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Piroplasmose

Niveau de technicité:

Auteurs: Dr P.H. Pitel, L. Legrand, C. Daix, B. Ferry, P.Doligez, en collaboration avec le RESPE.

Màj Septembre 2014

La piroplasmose est une maladie parasitaire transmise par une tique porteuse d'un protozoaire. Il est parfois difficile de suspecter la maladie car la majorité des chevaux et des ânes contaminés sont des porteurs latents, qui n’ont pas manifesté de signes cliniques évocateurs. Ce n’est pas une maladie contagieuse et cette forme « équine ou asine » n’est pas transmissible à l’homme.

Parasite et transmission

Parasite

Deux protozoaires parasites portées par les tiques, Theileria equi ou Babesia caballi, envahissent les hématies du cheval, s’y multiplient et finissent par les faire éclater, libérant l’hémoglobine contenue dans les globules rouges.

Transmission

Il faut un vecteur pour transmettre la piroplasmose, une tique de l’espèce Dermacentor reticulatus. Cet acarien, retrouvé principalement en lisière de forêts, se multiplie à des températures de 0 à 20°C et aime l’humidité. Elle est présente aussi dans les prairies non fauchées et terrains vagues. Dermacentor marginatus sert aussi de vecteur de piroplasmose dans l'Ouest et la région méditérranéenne de la France.

Cette espèce a un pic d'activités au printemps et à l'automne, c'est à dire en saisons fraîches et humides.

La contamination est trans-ovarienne chez la tique, c’est à dire qu’il y aura passage du parasite à la prochaine génération.

 

Le cheval peut être contaminé (ce n’est pas systématique), lors de la morsure par une tique porteuse de la babésia, au pré, en promenade… La salive de la tique est imprégnée de babésia (elle a une action de fluidification du sang du cheval) et cette tique ira d’un cheval à un autre et pourra ainsi en contaminer plusieurs.

La piroplasmose n’est pas une maladie contagieuse car elle ne peut pas se transmettre d’un cheval contaminé à un autre cheval sain directement.

L’homme peut devenir « vecteur de propagation » lors d’injections faites aux chevaux, s’il n’utilise pas de seringues et d’aiguilles à usage unique. Il peut y avoir alors contamination d’un animal porteur à un animal sain par ce biais.

 

Répartition géographique

La piroplasmose est considérée comme une maladie enzootique, c'est à dire présente tout au long de l'année, dans plusieurs régions d'Asie, d'Amérique, d'Afrique et d'Europe. 

Elle est présente sur l’ensemble du territoire français. Cependant, la moitié sud du pays semble plus touchée.

Symptômes cliniques

Les symptômes sont peu spécifiques et la présence de piroplasmes doit être réalisée en laboratoire. La maladie non traitée, peut être mortelle ou engendrer de graves séquelles.

  • Dans la phase aiguë, mortelle, la maladie est suspectée par 3 éléments successifs :
    • l’anémie (du fait de l’éclatement des hématies)
    • la forte hyperthermie (> à 40°)
    • l’ictère (jaunisse) et une hématurie (présence de sang dans les urines) puis dysfonctionnements rénal et hépatique.

 

  • La phase chronique latente (inapparente) peut s’installer d’emblée et ne pourra être décelée que par la mise en évidence des anticorps spécifiques dans le sérum du cheval. Cette recherche sera réalisée, par exemple, suite à une baisse d’état et une non résistance à l’effort suspectée.

 

Les symptômes diffèrent selon qu’il s’agit d’une infection à  B. caballi ou T. equi. : 

 

  • Babésia caballi :
    Hyperthermie et syndrome hémolytique (le taux d’hématies parasité est faible). Etat fébrile, forte hyperthermie avec pic supérieur à 40° pendant 24 à 36 heures. Baisse de l’état général, perte d’appétit, muqueuses pâles ou ictériques (jaunes), œdème des membres, hématurie. Complications rénales, cardiaques à craindre. Parfois, coliques, symptômes nerveux. Installation d’une forme aiguë avec une grande fatigabilité à l’effort et une anémie chronique modérée.

 

  • Theileria équi  (forme la plus grave) :
    Fièvre, anémie, ictère (moins intenses qu’avec B.caballi). Évolution plus longue aboutissant à terme à un ictère important et à une anémie plus marquée. Mort dans les 24 à 48 heures (loin d’être systématique).

