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Auteurs : M. Odell, C.Dubois, I.Barrier Battut
Le transport peut avoir de nombreux impacts sur la physiologie du cheval. La principale cause est le stress lié au transport lui-même. De nombreux scientifiques se sont penchés sur la question afin de connaitre les effets du transport sur le cheval et de trouver des solutions afin de minimiser ces impacts.
Le bien-être des animaux est défini selon 5 critères :
Lors du transport, les conditions sont particulières. De par :
le bien-être du cheval n’est plus tout à fait respecté. Certains comportements et paramètres permettent de le constater.
Durant le transport lui-même, le cheval adopte une posture bien particulière. D’ordinaire les membres des chevaux se trouvent dans l’alignement du corps en se plaçant sous celui-ci.
Lors du transport, le cheval place ses membres en position légèrement extérieure :


Il est possible de supposer que cette position vient compenser les mouvements du véhicule et donne une meilleure stabilité aux chevaux. Toutefois, cette posture demande un effort musculaire constant au cheval augmentant par là même ses dépenses énergétiques et la fatigue musculaire (Waran N, Cuddeford D, 1995). Or la performance des chevaux en compétition dépend en partie de leur réserve et leur métabolisme énergétique, facteurs qui peuvent être perturbés après le transport (Fazio E et al, 2008).
Au cours du trajet, il est possible de constater que le cheval est plus agité durant les premières heures de voyage. Il est communément dit qu’un cheval a besoin de 5 heures pour s’adapter à un nouvel environnement, comme un véhicule de transport par exemple. En comparant un trajet de 50km et un de 200km, il est possible de remarquer qu’un court trajet cause proportionnellement plus de stress qu’un trajet plus long. Cela peut être dû au temps trop court du voyage qui n’a pas permis au cheval de s’adapter à la nouvelle situation.
Certains chevaux particulièrement stressés par les transports peuvent se montrer agressif, hennir et taper du pied (Tateo A et al, 2012). Parfois les chevaux peuvent aussi adopter une position, dites du retournement, avec l’encolure pliée de sorte que la tête du cheval se situe contre le flanc entre les bat-flancs. On peut également observer des stéréotypies comme le tic à l’appui déclenché lors du transport.


La vision du cheval est très sensible aux mouvements et aux contrastes comparativement à la vision humaine. Les jeux d’ombres et de lumières dans le véhicule peuvent donc être perturbants pour un cheval novice. Par ailleurs l’œil du cheval s’accommode lentement lors d’un changement d’intensité lumineuse. Ce phénomène explique qu’il est fréquent d’observer un temps d’arrêt lors de l’embarquement des chevaux passant du pont, une zone éclairée, au véhicule, une zone sombre. L’éducation au transport permet de palier à cela afin que les transports se passent correctement par la suite.
Le cheval peut être perturbé par les sons environnants (moteur, bat-flancs…). Son acuité auditive allant de 55 à 33500 Hertz, il est capable de percevoir les sons que nous entendons mais aussi les ultra-sons.
Lors du transport et encore plus lors du chargement, qui est considéré comme le moment le plus stressant du trajet (Schmidt A et al, 2010), la fréquence cardiaque des chevaux augmente. Ce phénomène est d’autant plus accentué que le cheval sera jeune et inexpérimenté.
Même avec l’éducation la fréquence cardiaque du cheval lors du transport ne sera pas égale à la fréquence cardiaque de repos. En effet, même si le stress peut être diminué avec l’apprentissage, l’effort musculaire nécessaire lors du transport fera augmenter légèrement la fréquence cardiaque du cheval.
Le cortisol est une hormone secrétée par la glande corticosurrénale à partir du cholestérol. Communément appelé hormone du stress, le cortisol agit directement sur le cerveau, le prévenant d’une situation de « danger ».
Chez les chevaux, il est possible de remarquer que lors du chargement le taux de cortisol dans la salive augmente considérablement. Le taux de cortisol diminue ensuite lors du transport mais reste tout de même élevé par rapport aux valeurs de repos. Le taux de cortisol augmente plus faiblement au chargement et lors du trajet chez les chevaux habitués au transport. Ce n’est que quelques minutes après le déchargement que le taux de cortisol revient à la normale et ce de manière assez rapide (Schmidt A et al, 2010).
Cette augmentation de cortisol, si elle se prolonge, peut faire diminuer le taux de progestérone chez les juments gestantes causant parfois l’interruption de gestation. Durant le transport, le taux d’avortement se voit augmenter mais ce phénomène se produit surtout sur des trajets de longue durée, le cas est assez rare sur des trajets de moins de 8h (Baucus K-L et al, 1990).
Durant le transport, il est exceptionnel que les chevaux aient accès à l’eau à volonté. Ce point peut être la cause de déshydratation à la suite d’un trajet. Durant le transport, le cheval peut perdre de 0.45 à 0.55% de sa masse corporelle par heure à cause de la perte d’eau. Ainsi un cheval de taille moyenne peut perdre 20 kg en 12 heures de transport. Toutefois le poids perdu peut être repris dans les 3 à 7 jours suivants le trajet (Leadon D-P, 2000).
Il faut être particulièrement attentif lors de long trajet où le cheval peut perdre jusqu’à 6% de sa masse corporelle après un trajet de 24heures (Center for equine health, 2003) : il est important de veiller à lui permettre de s'abreuver.

L'observation des signes de stress lors du transport doit permettre d'en déduire des applications afin de diminuer l'impact du transport sur le cheval.
Ainsi, en regardant les signes de stress lors du transport (cortisol, fréquence cardiaque, comportement), il semble par exemple préférable de faire voyager les équidés à plusieurs par véhicule en stalles individuelles. Une astuce peut consister à placer un miroir ou une surface réfléchissante en face du cheval dans le véhicule : il a été constaté une réduction des comportements de stress (vocalise, balancier de la tête…) par rapport à un voyage effectué seul (Kay R, Hall C, 2009).
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