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Les bases de la reproduction

Niveau de technicité :

Auteurs : A. Margat, P. Doligez

Mise à jour : Mai 2013

La reproduction équine est une activité encadrée qui nécessite des connaissances règlementaires et des compétences techniques pour être réalisée correctement. Voici quelques principes incontournables.

Ce que vous devez savoir règlementairement

©M. Caillaud/IFCE

 

     > Pour pouvoir produire dans une race donnée, tout mâle doit être « approuvé » selon le règlement du stud-book de la race concernée. Selon le stud-book, cette approbation peut être définitive ou provisoire. Depuis 2008, l’agrément annuel des étalons pour la monte publique a été supprimé. 

Pour la monte naturelle, les éventuelles exigences sanitaires auxquelles doivent satisfaire les reproducteurs pour pouvoir être approuvés sont définies, pour chaque race, par le règlement de stud book. 

Pour la monte artificielle, l’Etat a maintenu des conditions sanitaires obligatoires d’admission des étalons dans les centres de collectes agréés (voir note de service : DGAL/SDSPA/N2008-8038). 

     > Toute jument immatriculée (sauf les juments Trotteur Français  « interdites de reproduction ») peut être saillie mais l’appellation de son produit est fonction des règlements de stud-book en vigueur.

     > Tous les équidés prennent 1 an de plus au 1er janvier de chaque année quelle que soit leur date réelle de naissance.

     > Dans les haras, la saison de monte peut débuter tôt dans l’année (février) (races de chevaux de courses) et se prolonger au delà de la mi-septembre (juments de sport).

Ce que vous devez savoir techniquement

 

     > La puberté a lieu vers 15 à 18 mois chez les mâles comme chez les femelles. Il faut donc séparer les deux sexes dès le premier hiver.

     > Si vous décidez de faire castrer vos entiers, il faudra éviter de le faire avant la descente totale des testicules qui a lieu vers l’âge de 18 mois.

     > La femelle a une activité cyclique saisonnière. La durée du cycle est d’environ 21 jours (très variable en fonction de l’individu et de la saison), avec alternance de périodes de chaleurs (acceptation de l’accouplement) et de refus (refus de l ’accouplement). 

Pour détecter et suivre ces périodes, il faut passer les juments à la barre tous les 2 jours. Ce test consiste à placer la jument derrière un bat-flanc et à amener un mâle. A son contact la jument présentera des signes de chaleur ou des signes de refus.

©A. Gillot/IFCE

     > En période de jours courts (de la mi automne au début du printemps), la majorité des juments est en inactivité ovarienne (ovaires au repos). Elles ne peuvent être fécondées.

     > Les juments sont saillies ou inséminées pendant les chaleurs, tous les jours ou tous les deux jours selon la technique utilisée et jusqu’à la fin des chaleurs.

La gestation débute lors de la fécondation et s’achève au poulinage. Cette période dure environ 11 mois chez la jument et 12 mois chez l ’ânesse, mais est variable selon la saison : les gestations débutées en hiver sont plus longues que celles débutées au printemps, elles-même plus longues que celles débutées en été.

©A. Garot/IFCE

     > Pour savoir si une jument est gestante, la technique la plus utilisée est l’échographie par voie rectale, réalisée par un vétérinaire ou par un agent des Haras nationaux spécialement habilité, dès le 15ème jour après le premier refus à l’étalon constaté.


Cette technique est la seule
qui permet de mettre en évidence la présence éventuelle de jumeaux.

En effet, la gestation gémellaire n’est pas souhaitable chez la jument car bien souvent, elle avortera vers le 7 ou 8ème mois. Lorsque la gestation va jusqu’au terme, la jument donne très rarement naissance à deux poulains viables.

 

     > C’est dans les trois derniers mois de gestation que le fœtus prend la majorité de son poids de naissance, et par conséquent, c’est à cette période que les besoins alimentaires de la jument augmentent. Sa ration alimentaire journalière doit être adaptée à ses besoins tout au long de la gestation et jusqu’au sevrage du poulain.

©AC. Grison/IFCE

     > La majorité des poulinages a lieu la nuit.

La date de terme comme l’état de la mamelle et la modification morphologique de la jument ne sont pas des critères fiables pour prédire le poulinage.

Le poulinage est imminent quand la jument présente de légères coliques (tourne en rond, transpire, se couche et se relève, gratte d’un antérieur, se regarde le ventre, …).

Un poulinage normal doit être rapide, c ’est-à-dire moins d’une demi heure de la perte des eaux jusqu’à l’expulsion du poulain. En cas de doute sur le bon déroulement de celui-ci, il ne faut pas hésiter à appeler le vétérinaire.

 

     > La jument revient en chaleurs entre 5 et 12 jours après le poulinage et peut donc être remise à la saillie. Ces premières chaleurs qui suivent la naissance du poulain sont appelées chaleurs de poulinage ou chaleurs de lait, mais peuvent être moins fertiles que les autres.

     > Le sevrage du poulain s’effectue entre le 4 ème et le 6 ème mois afin de permettre à la mère de mener à bien sa nouvelle gestation. Le but de tout éleveur est d’obtenir un poulain par jument et par an.

 

     > Activité cyclique de la jument vide (première ligne) ou pleine (deuxième ligne)

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