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Lymphangite épizootique des équidés - Epizootic lymphangitis

Auteurs : F. Grosbois, S. Zientara

Màj Janvier 2011

Maladie à Déclaration Obligatoire (MDO), la lymphangite épizootique est classée dans les maladies dites « exotiques ». Disparue de notre territoire depuis 1945, cette maladie n’est que très exceptionnellement transmise à l’homme. C’est une maladie « économique » aux conséquences importantes notamment dans les pays au climat tropical où elle est relativement répandue.

Champignon et transmission

Champignon

Due à Histoplasma farciminosum, un champignon ascomycète microscopique, la lymphangite épizootique est une maladie contagieuse des équidés qui peut toutefois toucher l’âne, le mulet voire parfois le dromadaire.

Elle a été mise en évidence en 1892, par Aruch.

 

Ce champignon Levuriforme mesure environ :

  • 2 à 3 microns de largeur
  • 3 à 4 microns de longueur.


Il peut produire des filaments mycéliens.


Il a besoin pour se développer, de :

  • humidité
  • température d’environ 25 à 30° C

Le champignon est résistant dans le milieu extérieur, près de 10 mois environ.

 

Transmission

Tout débute par une plaie cutanée qui ensuite est contaminée par ce champignon. Celui ci provoque des ulcérations aux bords envahissants, produisant un pus épais.

 

Le processus de cicatrisation est difficile entraînant une réaction inflammatoire importante : une lymphangite avec adénite loco régionale.

 

Cette maladie contagieuse se transmet :

  • soit directement, d’un animal atteint par les sources de germes ( pus, larmes, jetage).

  • soit indirectement, par le matériel ou les bâtiments, voire par des vecteurs de transmission tels que les mouches, les arthropodes.

 


Chronique, elle ne s’oriente que très rarement vers une guérison.

 


La mort des animaux peut intervenir surtout sur les sujets en mauvais état général avant qu’ils ne contractent le germe, après des stades de maigreur, fièvre.


Le taux de morbidité varie selon la zone géographique et l’âge de l’animal.

Symptômes

Les symptômes généraux peuvent être discrets contrairement aux symptômes cutanés.


Une lymphangite apparaît dans les 15 jours après la contamination de la plaie par Histoplasma farciminosum.


La lymphangite se localise généralement à un seul endroit, de préférence au niveau des membres ou de l’encolure, puis évolue en oedèmes de déclives. D’autres localisations sont possibles : pulmonaires, génitales.


Le circuit lymphatique répond à cette infection par une adénite loco-régionale.

 
Cette lymphangite présente une caractéristique typique d’un épaississement des vaisseaux (lymphatiques) associé à la formation de nodules évoluant en abcès (cordons de pyogranulomes cutanés), le long de ce trajet.

 

Répartition géographique

Très présente en Afrique, des cas sont régulièrement recensés en Amérique du sud et en Asie.

 

Diagnostic et traitement

Diagnostic différentiel

La géographie d’apparition (sous latitude au climat tropical) aide a poser un diagnostic épidémiologique et différentiel.


La lymphangite épizootique présente des points analogues à ceux de la morve. Il faut la distinguer des lymphangites traumatiques ou chroniques.

 

La mise en évidence se fait par  :

  • sérologie

  • culture, à partir de prélèvements de pus (mais la croissance est lente 10 jours à plusieurs semaines).

  • test d’hypersensibilité de la peau.

 

Traitement

L’action doit être précoce par voie générale en plus des soins locaux, en utilisant :

  • une antibiothérapie antifongique

  • une chimiothérapie par voie intra veineuse.

  • un traitement chirurgical (exérèse et cautérisation suivies d’un traitement).

 


L’amphotéricine B est le médicament le plus indiqué pour le traitement des cas cliniques.

 

Un vaccin à germe atténué et un vaccin à germe inactivé par le formol sont disponibles et peuvent être utilisés dans les zones endémiques pour lutter contre la maladie.

 

Prophylaxie sanitaire

Maladie sévissant sous certaines conditions de températures et d’humidité, elle est restée chronique dans certains secteurs du globe, de par les conditions d’hygiène des locaux et des animaux.

 

La prophylaxie passe donc par :

  • la lutte contre les insectes

  • la désinfection des locaux et du matériel

  • un isolement des animaux guéris (encore 1 mois après leur guérison).

 

Bien qu’inscrite sur la liste des maladies réputées contagieuses, aucune mesure spécifique n’est réglementairement définie.

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