Fiche consultée 1090 fois.


Auteurs: AVEF, RESPE, I. Barrier, B. Ferry, F. Grosbois
Màj Décembre 2010
Validé par le RESPE
Maladie très contagieuse, la grippe peut avoir des répercussions importantes sur l'activité et les finances d'une écurie. La vaccination est donc très importante, et doit être bien conduite pour être efficace.

La grippe est la maladie respiratoire virale la plus contagieuse chez les équidés. Elle atteint les chevaux, ânes et animaux issus de leurs croisements.
L’agent responsable est un virus (influenza type A) proche du virus de la grippe humaine, mais aucune transmission de la grippe du cheval à l’homme (ou inversement) n’a été observée.
Ces virus présentent une forte capacité à évoluer, favorisant l'apparition de différents sous-types. La composition des vaccins est modifiée en fonction de la prévalence des différentes souches circulant dans le monde grâce à la surveillance notamment réalisée par le réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine (RESPE) et de son sous réseau spécialisé « grippe » créé en 1999.
La transmission se fait essentiellement par les sécrétions respiratoires. Un cheval atteint transmet en éternuant une très grande quantité de virus.
Le virus est peu résistant dans le milieu extérieur, la transmission se fait entre chevaux, au contact les uns des autres, ou par le soigneur et les objets utilisés.
Pour tout cas confirmé de grippe, la souche virale est isolée. Elle est ensuite analysée, répertoriée et comparée aux autres souches déjà isolées. Cela permet de connaître le sous-type qui circule sur le terrain, et en autre, de pouvoir faire évoluer la composition des vaccins.
En France, c’est le RESPE qui assure ce suivi au travers des chevaux malades qui lui sont déclarés.
A l’International, c’est l’OIE (Office International des épizooties).
Période d’incubation : 2 à 5 jours.
La maladie peut atteindre en quelques heures la plupart de l’effectif d’une écurie, avec :
Chez les chevaux adultes, la mortalité est quasi nulle ; quand elle survient, elle est le plus souvent due à des surinfections bactériennes. Les jeunes poulains peuvent, quant à eux, mourir de complications de pneumonie.
Les symptômes et l’évolution au sein d’un effectif donnent une indication pour établir le diagnostic : symptômes (notamment fièvre) en général plus intenses que ceux des autres maladies respiratoires virales (rhinopneumonie par exemple), et contagiosité beaucoup plus forte.
Le diagnostic de certitude fait appel au laboratoire. On peut rechercher le virus lui-même (virologie), à partir d’un écouvillonnage naso-pharyngé ou rechercher des anticorps à partir d’une prise de sang (sérologie).
La liste des laboratoires réalisant ces analyses est disponible sur le site du RESPE : www.respe.net
Actuellement, il n’existe aucun médicament efficace contre le virus de la grippe équine, donc pas de traitement spécifique. Des médicaments atténuant les symptômes (fièvre, …) ou stimulant l’organisme peuvent être prescrits.
Des travaux ont donné des résultats satisfaisants sur quelques chevaux traités avec des antiviraux mais ces traitements de coût élevé sont encore peu compatibles avec la pratique vétérinaire.
Les chevaux atteints doivent impérativement être isolés pour limiter la propagation et mis au repos pendant au moins 3 semaines, sous peine de séquelles pulmonaires ou cardiaques.
Du fait de la forte contagiosité et de la gravité des symptômes, la vaccination de tous les équidés est fortement recommandée, d’autant plus que l’efficacité et l’innocuité des vaccins disponibles a été démontrée.
L’immunité apparaît 15 jours environ après la seconde injection de primo vaccination, et dure entre 6 et 12 mois. C’est pourquoi des cas de grippe peuvent survenir dans un effectif vacciné avec des rappels annuels.
La protection n’est pas absolue : certains virus peuvent se modifier (« dérive antigénique ») et être insensibles aux anticorps produits par le cheval vacciné.
Certains vaccins associent grippe et tétanos ou grippe et rhinopneumonie.
Une maladie ou un mauvais état général peut nuire à l’établissement de l’immunité. Certains chevaux peuvent présenter de la fièvre pendant 2 à 3 jours après la vaccination.
Réglementation variable selon les races (annexes sanitaires des règlements de Stud Book) et le mode de reproduction :
Protocole vaccinal :
selon l’AMM du vaccin utilisé. Au minimum primo vaccination par 2 injections à 3-6 semaines d’intervalle, 1er rappel si possible à 6 mois puis rappels annuels.
Les rappels ultérieurs sont effectués de préférence tous les 6 mois et en tout état de cause dans un délai ne pouvant excéder 12 mois (Code des courses, avril 2010).
Aucun cheval ne peut être admis à courir s’il a reçu une injection de vaccin dans les 4 jours précédant l’épreuve, quelle que soit la maladie contre laquelle il a été vacciné.
Dans le contexte de l'apparition de foyers de grippe équine en mai 2012, le RESPE préconise aux propriétaires, détenteurs et organisateurs de manifestations de se rapprocher de leur vétérinaire afin d’apprécier les risques de diffusion de la grippe équine au sein de leurs équidés notamment :
Ces mesures de prévention doivent continuer d’être appliquées pendant 21 jours après constat du dernier cheval hyperthermique.