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Le dopage : les bonnes pratiques à respecter

Niveau de technicité :

Auteurs : L. Marnay, M. Delerue, Ifce

MàJ : Décembre 2017

La lutte antidopage est essentielle au sein des courses et des sports hippiques.  En courses, chaque cas positif fait l'objet d'une enquête approfondie. Il ressort de ces investigations que les 2/3 des cas positifs  sont la conséquence d'une inadvertance et non d'une volonté délibérée de doper le cheval. Cet article fait le point sur les bons gestes à adopter pour éviter les «faux positifs».

Intérêts et rôles de la lutte anti-dopage

La lutte contre le dopage est essentielle afin d’assurer la régularité de la compétition, de protéger la santé et le bien-être des compétiteurs, l’image des sports équestres et les intérêts des parieurs. Il permet également d'assurer la fiabilité de la sélection des reproducteurs.

En courses, la règle du « tout est interdit » est de rigueur. Ainsi, aucun cheval ne doit receler de substance prohibée dans ses tissus, fluides corporels, excrétions ou dans toute partie de son corps, à partir de la déclaration de partant dans une course.

Pour en savoir plus, lisez la page « Organisation de la lutte anti-dopage ».

   

Identifier les substances

Substances interdites - substances prohibées

Deux catégories de substances doivent être bien distinguées :

  • Les substances "interdites" ne peuvent en aucun cas être administrées à un cheval de course ou de compétition. Il s'agit de toutes les substances susceptibles d'agir sur un ou plusieurs des systèmes corporels des mammifères (système nerveux, cardio-vasculaire, respiratoire, digestif, urinaire, reproducteur, musculo-squelettique, endocriniens hémolymphatique et circulation sanguine, immunitaire (à l'exception des vaccins agréés). L'EPO (erythropoïétine) est un exemple de substance interdite. Les agents masquants sont aussi interdits.
  • Les substances thérapeutiques (médicaments), dans le cadre d’un traitement prescrit par un vétérinaire lorsque l’état de santé du cheval le justifie. Leur détection lors d’un contrôle sur un cheval de course à l’entraînement ne donnera pas lieu à sanction, si le traitement est justifié par une ordonnance (à conserver au moins 5 ans dans le registre d'élevage). Ces substances ne doivent toutefois pas être détectées sur un cheval dès lors que la déclaration de partant au galop, l’engagement au trot sont effectués ou le jour de la compétition pour les chevaux de sport. On parle de substances "prohibées".

  • Les contaminants présents dans les aliments ou les compléments alimentaires. Par exemple : la caféine contenue dans le cacao et le café.

Les anti-parasitaires stricts, les vaccins agréés et les substances anti-infectieuses sont tolérés, dans le cadre d’une prescription vétérinaire, en réponse à des besoins précis de prophylaxie ou de traitement.

Attention toutefois au mode de présentation : ces substances tolérées peuvent parfois être associées à des substances strictement prohibées.

 

Pour en savoir plus : 

Bonnes pratiques pour limiter les risques de dopage involontaire

L’entraîneur pour les courses ou le cavalier et/ou le propriétaire du cheval pour les sports hippiques sont considérés responsables en cas de présence de substance « prohibée » ou « interdite » chez un cheval. C’est donc à eux de veiller à ce que tout soit mis en œuvre pour que le cas ne se présente pas.

Gestion de l'écurie et des personnes

Les traitements administrés par voie orale au cheval peuvent laisser des résidus de présence dans la mangeoire et l’abreuvoir. De même, une majorité de substances se retrouvent dans l’urine et les crottins. Un cheval non traité risque ainsi d’être contaminé au box.

Il est donc essentiel de :

  • vider, décontaminer le box (mangeoire et abreuvoir compris) avant d’y introduire un nouveau cheval. Faire de même pour le van/camion après chaque transport ;
  • ne pas pratiquer l’échange de box entre chevaux à l’écurie ;

  • prévoir des boxes spécifiques aux chevaux en traitement afin de les isoler des autres ;

  • ne pas distribuer les traitements dans les mangeoires : utiliser des seaux qui seront ensuite décontaminés rapidement ;

Par ailleurs, une attention particulière doit être portée sur le personnel d’écurie. Celui-ci peut en effet contaminer un cheval par des molécules présentes dans les produits pour humains utilisés couramment : traitement médical, produit illicite mais aussi simplement boissons et aliments destinés à la consommation humaine (café, barres chocolatées, …).

