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Le Poulinage

Niveau de technicité :

Auteurs : P. Chavatte, F. Clément, F. Grosbois, L. Marnay, E. Provost

Mise à jour : Mars 2016

 

Assister au poulinage de sa jument est un moment privilégié pour un éleveur. La connaissance des étapes de cette mise bas doit permettre de bien appréhender la naissance du poulain et surtout de mesurer le moment où l’intervention du spécialiste, le vétérinaire, est indispensable. 

Il faut être sûr que l’on saura maîtriser ses émotions pour gérer la situation ou bien alors il ne faut pas hésiter à placer sa poulinière dans des mains expertes pour cet évènement.

Préparation du poulain à sa naissance

 

Quelques jours avant la mise-bas, les dernières modifications physiologiques s’opèrent, le poulain s’apprête à naître : ses poumons se préparent à inspirer de l’air, les cellules de ses intestins maturent pour qu’il puisse se nourrir, son foie stocke un peu de réserves qu’il pourra utiliser ensuite. En même temps, il signale à la jument, par un processus hormonal complexe, qu’il est prêt à naître.


Ces modifications se produisent très tard. Si le poulain naît avant, il sera prématuré et aura du mal à survivre. Il n’est pas possible de déterminer avec précision quand ces changements ont lieu, c'est pourquoi aucun critère ne permet de déterminer avec précision le moment du poulinage et il est déconseillé d’induire le poulinage à l’heure actuelle à cause des risques de prématurité.

 

Lorsque la jument se prépare à pouliner:

     . la rentrer le soir dans un box de poulinage vaste, très bien paillé et propre

     . mettre un licol à la jument

     . lui mettre une bande de queue (pas trop serrée afin d’éviter tout risque de garrot)

     . faire découdre la vulve par le vétérinaire si elle a été cousue auparavant

 

 

La jument « s’est cassée » depuis quelques jours. Ceci est du à une hormone, la relaxine, produite par le placenta qui entraîne un relâchement des tissus et des ligaments, visible au niveau de la croupe de la jument. Le moment du poulinage approche.

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Le poulinage

Le moment du poulinage :

La jument recherche le calme et l’obscurité pour pouliner. Plus de 90 % des poulinages se déroulent la nuit.

Le poulinage :

Se laver les mains et les avant-bras. Préparer un lubrifiant stérile, des ciseaux, une pince à clamper, et la solution de teinture d’iode à 2 % ou de chlorexidine à 0,5 % pour la désinfection du cordon ombilical du nouveau-né.

Attention, il faut faire préparer cette solution par votre pharmacien pour respecter le dosage (degré) préconisé. La teinture d’iode « classique » pourrait provoquer des brûlures car trop concentrée.


Dans tous les cas, ne pas déranger la jument. Être présent, discret et n’intervenir que si nécessaire.


La production de prostaglandines a fortement augmenté durant les heures précédant la mise-bas, elle provoque les contractions.

L’ocytocine est sécrétée juste avant la rupture de la poche des eaux , et elle déclenche le processus d’expulsion du poulain. C'est la pression de celui-ci sur le col dilaté de l'utérus qui déclenche la rupture de l'allantoïde ou poche des eaux, constituée des urines du poulain collectées pendant la gestation.L'allantoïde est également appelé placenta. La jument est alors couchée ou debout.
Après la perte des eaux , l'amnios (membrane blanche) apparaît à la vulve. La paroi se rompt et le liquide amniotique, dans lequel baigne le poulain est également expulsé. Les deux membres (l’un après l’autre) puis la tête  apparaissent. 

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Si la présentation est mauvaise, appeler le vétérinaire en urgence et faire marcher en main la jument en l’attendant. Les contractions se calment alors et on peut espérer que le positionnement du poulain se modifie naturellement, si celui ci n’est pas trop engagé dans le bassin de sa mère.

Si le poulain ne rompt pas la membrane amniotique, il faut la rompre afin de dégager ses voies respiratoires.

 

Le poulain a rompu la membrane amniotique et est expulsé. Lorsque le cordon est rompu, on peut amener le poulain à la tête de la jument.

 

Lorsque le poulinage est imminent, la jument change de comportement : coliques légères, tourne en rond, couchers et levers fréquents. Ne pas déranger la jument au début de ce processus car il est réversible : la jument est capable de reporter la mise-bas de quelques heures pour être tranquille.

