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Le pied du cheval

Niveau de technicité: niveau de technicité

Auteurs : F. Grosbois, F. Cavé et J.M. Goubault (Ifce)

Mise à jour : Août 2018

 

Comme le dit le dicton : « pas de pied, pas de cheval ». Le pied supporte en effet tout le poids du corps, amortit les chocs et propulse l'animal. Il s'agit d'une structure complexe, primordiale et très sollicitée, dont il faut prendre soin régulièrement dès le plus jeune âge.

Le pied, une structure complexe

Anatomie

Le pied correspond à la partie terminale de chaque membre. Cette structure complexe constituée de plusieurs types de tissus (osseux, tendineux, cartilagineux…) est richement vascularisée. Une boite cornée, le sabot, en est la partie terminale, visible et protectrice.

 

Les deux parties du pied

 

Partie externe

Le sabot (correspondant à nos ongles) est constitué de kératine, substance donnant de la rigidité tout en conservant une certaine souplesse et mobilité. Il est l’enveloppe protectrice des structures internes.

Pied posé au sol, la paroi est le « tour » du pied. Elle est elle-même divisée en 4 parties : la pince, les mamelles, les quartiers et les talons (voir photo ci-contre).

La forme du sabot varie d’un cheval à l’autre. La pousse de la paroi (également appelée « muraille ») se fait de haut en bas. Cette dernière est secrétée par le bourrelet principal au niveau de la couronne.


Pied soulevé, la partie concave est la sole. La fourchette, en forme de « V » en arrière, est encadrée par les barres et les lacunes latérales. Ces parties sont sécrétées par la chair veloutée du pied, elles poussent en épaisseur.

Les glomes sont les parties terminales des talons.

La ligne blanche est la jonction entre la sole et la paroi. C’est là que les clous sont placés.

NB : La croissance du sabot s’appelle l’« avalure ». Elle est d’environ 1 à 2 centimètres par mois, selon les races. Il faut donc près d’une année pour avoir un renouvellement complet de la boite cornée (variations dues aux conditions d’utilisation et d’élevage).

Partie interne


Le squelette du pied est formé par deux phalanges (la 2ème et la 3ème) qui correspondent aux phalanges du bout de nos doigts (bien que le cheval n’ait qu’un doigt à l’extrémité de chaque membre). Ces dernières sont complétées par l’os petit sésamoïde, plus communément appelé os naviculaire.

Des tissus non osseux complètent le pied et assurent sa résistance, sa souplesse et son rôle d’amortisseur : un fibro-cartilage complémentaire, élastique, un coussinet plantaire, la chair feuilletée, la chair veloutée

La mobilité du pied est assurée par des tendons (extenseurs et fléchisseurs) qui servent d’intermédiaires entre les os et les muscles. Chaque articulation est maintenue par une série de ligaments.

Richement vascularisé, le pied est bien alimenté en oxygène.

Avoir bon pied

Physiologie

La structure complexe du pied lui permet de pouvoir supporter les pressions lors d’efforts : poids du cheval à la réception des obstacles, courses, piaffer…

Il faut connaître le principe qui explique la mécanique du pied pour comprendre les conséquences sur l’utilisation du cheval. De façon synthétique, lorsque le cheval pose son pied au sol, les talons viennent à l’appui. Ainsi, de par leur structure souple, ils s’écartent, abaissant l’ensemble des structures du pied. La fourchette est alors au contact du sol et permet l’amortissement.

En vue de profil, l’objectif  est de maintenir l’angle de la boite cornée dans le prolongement de l’angle donné par le paturon.

Avec un angle trop droit, le pied n’a plus ce rôle d’amortisseur car la fourchette n’est plus au sol et c’est le membre qui fatigue plus. Avec un angle trop incliné, le pied ne présente plus de talons suffisants : les tendons sont plus sollicités ce qui entraîne une fatigue.

Un « pied plat » a la sole qui se rapproche du sol et les talons sont écrasés et ne peuvent plus s’écarter. Généralement la paroi n’a pas de hauteur.

Montre-moi tes pieds, je te dirai ce que tu fais ?

Certaines races ont un type de forme de pied répondant bien aux utilisations souhaitées, mais il y a une adaptation certaine de l’espèce aux conditions d’élevage et de valorisation, qu’il ne faut pas écarter.

