facteurs de pollution sont éliminés en proportion suffisante dans la mesure où le renouvellement d’air est suffisant pour évacuer la vapeur d’eau.

 

  • Un taux maximum susceptible de maintenir une bonne température été comme hiver. Il est donc nécessaire de disposer d’un système permanent de ventilation, aérant sans trop refroidir. Le plus efficace est le mouvement d’air continu vers le haut. Ainsi la ventilation doit pouvoir varier dans une proportion de 1 à 10, du temps le plus froid au temps le plus chaud.

Ventilation naturelle

Les cheminées d’extraction sont peu efficaces car très souvent en nombre insuffisant. L’entrée de l’air se fait par des fenêtres latérales, la sortie de l’air par des cheminées dont la base se trouve au mieux à 5 m de haut et dont l’ouverture sera fonction du nombre de chevaux (0,1 m²/cheval).

Une différence de 3 à 5 °C entre la température intérieure et la température extérieure est nécessaire pour que ce système, basé sur le fait que l’air chaud s’élève, puisse être efficace. L’intérêt majeur de bien isoler une écurie n’est pas de garder les chevaux au chaud mais de permettre à la ventilation naturelle de fonctionner correctement et de limiter la condensation.

Les toitures décalées sont à éviter. Elles ne sont efficaces que les jours où le vent souffle en provenance du côté opposé à l’ouverture.

Les faîtages ouverts représentent une très bonne solution. Les retombées d’air par le faîtage sont liées à un mauvais aménagement : largeur insuffisante, absence de parevent, absence de protection à proximité des pignons fermés.

Les lanterneaux ou faîtages ventilés sont en fait un faîtage ouvert protégé par un élément de couverture situé au-dessus du faîtage. D’une bonne efficacité, ce système contribue en outre à l’éclairage.

Les toitures respirantes, les cloisons ajourées (espace de 1 à 2 cm entre les planches), sont des techniques très populaires en Grande-Bretagne. Elles ont une bonne efficacité dans les régions à climat tempéré, mais ne permettent pas de réglage et laissent passer de faibles quantités de pluie ou de neige, et ne peuvent être donc utilisées qu’en zones abritées.

La ventilation ne peut cependant pas à elle seule remédier à tout : même dans une écurie bien ventilée, les chevaux peuvent être atteints de maladies respiratoires causées par du foin poussiéreux, de la paille moisie, des litières insuffisamment renouvelées. Une nourriture de qualité, une litière propre, le nombre de chevaux présents, concourent tout autant que la ventilation au maintien d’une bonne atmosphère dans l’écurie.

Ventilation mécanique

Dans les cas où une bonne ventilation naturelle est impossible (écuries excessivement larges ou hauteur sous plafond insuffisante), on recourt à la ventilation mécanique. La possibilité de mécaniser la ventilation ne doit pas avoir pour conséquence de négliger l’étude de la ventilation naturelle.

On peut installer les ventilateurs aux sorties d’air ou bien aux entrées et sorties d’air. Il est déconseillé d’installer les ventilateurs seulement aux entrées d’air (ventilation par surpression).

Trois techniques sont possibles :

 

  • extraction directe : ventilateurs placés sur les ouvertures des parois verticales;
  • extraction par cheminée : utilisée surtout dans les locaux de faibles dimensions, dans le cas de bâtiments avec plafond ;
  • extraction par gaine : ventilateurs placés dans une gaine de répartition qui homogénéise l’extraction de l’air vicié en évitant la création de flux préférentiels.


Toute ventilation mécanique exige un minimum d’entretien : nettoyage régulier des pales des ventilateurs et des gaines, réglage fréquent du régulateur en fonction de la température extérieure.

L’objectif à atteindre est un renouvellement complet du volume d’air 4 fois par heure, portes fermées, en l’absence de vent.

En hiver, l’air doit circuler très lentement pour que les poils des chevaux conservent leur pouvoir isolant (0,25 m/s soit un déplacement d’air non perceptible par l’homme mais visualisable par des fumigènes). En été en revanche, augmenter la vitesse de l’air (jusqu’à 4 à 5 m/s) aide les chevaux à lutter contre la chaleur.

La taille des ouvertures

Elle se calcule selon les caractéristiques thermiques du bâtiment et la chaleur produite par les animaux. Dans un bâtiment mal isolé, les ouvertures doivent être agrandies pour l’obtention d’un même taux de renouvellement d’air. L’isolation des parois permet de réduire la taille des ouvertures, donc les risques de courants d’air. Les surfaces à mettre en oeuvre doivent permettre une ventilation efficace même en l’absence de vent.

La surface des ouvertures est fonction du nombre de chevaux, donc de boxes, en pratique au minimum :

  • entrée d’air = 0,30 m²/cheval ;
  • sortie d’air = 0,10 à 0,12 m²/cheval.


L’été, les surfaces d’entrée d’air sont à multiplier par 2,5 à 3, afin d’obtenir une évacuation par balayage d’une partie de la chaleur et favoriser le phénomène d’évapotranspiration de la peau des chevaux.

Il est important de respecter non seulement les valeurs des ouvertures, mais aussi le rapport entrée/sortie : des ouvertures modulables sont par conséquent conseillées. L’implantation et le type de l’écurie doivent être pris en compte.

Les circuits d’air sont complexes et dépendent de la forme du bâtiment, des obstacles intérieurs et extérieurs, de l’orientation du vent… L’environnement peut modifier totalement le circuit de l’air par rapport aux prévisions.

Répartition des ouvertures

Elle est aussi importante que leur superficie : l’homogénéité et la vitesse de la circulation d’air sont conditionnées par la répartition des ouvertures.

Des ouvertures nombreuses uniformisent les entrées d’air. Inversement, une ouverture unique de grande surface (porte constamment ouverte) est généralement source de courants d’air.

Les entrées et sorties d’air sont placées de façon à ce que le flux d’air passe naturellement au-dessus de la tête des chevaux sans retombée d’air froid sur leur dos (prévoir des déflecteurs si nécessaire). Des filets brise-vent peuvent être utiles pour diminuer la vitesse d’entrée de l’air.

Pour un box extérieur à couverture monopente, il doit y avoir deux ouvertures en plus de la porte, sur deux faces opposées non exposées aux vents de pluie dominants. En cas de couverture bipente, une ouverture en faîtage en plus est recommandée.

Pour les écuries intérieures, la surface des ouvertures est à augmenter, en veillant à ce que ces ouvertures permettent l’entrée d’air frais, donc ne se trouvent pas au-dessus de la fumière, d’un volume d’air confiné, etc.

Pour en savoir plus

Les précisions techniques et schémas de conception sont disponibles dans l’ouvrage « Aménagement et équipement des centres équestres », que vous trouverez à la Librairie des Haras nationaux.

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  • Aménagement et équipement des centres équestres

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