Il faut donc veiller à :

  • informer le personnel du risque de contamination involontaire par tout traitement ou aliment destinés aux humains ;
  • interdire la consommation d’aliments et de boissons destinés à la consommation humaine dans les écuries ;

  • interdire la distribution aux chevaux d’aliments qui ne leur sont pas strictement destinés ;

  • exiger un lavage soigneux des mains et/ou le port de gants à usage unique lors de la manipulation de tout traitement, humain ou équin.

  • être prévenu par tout membre du personnel lorsqu’il suit un traitement.

  • informer de l'interdiction d'uriner dans les boxes.

Une vigilance toute particulière est aussi de mise envers toute personne extérieure, qui pourrait contaminer un cheval par malveillance ou tout simplement par accident.

Gestion des soins

L’administration de traitements doit être faite avec précaution afin de ne pas risquer de contaminer les autres chevaux, mais aussi pour s’assurer que les substances seront bien éliminées lors du retour prévu du cheval en course ou en compétition (temps de détection des molécules « prohibées »).

De la rigueur s’impose :

  • ne pas pratiquer l’automédication : faire appel à un vétérinaire et le prévenir que le cheval est un compétiteur. Discuter avec lui des échéances en compétition et des temps d’attente "dopage" associés au traitement ;
  • conserver scrupuleusement toutes les ordonnances pendant au moins 5 ans en les numérotant chronologiquement ;

  • conserver les médicaments dans une armoire à pharmacie placée en lieu sûr et fermée à clé ;

  • privilégier les médicaments sous forme injectable, qui limitent la contamination de l’environnement ;

  • être très strict dans l’utilisation du matériel : utiliser du matériel à usage unique (seringue, gants, etc.)

  • être attentif à l’administration des traitements : désigner une personne chargée de les mettre en œuvre, et conserver une trace écrite après chaque traitement ou soin (fiche de soin sur la porte du cheval par exemple).

Gestion de l’alimentation

L’alimentation du cheval risque d’être contaminée par des molécules indésirables si certaines mesures ne sont pas prises. Il faut donc :

  • utiliser des aliments, élaborés par un fournisseur engagé dans une démarche qualité et pouvant ainsi garantir leur composition et donc l’absence de substances indésirables ;
  • stocker les aliments dans une graineterie fermée dans laquelle ne seront pas placés la pharmacie et le matériel de soin et de pansage ;

  • être particulièrement attentif à la composition de tout aliment distribué, particulièrement les compléments alimentaires.

Voir aussi la fiche du Club de Nutrition Equine Français (CNEF)

Précautions sur l’hippodrome et en concours

Les déplacements présentent davantage de risques de contamination. Il faut donc être particulièrement vigilant :

  • exiger que le box mis à disposition soit nettoyé et désinfecté, et s’assurer de sa propreté avant d’y faire entrer le cheval ;
  • utiliser son propre matériel ;

  • veiller à ce que personne n’urine dans le box ou à proximité ;

  • surveiller voire interdire l’accès aux boxes aux personnes extérieures et s’assurer qu’aucune personne n’approche, ne touche et ne nourrisse le cheval ;

  • veiller en permanence sur ses chevaux.



En cas de doute : le dépistage volontaire

Analyse de dépistage

Une analyse de dépistage peut être réalisée auprès du LCH (Laboratoire des Courses Hippiques) afin de s’assurer de la complète élimination des médications administrées dans le cadre d’un traitement vétérinaire. Une copie de l’ordonnance justificative du traitement doit être fournie. Il n’est pas possible de procéder à la recherche de substances « interdites ».

Attention : le résultat négatif d’une analyse de dépistage ne dégage pas la responsabilité de l’entraîneur en cas de contrôle positif par la suite (le traitement ayant pu être repris ensuite).

 

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