Par exemple :

  • Les chevaux Barbe sont utilisés pour la pratique de l’endurance. Ils ont des pieds assez petits et une bonne hauteur de paroi. C’est la morphologie d’un pied endurant fait pour les terrains variés.

  • Les chevaux Selle Français sont utilisés pour le saut d’obstacle. Ils ont des pieds larges. C’est la morphologie d’un pied antérieur apte aux abords et aux réceptions.

Rien qu’à la vue des pieds de votre cheval, le maréchal peut détecter son passé. Par exemple : les brusques variations de travail, les modifications de régime alimentaire qu’il a pu vivre...

 

Les soins à apporter


Le pied doit être entretenu.
Les soins courants, indépendamment du parage et/ou de la ferrure, sont simples :

  1. Curage régulier et en tout état de cause systématiquement avant et après le travail.

  2. Lavage du pied (paroi mais aussi fourchette et sole) avec une éponge après brossage.

  3. Séchage afin de ne pas enfermer excessivement d’eau si on le graisse ensuite.

  4. Graissage avec un produit adapté. Les graisses employées sont généralement à base d’huile végétale. La composition même de la graisse à pieds sert de « médicament » à la boite cornée le cas échéant. Lorsque l’on applique la graisse, il faut privilégier la couronne, lieu où naît la corne.

Les soins en images

Ni trop, ni trop peu

Le « pied sec » ⇒ On peut dire que le cheval « transpire des pieds » ! On peut alors préconiser de graisser les pieds avec une graisse à base d’huile de foie de morue pour assouplir la corne.

Le « pied mou » (autrement appelé « corne tendre ») ⇒ On peut alors préconiser de graisser les pieds avec une graisse à base de goudron de Norvège pour le durcir.

L’excès d’humidité est préjudiciable car il provoque une macération et abîme la fourchette.
On peut alors préconiser, pour soulager les fourchettes abîmées, d’appliquer des pansements de coton imbibés d’une solution de sulfate de cuivre (communément appelée « Liqueur de Vilatte »). Il y a bien d’autres produits que votre maréchal saura vous conseiller.

Un pied doit être régulièrement paré, qu’il soit ferré ou non.

NB
:
Pour un cheval vivant au pré, il vaut mieux ne pas ferrer que de ne pas suivre la régularité des ferrures ou relevages. Sans fers, la corne pourra s’user un peu, alors qu’avec un fer elle ne le pourra pas et le cheval aura les pieds en bascule.

Dans le cas d’apparition d’une boiterie ou autre, et en fonction du type de lésion du pied, le vétérinaire pourra prescrire un traitement anti-infectieux par voie générale. Attention à tous les traitements « maison » et l’automédication qui peuvent entraîner des résultats positifs aux contrôles antidopage.

Pathologies et facteurs extrinsèques

Les pathologies

Elles sont plus ou moins lourdes et graves de conséquences en fonction de leurs origines (congénitales ou acquises). On peut citer pour exemples :

  • La fourbure = inflammation du pied, dont les deux facteurs principaux sont : la suralimentation déséquilibrée (la fourbure est accentuée par l’embonpoint) et à valeur égale, des séances de travail excessives. Elle est de forme aiguë ou chronique. Dans son expression la plus sombre, il peut y avoir un basculement de la dernière phalange pouvant traverser la sole.

  • L’encastelure = rétrécissement du sabot du à un appui insuffisant de la fourchette.

  • L’ostéochondrose = dégénérescence ou nécrose des cartilages articulaires engendrée le plus souvent par des chocs intra-articulaires répétés, avec une perte d’amortissement.

Facteurs extrinsèques

Les intempéries

Le sabot est sensible aux conditions climatiques et donc aux modifications de texture des sols. Ainsi, l’humidité comme la sécheresse ont des incidences.

Les atteintes physiques

Elles peuvent être causées :

  • Par des chocs (cailloux, coups...) entraînant des bleimes, des seimes… ;

  • Par des piqûres entraînant des abcès ;

  • Par pénétration de corps étrangers (dénommés « clou de rue » par les maréchaux, quel que soit le corps étranger).

Il est primordial, pour l’avenir et le confort du cheval, d’observer avec discernement et de réagir rapidement face à un problème de pied et/ou d’aplomb. Faites alors appel à un professionnel.

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