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Auteurs: AVEF, RESPE, I. Barrier, B. Ferry
Màj Janvier 2011
Validé par le RESPE
Maladie à déclaration obligatoire (MDO) depuis 2006, l’artérite virale a provoqué une épizootie en Normandie durant l’été 2007 (sans doute plus de 200 chevaux touchés), avec un épisode de fièvre et des symptômes locaux sur des chevaux adultes, et des cas de mortalité sur des poulains de moins d’un mois. A partir de 2008, de nombreux Stud books ont intégré le dépistage de cette maladie chez les étalons.
Il existe plusieurs souches de virus, de virulence variable.
Les souches circulant en France jusqu’en 2007 ne provoquaient pas de maladie. Une souche virulente est apparue en Normandie en juin 2007. Seuls des chevaux de race de selle ou de race lourde ont été touchés (pas de cas déclaré chez des trotteurs ou Pur Sang).
Le virus est peu résistant dans le milieu extérieur:
La contamination se fait par :
Une jument infectée ne transmettrait pas le virus à l’étalon par voie vénérienne, mais peut lui transmettre par voie respiratoire si elle est en phase clinique.
Durant l’été 2007, en Normandie, de la fièvre, des troubles respiratoire, et des engorgements des membres et du scrotum ont été observés chez des chevaux adultes.
Un avortement a été confirmé, et d’autres suspectés sans analyse de laboratoire.
Des cas mortels ont été confirmés sur 5 jeunes poulains.
Symptômes classiquement décrits :
Les animaux guérissent spontanément.
Un traitement atténuant les symptômes peut être mis en place (soutien de l’état général, soins locaux, …).
Après guérison, juments et hongres se débarrassent du virus.
Seuls les étalons peuvent devenir porteurs sains et sont alors excréteurs dans le sperme. Ils constituent alors le réservoir du virus.
Une mise en quarantaine de 3 semaines lors de l’introduction d’un nouvel animal est appliquée.
Les chevaux sont contagieux par voie respiratoire au maximum pendant les 3 semaines suivant l’infection.
Un vaccin est commercialisé en France depuis juin 2005, il s’agit du vaccin ARTERVAC® (Fort Dodge).
L’efficacité n’est pas absolue sur les animaux porteurs (limite seulement la quantité de virus excrété). La vaccination n’est donc valable que sur des chevaux sérologiquement négatifs (analyse de moins d’un mois avant la première injection de vaccin). En cas de rupture vaccinale, il est possible de reprendre la vaccination après un contrôle virologique négatif sur le sperme.
Protocole de vaccination:
L’analyse sérologique consiste à rechercher dans le sang d’un animal des anticorps spécifiques d’un germe donné.
La présence de ces anticorps indique que l’animal a été en contact avec ce germe, ou qu’il a été vacciné contre la maladie.
Le taux d’anticorps augmente après un contact avec le germe pour stagner ensuite puis diminuer lentement. Après exposition au virus de l'artérite virale, la séropositivité dure très longtemps, parfois même toute la vie du cheval.
Afin d’estimer le risque qu’une jument soit contaminante pour les autres chevaux, par exemple avant d’aller à la saillie, il faut procéder à 2 analyses sérologiques (séroneutralisation, technique de référence) avec au minimum 15 jours d’intervalle et comparer le titre en anticorps qui doit être stable ou déclinant.
Lors de résultat sérologique positif sur un étalon non vacciné, il faut rechercher le virus dans le sperme.
Il existe deux techniques de mise en évidence du virus : culture (isolement viral), et amplification génique (PCR).
Le sperme doit arriver au laboratoire réfrigéré et dans les meilleurs délais. Après analyse:
Depuis 2006 (décret 2006-177 du 17 fev 06), l’artérite virale est une « maladie à déclaration obligatoire » : les laboratoires, les vétérinaires et les propriétaires doivent donc déclarer tous les cas positifs, ce qui permet un suivi de la fréquence de l’infection.
Toutefois, l’État ne participe pas à la gestion des cas positifs, réalisée par les professionnels eux-mêmes, avec l’aide de leur vétérinaire et à leurs frais.
Depuis 2006, les conditions sanitaires d’approbation à la monte dépendent des Stud Book (race du produit à naître), et du type de monte (naturelle ou insémination artificielle).
A partir de 2008, de nombreux Stud books ont intégré le dépistage de l’artérite virale pour les étalons.
> Pour les races produisant des PS et AQPS ainsi que les étalons de course de race Arabe et AA adhérents au « label sanitaire course ».
NB : pour être considéré comme croissant le taux d’anticorps doit être augmenté d’au moins 2 dilutions; un taux d’anticorps augmenté d’une seule dilution est considéré comme stable.
Exemple : 1/32 puis 1/64 => taux stable ; 1/32 puis 1/128 => taux croissant : attendre un résultat stable pour saillir.
En cours de saison, la technique de sérologie E.L.I.S.A, autre technique sérologique, est admise pour certains stud-books.
Jusqu’à présent, aucun problème, y compris concernant la santé des foals, n’a été signalé dans le harem des étalons excréteurs autorisés à la monte (entre 2 et 5 étalons par an entre 2001 et 2005).
> Races produisant des Arabe, Demi-sang arabe, TF, SF, AA, Akhal Téké, Cob Normand, Crème, Franche Montagnes, Henson, Lippizan, Lusitanien, Poney français de selle, New Forest, Shagya, Trakenher ainsi que les étalons utilisés en insémination artificielle, quelle que soit la race :
Les étalons doivent être séronégatifs (séroneutralisation) à la dilution de 1/4 (analyse effectuée à partir du 1er décembre de l’année précédant la monte concernée).
En cas de séropositivité, les étalons doivent être valablement vaccinés, ou présenter un résultat négatif à une recherche virologique dans le sperme (par culture ou PCR) pour pouvoir saillir.
Pas d’obligation réglementaire pour les juments, dépistage éventuel sur demande de l’étalonnier.
Un étalon excréteur dans le sperme n’est pas autorisé à reproduire en insémination artificielle, sauf obtention d’une dérogation demandé à la DDSV, autorisant la monte sous certaines conditions :
> Races Ardennais, Islandais, Percheron
Les étalons doivent être séronégatifs (séroneutralisation) à la dilution de 1/4 (analyse effectuée à partir du 1er décembre de l’année précédant la monte concernée).
En cas de séropositivité, Les étalons doivent être valablement vaccinés. De plus, pour ceux qui sont séropositifs et contrôlés au moins une fois non excréteurs dans le sperme, si le taux d’anticorps est stable ou déclinant sur une sérologie annuelle, il n’est pas obligatoire de renouveler le contrôle virologique sur le sperme tous les ans.
> Autres races :
Pas de dépistage obligatoire, sauf pour les étalons utilisés en insémination artificielle
Résultat négatif à un test de séroneutralisation à la dilution de ¼.
En cas de résultat positif, résultat négatif à une épreuve d’isolement viral sur le sperme total.
Si l’un des tests se révèle positif, l’animal est isolé, et son sperme, collecté depuis le dernier examen négatif, ne peut faire l’objet d’échanges. Il en est de même pour le sperme de tous les autres équidés du centre.
Pas de contrôle d’AVE prévu dans le certificat.