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Coup de chaleur

Niveau de technicité: 

Auteur : B. Ferry, Ifce

Août 2015

Le coup de chaleur est une hyperthermie par défaut de régulation de la température interne du cheval en cas de forte chaleur. Il s’agit d’une urgence grave dont il faut repérer les signes cliniques afin de la traiter rapidement et efficacement. Une bonne connaissance des causes prédisposantes permet d’adapter la gestion des chevaux en périodes de fortes chaleurs.

La maladie : signes cliniques

Lorsqu'il a trop chaud, le cheval, qui est homéotherme, régule sa température de 2 façons : la transpiration et la dilatation des vaisseaux sanguins sous la peau. Ces deux mécanismes augmentent l'élimination des calories vers le milieu extérieur. Quand ces mécanismes sont insuffisants pour faire baisser la température, le coup de chaleur apparaît. La température de son corps, normalement à 37°5, augmente, et celle-ci peut même dépasser 41°. Il en résulte des dysfonctionnements au niveau de ses organes internes, plus ou moins graves, pouvant aller jusqu'à la mort. Le Coup de Chaleur chez le cheval est une urgence grave.

Les signes du coup de chaleur chez le cheval sont :

  • D’abord une forte transpiration parfois totalement absente car la température du corps est trop élevée.
  • Une accélération de la respiration et du rythme cardiaque et une congestion des muqueuses.
  • Une attitude anormale : il semble fatigué, l'œil fixe, la tête basse et se désintéresse de son environnement, la démarche est hésitante.
  • Il peut avoir d'autres symptômes, avoir des contractures musculaires, montrer des signes de coliques, tituber et tomber.

 
Le sang s’accumule dans les vaisseaux sanguins situés sous la peau sous l’effet de la vasodilatation périphérique et l’irrigation des organes vitaux internes (cœur, reins, cerveau…) est moins efficace. Si aucun traitement n’est mis en place, les symptômes s’aggravent : le cheval titube, perd connaissance et s’écroule au sol. La mort peut alors survenir très rapidement.
 
Les symptômes sont assez caractéristiques pour pouvoir agir rapidement.

 

Le traitement

Arrêter immédiatement le travail et amener le cheval à l’ombre dans un endroit frais et aéré.

  • Le rafraichir par tous les moyens à disposition, avec douche, bouteille ou linge humide ; arroser doucement avec de l’eau fraîche mais pas trop froide sur la tête, l’encolure, la poitrine et les membres. On insistera particulièrement sur la nuque où siègent les centres nerveux responsables de la régulation thermique. Faire toujours suivre la douche d’un essorage au couteau de chaleur pour ne pas que l’eau se réchauffe et réchauffe à nouveau l’organisme. En suivant cela, la température peut baisser de deux degrés en dix minutes.
  • Donner à boire de l'eau non glacée. Un cheval de 500 kg boit normalement 25 litres par jour, hors travail. Cette quantité peut tripler par temps chaud. Au travail par temps chaud, il peut perdre jusqu'à 15 litres par heure.
  • Prendre la température régulièrement pour vérifier qu’elle baisse rapidement.
  • Si possible, masser le cheval doucement sur toutes les parties musculaires du corps pour faire circuler le sang vers les organes plus profonds.


Si le cheval ne récupère pas très rapidement avec ces quelques soins, le vétérinaire doit être appelé de toute urgence pour installer une perfusion et administrer un anti-inflammatoire pour lutter contre le choc et faire baisser la température. Si le cheval refuse de boire spontanément, et après avoir soigneusement vérifié que le transit intestinal n’est pas arrêté, le vétérinaire pourra administrer un liquide réhydratant à la sonde (6 à 8 litres toutes les demi -heures).

 
Il faut du temps pour rétablir toutes les fonctions vitales. Selon la gravité, le cheval doit être mis au repos de façon prolongée.

 

Les causes

 

Le coup de chaleur se produit lorsque trois conditions sont réunies : température extérieure élevée, air très humide et aération insuffisante.

Normalement, l’évaporation de la sueur à la surface du corps suffit à refroidir le cheval. Si l’air est trop humide, l’évaporation naturelle perd son efficacité et la température interne peut ainsi dépasser les 41,5°C. En une heure, un cheval peut transpirer l’équivalent de 15 à 20 litres d’eau dans des conditions fraîches et sèches, et 30 litres lorsque le temps est chaud et humide. Seulement 25 à 30% de la sueur s’évapore, le reste coule le long de la peau. 
Si le cheval ne boit pas suffisamment, la transpiration excessive entraîne une perte importante en eau et en éléments minéraux, provoquant une déshydratation et un déséquilibre électrolytique. Il y a quatre fois plus de sel dans la sueur du cheval que la sueur humaine, il est donc important de mettre à disposition une pierre à sel.
Un exercice physique intense n’est pas toujours en cause, le coup de chaleur peut également survenir chez le cheval au repos.
 
Les chevaux grassouillets sont prédisposés au coup de chaleur, car la graisse sous-cutanée ne permet pas l’évacuation de la chaleur produite par les contractions musculaires. Le même phénomène se produit lorsque le cheval a des poils très longs et/ou très épais.
Si le cheval est peu ou pas entraîné, ses muscles sont peu vascularisés et ne se refroidissent pas suffisamment.
Le coup de chaleur peut également se produire en cas de mauvaise adaptation à la chaleur de chevaux arrivant d’une région fraîche à une région plus chaude, pour participer à une randonnée ou une épreuve d’endurance par exemple, et dont l’organisme n’a pas le temps de s’habituer à la chaleur avant l’effort.
La station en zone chaude mal ventilée (transport en van, box mal aéré, attache au soleil,…) favorise le coup de chaleur et la déshydratation.
 
Certains chevaux provenant de pays chauds, comme les purs sangs arabes, sont beaucoup plus résistants à la chaleur grâce à la finesse de leur peau, leur poil ras et un réseau de vaisseaux sous-cutanés particulièrement important.

La prévention

En période de forte chaleur :

  • Vérifier que l’eau fraiche est disponible à volonté.
  • Mettre à disposition une pierre à sel et en cas de forte transpiration supplémenter avec des électrolytes.
  • Eviter le travail intensif aux heures les plus chaudes.
  • Veiller à procurer un abri ombragé et ventilé.
  • Tondre les chevaux à poils longs et épais pendant les périodes chaudes.
  • Eviter les transports non climatisés pendant les heures chaudes et abreuver régulièrement pendant le transport.
  • Ne pas hésiter à rafraichir les chevaux qui transpirent par douche ou arrosage.
  • Donner à boire régulièrement entre les épreuves sportives ou lors de pauses en randonnée.
  • Prévoir une période d’adaptation aux climats chauds de 2 ou 3 semaines
  • Donner des aliments rafraichissants mashes, carottes, pommes, une ou deux fois par semaine.

 
   

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