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L'organisation de la lutte antidopage

Niveau de technicité :

Auteur : AC. Grison, A. Duluard

 

La lutte antidopage est essentielle au sein des courses et des sports hippiques. Les contrôles se sont donc intensifiés ces dernières années. Comment la lutte contre le dopage, ou plus justement le « contrôle des médications » s’organise-t-il ?

Pourquoi faire ces contrôles ?

Le contrôle des médications est essentiel afin :

 

  • d’assurer la régularité de la compétition ;
  • de protéger la santé des compétiteurs (chevaux et cavaliers) : les athlètes ne doivent prendre part à une compétition que s’ils sont en bonne santé ;
  • de préserver l’image des courses hippiques et des sports équestres ;
  • de protéger les intérêts des parieurs ;
  • de garantir la justesse des performances et donc la sélection des chevaux pour l’élevage par rapport à leur valeur intrinsèque, et garantir ainsi la qualité de la sélection génétique.

 

Combien de contrôles sont effectués ?

Pour ce qui est des courses hippiques, il n’y a pas de course sans contrôle. Les chevaux sont susceptibles d’être contrôlés tout au long de leur carrière, et des chevaux sont prélevés sur chaque course, selon des règles définies par la Fédération Nationale des Courses Françaises (FNCF).

Dans les sports équestres, les contrôles s’intensifient lorsque le niveau de l’épreuve augmente. Les épreuves de faible niveau sont peu soumises au contrôles, tandis que celui-ci est systématique à haut niveau. Les chevaux concourant en épreuves internationales sont susceptibles d’être contrôlés tout au long de leur carrière, c’est à dire aussi bien lors d’épreuves qu’en dehors des concours.

Le contrôle des médications est une préoccupation essentielle : d’importants efforts financiers et humains ont été mis en œuvre pour le développer. La pression de contrôle est cependant beaucoup plus forte en courses que dans les sports équestres. On dénombre ainsi, en 2010 :

 

  • en courses de trot : 17 000 prélèvements, dont 1 300 à l’entraînement et le reste en courses ou en épreuves de qualification. Seuls 0,2% se sont avérés positifs.
  • en courses de galop : 11 000 prélèvements, dont 10 000 en courses et le reste à l’entraînement. Là aussi, le taux de positivité est de 0,2%.
  • en sports équestres : 1 000 prélèvements, dont 2,5% se sont révélés positifs.

 

 

Quelles substances sont concernées ?

Deux catégories de substances doivent être bien distinguées :

 

  • Les substances « interdites » ne peuvent en aucun cas être administrées à un cheval de course ou de compétition. Cette catégorie de substances couvre par exemple les anabolisants, les substances agissant sur l’érythropoïèse (EPOs par exemple), les transporteurs d’oxygène synthétiques, les facteurs de croissance, etc. Leur détection dans un contrôle donnera systématiquement lieux à des sanctions pouvant être très lourdes.
  • Les substances  « prohibées » sont celles dont l’administration aux chevaux de course ou de sport est tolérée dans le cadre d’un traitement prescrit par un vétérinaire lorsque l’état de santé du cheval le justifie. Ces substances ne peuvent toutefois pas être administrées à un cheval dès lors qu’il participe à une compétition (courses ou sport hippique).

Comment s’organisent les contrôles ?

Dans les courses de trot

Les chevaux de courses au trot peuvent être testés tout au long de leur carrière : lors de participations en courses, à l’entraînement mais aussi lors de périodes de repos s’ils sont susceptibles d’un retour à l’entraînement.
Le Suivi Longitudinal a aussi été mis en place depuis 2009 : il permet de contrôler chaque mois, de manière inopinée, les 50 meilleurs chevaux de la saison précédente.

Les prélèvements (sang, urine) sont effectués en application du Code des courses et de leurs annexes, par des vétérinaires agréés par la FNCF. Les échantillons sont prélevés en plusieurs exemplaires : un échantillon permettra les premiers tests, les suivants seront conservés pour être analysés si le premier test se révélait positif.

Tout est mis en œuvre pour ne pas avoir de risque de contamination lors du prélèvement : matériel fourni par le Laboratoire de Courses Hippiques (LCH), salle dédiée au contrôle sur chaque hippodrome (nettoyée, désinfectée…), présence requise de l’entraîneur ou de son représentant, etc.

Les échantillons, dont l’anonymat est préservé, sont ensuite analysés au LCH. Le Laboratoire de Courses Hippiques est extrêmement performant, et équipé de haute technologie afin de déceler au mieux toute substance dans les échantillons.

Selon le résultat du test, les procédures prévues par la réglementation en vigueur sont déclenchées (nouvelles analyses sur les échantillons par un laboratoire étranger de contre expertise, enquête afin de l’origine du cas positif, sanctions, etc.).

Dans les sports hippiques, au niveau international

Les chevaux de sport de niveau international peuvent être testés tout au long de leur carrière, lors de compétitions comme durant l’entraînement.

Les prélèvements d’urine et de sang sont effectués par un vétérinaire agréé par la FEI, en utilisant le matériel fournit par la FEI, en présence d’un responsable du cheval.

Les échantillons sont ensuite analysés en laboratoire. Chaque échantillon est prélevé «en double», et le second échantillon (échantillon B) est conservé pour de prochaines analyses, nécessaires si le premier test est positif.

Selon le résultat du test, les procédures prévues par la réglementation en vigueur sont déclenchées
: nouvelles analyses sur les échantillons, enquête afin de déterminer la source de contamination, sanctions, etc. Ces mesures sont mise en oeuvre sous l'égide de la Fédération Equestre Internationale qui publie les règlementations en vigueur dans les sports équestres.

Où obtenir plus de détails ?

Vous pouvez consulter les informations détaillées (réglementations applicables, liste des substances prohibées et interdites, détails des temps de détection de ces substances, etc.) en consultant :

 

 

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