Retour à l'accueil
Mon panier : 0 article

Espace personnalisé

Rechercher

AideAide ContactContact

Fiche consultée 841 fois.

Auteurs : J.L. Genain, F. Grosbois, S. Zientara

Màj janvier 2011

La fièvre West Nile (FWN), maladie virale, affecte certains oiseaux et mammifères, dont les chevaux et l’homme. Classée Maladie Réputée Contagieuse (MRC) dans l'espèce équine, elle peut avoir une issue mortelle ou laisser des séquelles nerveuses après guérison. De par sa transmissibilité à l’homme et la gravité possible de son évolution, chez le cheval comme chez l’homme, la FWN a des conséquences hygiéniques et économiques importantes.

Sommaire

La maladie

 

La FWN est due à un arbovirus de la famille des Flaviviridae. Elle porte aussi le nom d’encéphalite West Nile ou méningo-encéphalite West Nile.

 

Elle a été identifiée pour la première fois chez une femme en Ouganda en 1937, à proximité des bords du Nil, d’où son nom.

Transmission

Le cycle de vie du virus implique des réservoirs et des moustiques vecteurs. Les chevaux et l’homme sont des hôtes accidentels du virus. Les oiseaux en sont les hôtes habituels (réservoirs du virus).


Certaines espèces d’oiseaux sont particulièrement sensibles (Famille des Corvidae).

Une fois infectés, les oiseaux sont immunisés et protégés d'une nouvelle infection toute leur vie.

 

Le virus est transmis au cheval, par piqûres de moustiques (du genre Culex), eux-mêmes contaminés auprès d’oiseaux infectés. Chez les chevaux infectés, on constate, le plus généralement, un simple état de fièvre plus ou moins marqué.

Le virus migre ensuite vers le liquide céphalorachidien et le cerveau, par la circulation sanguine. Ceci explique la possibilité de manifestation de troubles nerveux de la part d’individus infectés.  

 

Chez les hôtes accidentels, tels que l’homme et le cheval, le virus ne semble pas pouvoir se multiplier suffisamment dans le sang pour rendre infectant l’individu atteint : des moustiques piquant un homme ou un cheval infecté ne pourront s’infecter eux-mêmes et transmettre ultérieurement le virus. Ces hôtes accidentels sont appelés « culs de sac épidémiologiques » pour la maladie, mais ils sont susceptibles d’en manifester les symptômes.

       

       

          Transmission et dissémination du virus de la Fièvre West Nile.

          Symptômes

          Chez le cheval, la maladie débute par de la fièvre et une baisse de l’état général. Apparaissent ensuite des symptômes nerveux en général discrets :

          •  dépression
          •  hyperexcitabilité
          •  tremblements musculaires, dits « encéphalitiques »

           


          ou des symptômes dits « myélitiques », plus marqués :

          • ataxie et difficulté locomotrice pouvant aller jusqu’à la paralysie
          • coma et mort du cheval.


          La guérison peut aussi se produire en 20 à 30 jours.

           

          Suspicion

          Tout trouble nerveux avec ou sans élévation de température peut faire penser à la fièvre West Nile.

           

          Les symptômes doivent être différenciés par rapport à d’autres maladies virales à expression nerveuse telles que la rage, la maladie d’Aujeszky, et d’autres méningo-encéphalomyélites (MEM).

           

          De plus, le séjour du malade (homme ou animal) dans une zone à risque ou d’épidémie dans les trois semaines précédant l’apparition des symptômes renforce la suspicion.

           

          Diagnostic

          Pour mettre en évidence la maladie, les techniques diagnostiques sont des : 

          •  Analyses sérologiques :
            • Recherche des Immunoglobulines M et G par test ELISA (les IgM sont détectables dès le 8ième jour de la maladie, et persistent généralement 2 à 3 mois; les IgG sont visualisables plusieurs années après infection). Cependant, il existe des réactions croisées avec d’autres flavivirus (responsables d’autres MEM), ce qui impose de confirmer tout résultat positif par un test de neutralisation.
            • Recherche des anticorps neutralisants ou anticorps anti-virus West Nile. C’est le test de référence. Les anticorps apparaissent 2 à 3 semaines après l’infection. 2 prélèvements (dans l’intervalle de 1 à 3 semaines) sont nécessaires afin de montrer l’évolution du titre des anticorps.
          •  Analyses par amplification génique par RT-PCR


          Le diagnostic peut être confirmé par l’identification du virus présent en cas d’infection dans le liquide céphalorachidien et dans le cerveau. Il est mis en évidence grâce à une technique permettant d’identifier le génome du virus.


          Nota : les autres techniques sont l’isolement viral par culture (long et nécessite un laboratoire sécurisé) et la recherche d’antigènes.

