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Le clonage chez les équidés

Niveau de technicité :

Auteurs : M. Caillaud, Ifce, A. P. Reis, E. Palmer

Mise à jour Mai 2013
 

Le clonage est un mode de reproduction à l’identique. Cette technique est utilisée depuis peu dans l’espèce équine dans le but d’obtenir une amélioration génétique. Le clone est la copie génétique à 100% de l’original. Les deux produits sont en quelque sorte des jumeaux mais qui sont nés bien longtemps l’un après l’autre.

Une technique de pointe


Au début du clonage, les expériences consistaient à diviser un jeune embryon de quelques cellules en deux parties égales pour recréer des vrais jumeaux.


Les expériences de clonage ont évolué vers le clonage somatique. La différence réside dans le fait d’utiliser des cellules d’un adulte, comme des cellules de la peau par exemple (cellules « donneuses »), plutôt que des cellules embryonnaires, plus difficile à obtenir. Le développement se fera à partir d’un ovocyte (cellule « receveuse »).

Déroulement des opérations

Une biopsie (prélèvement d'une partie de tissu) d’un petit fragment de peau est réalisée sur l’animal donneur au niveau du poitrail.
Les fibroblastes (qui contiennent tous les gènes de l’animal donneur) sont extraits de cette biopsie et cultivés in vitro de manière à en obtenir un grand nombre.

Les cellules sont ensuite congelées dans l’azote liquide jusqu’au clonage et plus tard, pour une conservation quasi illimitée.

Lorsque la procédure de clonage a été décidée pour un cheval, des ovocytes sont prélevés, sur les ovaires de juments vivantes (par ponction transvaginale échoguidée) ou sur les ovaires de juments abattues. Ils sont mis en culture in vitro pour les rendre aptes à recevoir l’ADN d’un fibroblaste "donneur".

Après environ 24h de culture, le noyau, et donc l’ADN des ovocytes "receveurs" est éliminé (c’est ce qu’on appelle énucléation) et est remplacé par le noyau d’un fibroblaste "donneur" décongelé au préalable.
Cette étape se fait en salle de culture sous microscope avec l’aide de micromanipulateur car la taille des ovocytes et des cellules (fibroblastes) est d’environ 100µm et 10µm respectivement.

Après 7 jours de culture in vitro de ce tout jeune embryon, il sera transféré dans l’utérus d’une jument receveuse selon la même technique par voie cervicale (par le col de l'utérus) qu'un transfert d'embryon classique.

Bien que plus fragile qu’une gestation classique, cette jument receveuse donnera naissance à un poulain 11 mois après. Ce poulain sera porteur de tous les gènes de l’animal donneur.

 

Cependant une question reste en suspend avec l’utilisation de cette technique. C’est celle de l’effet de la transmission de l’ADN des mitochondries via l’ovocyte receveur. Bien que cet ADN ne représente qu’1 à 2% du génome, et qu’il n’y ait pas de différences clairement expliquées par les mitochondries, on peut se demander quel sera l’impact sur les performances sportives du clone car les mitochondries sont le «moteur» énergétique de la cellule. Les futures études scientifiques sur ce sujet nous donneront la réponse à cette question.

Néanmoins, il est important de rappeler d’une part que cet ADN mitochondrial n’est pas transmis par le mâle et d’autre part que l’intérêt premier du clonage est de pouvoir offrir à un cheval la possibilité d’avoir une descendance avant la possibilité de reproduire la performance sportive de son modèle.

Applications du clonage

L’utilisation du clonage pour améliorer la génétique peut être justifiée que ce soit pour un performer, un hongre, un étalon ou une jument.
En effet, produire un cheval identique à son modèle est le rêve de celui qui espère obtenir un champion en utilisant la copie génétique de son performer.

Pour un hongre champion, le clonage permet de restaurer la capacité d’avoir une descendance
. Il en est de même pour un étalon âgé qui devient stérile alors qu’il est encore améliorateur de la race.

Pour une jument d’exception, cela se justifie pour augmenter le nombre de descendants
de l’individu cloné et donc contribuer à l’amélioration génétique.

Les résultats jusqu’à aujourd’hui en France

A l’heure actuelle, un seul laboratoire en France propose cette technique de pointe. Il s’agit de Cryozootech qui compte une quinzaine de clones déjà produits et en bonne santé.

Les premiers clones ont déjà des produits. Par exemple, en 2010, Pieraz a produit 13 poulains, qu’on espère pouvoir voir dans les compétitions d’endurance d’ici 4 ans. Pour 2011, le Haras de Hus attend un poulain de Poetin Z (clone de Poetin) avec Tottilas, le super champion du dressage au WEG 2010.


Bien que le clonage soit de mieux en mieux accepté par la filière équine, les produits des clones ne sont pas inscriptibles dans tous les stud book. Pour l’instant, il est possible d’inscrire les clones et leur descendance aux stud book Z (Zangersheide) et AES (Anglo European Studbook).
Pour la compétition officielle (jumping, dressage, endurance, etc), le cheval doit pouvoir être identifié (càd avoir un passeport). L’inscription des produits de clones dans les studbooks AES ou Zangersheide leur permet d’avoir un passeport et donc de participer aux compétitions officielles.

Ce n’est pas le cas pour les compétitions spécifiques à certaines races (par exemples  courses pour les Pur Sang ; Trot pour les trotteurs, ou concours de morphologie du Pur Sang Arabe). Celles ci interdisent automatiquement les clones puisqu’ils ne sont pas inscriptibles dans ces races.

Pour l’instant il n’y a pas de produits de clone en compétition car ils sont encore jeunes. Par exemple, la pouliche Pierazade (premier produit de Pieraz) est au débourrage cette année. Son propriétaire est content parce qu’elle a, d’après lui, le juste caractère.


Deux clones de Ratina Z :

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