Diagnostic et traitement

Diagnostic différentiel

La recherche s’effectue:

  • à partir d’un frottis sanguin, depuis du sang périphérique, permettant de mettre en évidence les piroplasmes dans les hématies. On peut aussi rechercher les parasites par des techniques PCR considérées comme plus sensibles.
  • dans le sérum,
    • par la méthode de fixation du complément (RFC, considérée comme le test sérologique officiel de dépistage des piroplasmoses dans le cadre de l'exportation),
    • par l’immunofluorescence indirecte (IFI)
    • par des techniques ELISA pour la mise en évidence des anticorps spécifiques que le cheval a développés.

 


Les signes cliniques diminuent spontanément ou à la suite du traitement et disparaissent dans la majorité des cas.

Les parasites ne seront plus visibles dans le sang périphérique mais pourront se localiser dans les organes hématopoïétiques (foie, rate, moelle osseuse). L’animal sera alors en phase latente de la maladie. Lors d’une baisse des défenses immunitaires (stress, maladies…) de celui-ci, le parasite peut réapparaître dans la circulation sanguine générale.

Traitement

Seul votre vétérinaire est compétent pour poser un diagnostic et établir le traitement idoine.

 

Il faut agir rapidement dès l’apparition de la maladie, car la mort peut survenir en 24 à 48 heures.

 

Certains chevaux guérissent sans traitement mais restent porteurs latents. Il arrive d’ailleurs que la sérologie devienne négative au bout de quelques mois.

 

Il n’y a pas de traitement spécifique, mais les injections d’imidocarb en intra musculaire (Carbesia® par exemple), sont assez concluantes quoique délicates de par la tolérance difficile pour certaines doses induisant des effets secondaires (coliques, diarrhée, myosis, décubitus prolongé). Parallèlement, un traitement des autres symptômes est prescrit, associant diurétiques, tonicardiaques éventuellement.

En revanche, ce traitement ne permet pas d'éliminer Theileria equi. La guérison clinique est possible, mais les équidés restent porteurs du parasite et risquent des rechutes cliniques.

Prophylaxie

 

Compte tenu du cycle de vie du vecteur de transmission (on trouve plus les tiques au printemps et à l’automne), il faut agir à ces périodes sur son biotope ou par retrait des tiques (au retour d’une promenade en forêt, de l’entretien à l’herbage examiner systématiquement le cheval).

 

Prophylaxie sanitaire

> La recherche et le retrait des tiques sur le corps du cheval reste le moyen de prévention le plus simple.

  • La transmission des protozoaires au cheval n'arrive que quelques jours après que la tique se soit attachée à l'hôte puisqu'une phase de maturation du piroplasme est nécessaire. Il est alors conseillé de retirer les tiques au plus vite, dès qu'ils sont visibles.
  • Les tiques affectionnent les zones de peau fine (nez, tête, ars, queue, pli du grasset). Pour les retirer, ôter la tique avec une pince spécifique afin que son rostre se détache aisément, car la tête est sous la peau du cheval.

 

> Désinfecter la zone de morsure avec un antiseptique.

 

> L’utilisation d’insecticides ou de répulsifs peut être un complément mais n’est pas efficace à 100 %.

 

> Détruire les biotopes du vecteur (herbes hautes, bois, haies, broussailles…), en entretenant les pâturages.

 


Nota : idée reçue. Lorsque l’on enlève une tique sans arracher sa tête, il en repousse une autre, à partir de cette tête. C’est faux, l’acarien est mort, mais c’est un kyste qui s’installera à la place.

Prophylaxie médicale

Il n’y a pas de vaccin équin sur le marché.

 

Échanges commerciaux

Les chevaux infectés représentent un risque épidémiologique latent, qui peut se révéler (à la faveur d’un stress par exemple), et être véhiculé dans le cas où le vecteur de transmission (la tique) est présent dans l’environnement.


C’est pourquoi, certains pays exigent que les animaux importés soient indemnes de piroplasmoses latentes (par exemple, les États-Unis, le Canada, exigent la négativité sérologique des animaux importés).

Voir aussi

Références bibliographiques:

Les piroplasmoses équines, C. Daix, L. Legrand, P.H. Pitel, Juin 2014, fiche maladie de la base documentaire du RESPE.

 

 

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