           

          Ces méthodes diagnostiques font appel aux prélèvements qui, s’il s’agit de chevaux, seront réalisés par le vétérinaire sanitaire :

          • Sang et/ ou liquide céphalorachidien sur animal vivant
          • Tissu nerveux (encéphale) sur animal mort

           

          Un individu (homme ou animal) peut très bien être testé positivement pour la Fièvre West Nile sans jamais manifester de symptômes : cela signifie simplement qu’il est infecté ou a été infecté par le virus West Nile, et que celui-ci circule ou a circulé dans les populations dont l’individu est issu.

          Traitement

          Il n’existe pas de traitement spécifique.


          Il faut isoler les chevaux atteints dans un local calme, semi-éclairé, désinsectisé et administrer un traitement symptomatique reposant sur une fluidothérapie associée à des AINS afin d’atténuer les symptômes.

           

          Prophylaxie sanitaire

          La transmission par les moustiques à partir d’oiseaux sauvages infectés rend la lutte contre cette maladie délicate. Ce ne sont pas les chevaux malades qui sont source de virus, mais les réservoirs.


          Il appartient donc de veiller sur :

          • Les facteurs favorisant l’apparition du virus : 
            • Présence d ’oiseaux migrateurs.
            • Climat et zones humides favorables à la multiplication des moustiques.
          • La désinsectisation des moyens de transport.
          • Le contrôle sérologique et l’isolement (quarantaine) des équidés en provenance des zones infectées.
          • La protection des chevaux contre les moustiques (désinsectisation, répulsifs) en zone infectée.
          • La présence du virus dans les populations d’oiseaux (épidémiosurveillance).

           

          En France, des programmes de surveillance sont menés dans les zones à risque, ainsi que des actions sur les gîtes larvaires des moustiques (épandage d’insecticides).

           

          Prophylaxie médicale

          La vaccination est possible et assure une bonne protection contre la maladie sur la majorité des chevaux.


          Un vaccin (vaccin inactivé) est commercialisé en France depuis 2009.

           

          Protocole de vaccination : la primovaccination, chez les chevaux âgés de 6 mois et plus, nécessite deux injections espacées de 3 à 5 semaines, puis rappels annuels.

          Importance

           

          La FWN est présente en Afrique, au Moyen Orient, en Asie, en Europe méridionale, en Amérique du Nord où une épidémie sans précédent s’est répandue (humains et équidés) aux Etats Unis et au Canada depuis 1999.


          Historique de la FWN en France


          En France, le nombre de cas équins reste faible et aucun décès parmi les cas humains recensés.


          En France, la fièvre West Nile est réapparue pendant l’année 2000 et a depuis une extension restreinte, localisée aux régions Provence Alpes Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon. 

          Situation aux Etats-Unis

           

          En 1999, une épidémie s’est répandue dans l’état de New York touchant à la fois humains, chevaux et oiseaux provoquant la mort de 7 hommes.


          Depuis entre 1999 et 2005 elle n’a cessé de s’étendre à la quasi-totalité du Territoire des États Unis.


          Pour l’année 2005,

          •  3000 cas humains dont 119 morts
          •  près de 5400 chez les oiseaux
          •  plus de 1200 cas chez les chevaux

            ont été recensés (Source: westnilemaps.usgs.gov)

           

          En avril 2006, un cas a été confirmé, en Argentine sur un cheval de polo (source : Office International des épizooties).

           

          En 2008 et 2009, des cas humains et équins ont été rapportés dans le sud et l’est de l’Europe continentale.

           

          La législation

           

          La fièvre West Nile, maladie réputée contagieuse (MRC) en France, est placée dans le groupe des Méningo-encéphalomyélites virales des équidés.

           

          En cas de suspicion le vétérinaire sanitaire doit être alerté. Il  fera procéder à l’isolement des animaux malades et réalisera les prélèvements permettant d’établir un diagnostic.

           

          L’exploitation sera placée sous Arrêté Préfectoral de mise sous surveillance dans l’attente des résultats d’analyse.       

           

          Si la maladie est confirmée, l’exploitation est placée sous Arrêté Préfectoral Portant Déclaration d’Infection (APPDI) entraînant :

          • le recensement des équidés présents
          • l’interdiction de tout mouvement des équidés atteints ou suspects,
          • le traitement par insecticide autorisé des équidés présents et des locaux d ’hébergement.

           

          Cet arrêté est levé 15 jours après la mort ou la guérison du dernier animal atteint.

           

          L’OIE (Office International des épizooties) ne prévoit pas de recommandations.

           

          Rappel : Il n’y a pas de transmission directe du cheval à l’homme. Il faut lutter pour limiter la prolifération des moustiques autour des domiciles et éviter leurs piqûres en portant des vêtements amples, bien couvrants et en appliquant un répulsif sur les zones de peau découvertes.

          Voir aussi