Présentation du poulain

 

La présentation normale est antérieure, en position dorso-sacrée, en posture étendue.

 

     . Lorsque la présentation, la position ou la posture sont anormales, il faut faire intervenir le vétérinaire rapidement car le temps de survie du poulain est court (il est beaucoup moins résistant qu’un veau).

 

     . Si la présentation, la position ou la posture sont normales, mais que le poulain présente un excès de taille (plus fréquent chez les chevaux de trait), des personnes expérimentées peuvent aider le poulain (tractions synchrones avec les contractions de la jument en tirant les sabots antérieurs du poulain vers les sabots de la jument).

 

     . Si une membrane rouge apparaît à la vulve, il s’agit en général du placenta qui ne s’est pas rompu (vérifier la présence de l’étoile cervicale- marques blanches en étoile sur la surface). Percer immédiatement et tirer rapidement le poulain, puis appeler le vétérinaire car ce poulain a besoin de soins, de même que lorsqu’un poulain naît immédiatement suivi de son placenta.


Un poulinage normal se déroule environ en 20 minutes (de la perte des eaux à la rupture du cordon). Si l’expulsion tarde, il faut alerter le vétérinaire.

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La délivrance

Expulsion du placenta :

Nouer le placenta qui n’est pas expulsé autour d’un bouchon de paille pour éviter que la jument ne le déchire en le piétinant.

Ne jamais tirer sur le placenta : risque d’hémorragie par la traction ou de déchirure du placenta : un morceau risque de rester dans l'utérus et induire une fourbure de parturition.

Si le placenta n’est pas expulsé 2 heures après le poulinage, appeler le vétérinaire. Cette rétention placentaire est plus fréquente chez les juments de trait, les juments âgées ayant connu des poulinages difficiles. Non traitée, cette rétention peut entraîner une fourbure,  voire une septicémie.

 

Examen du placenta :

Le retourner comme une chaussette pour avoir la face rouge et veloutée (qui  était en contact avec l’utérus) au dehors

L’étaler par  terre en F et observer son apparence, sa structure et son intégrité à la lumière

  • Le placenta normal est entier, fin avec un aspect de velours uniforme et rouge plus ou moins foncé. Quelques heures après la mise-bas, il prend une couleur marron.
     
  • Si un morceau manque : c'est le plus souvent au niveau de la corne utérine dans laquelle n'était pas le poulain pendant la gestation, plus fine et plus fragile : appeler le vétérinaire, la jument doit être traitée immédiatement.

  • S’il y a des zones très épaissies, ou décolorées, ou si l’aspect est très hétérogène, le signaler rapidement au vétérinaire : le poulain doit être surveillé étroitement. En attendant le vétérinaire, mettre la délivre dans un endroit frais pour qu'il puisse l'examiner. Surtout ne pas la congeler...

 

Nota :
Ne pas s’inquiéter de la présence d’une structure caoutchouteuse, expulsée en même temps que le poulain. Il s’agit de l’hippomane, un agglomérat de minéraux dans la poche des eaux.

Le placenta est le témoin de ce qui s’est passé durant la gestation. Il peut indiquer si le poulain présente des risques d’infection.

Le placenta d'une jument de selle pèse environ 4 kg lorsqu’il est expulsé.

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Soins à la poulinière

Les soins courants

Si le poulinage s’est bien bien passé, que la surveillance et l’examen des éléments précités n’ont rien montré d’anormal : prodiguer à la jument les soins habituels : mettre à la jument de l’eau à volonté, mettre une litière abondante et propre à sa disposition, l'alimenter - principalement en foin dans un premier temps - etc.

Les complications éventuelles

Traitables :

 

  • La rétention placentaire si elle est remarquée et traitée rapidement n’aura pas de conséquences sur les gestations futures, d’où l’importance de bien examiner la totalité de la délivrance.

  • Les déchirures du périnée et de la vulve. Le vétérinaire procèdera à une intervention, il « recoudra » la jument

  •  Les perforations vaginales engendrant une fistule

Au pronostic très réservé ou létal :

 

  • La rupture de l’artère utérine est généralement fatale et la jument meurt d’une hémorragie

  • La rupture du cæcum engendrant une péritonite aiguë

 

Dans tout les cas, une modification notoire de l'attitude de la jument (abattement) doit alerter, inciter à prendre sa température, voire appeler le vétérinaire.

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