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La forme australienne de harper

Niveau de technicité :

Auteurs: I. Gouy, N. Priymencko, J.L. Cadoré

Avril 2012
Validé par le RESPE

 

 

Le harper est une hyperflexion involontaire d’un ou des deux membres postérieurs. Deux formes sont décrites : La forme «classique», souvent unilatérale, est associée à un traumatisme dorsoproximal du canon ; la forme « australienne » est due à une axonopathie distale, des nerfs fibulaires notamment, qui inhiberait l’arc réflexe myotatique. Seule la forme australienne est détaillée ici.

Epidémiologie de la Forme Australienne

Elle atteint lors d’épizootie des chevaux sur pâtures pauvres, le plus souvent après une période sèche. Cette forme nerveuse est connue depuis plus d’un siècle en Australie, mais reste mal comprise.

Compte tenu de l’épidémiologie, l’étiologie toxique est souvent avancée. L’ingestion d’Hypochoeris radicata (Porcelle enracinée) a été incriminée car cette mauvaise herbe, facilement confondue avec le pissenlit, prolifère dans les prés secs ; mais les seules tentatives de reproduction de la maladie avec cette plante - remontant à 1926 et 1980 - ont échoué. De plus, des épizooties de harper sur des prés où elle était absente sont rapportées : ce pourrait être un facteur favorisant, mais non suffisant.

De ce fait, la coexistence de plusieurs facteurs, comme des mycotoxines ou des carences alimentaires, est aussi invoquée.

Diagnostic de la Forme Australienne


Le harper sous la forme australienne apparaît souvent brutalement et de façon bilatérale. Les hyperflexions surviennent lors de déplacements volontaires, et parfois au repos, à des degrés, une fréquence et selon une durée variables. Une amyotrophie jambière neurogénique peut apparaître. Un cornage peut survenir par axonopathie d’un ou des nerfs laryngés récurrents.

Le diagnostic de suspicion est épidémiologique et clinique, mais seule l’étude électromyographique du muscle extenseur latéral du doigt peut confirmer le dysfonctionnement nerveux.

Traitements

Le traitement conservateur après changement d’environnement fait l’unanimité car la rémission spontanée est longue mais fréquente.

La phénytoïne, antiépileptique, fait régresser rapidement mais partiellement le harper ; il faut prolonger son administration plusieurs mois : ce traitement serait justifié lorsque tout déplacement du cheval est impossible.

La ténectomie du muscle extenseur latéral du doigt était réservée au harper de forme classique et est controversée, car son mécanisme est mal compris (elle modifierait la proprioception en supprimant certains récepteurs) ; elle donnerait aussi de bons résultats lors de harper de forme australienne selon une étude italienne récente.

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