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 "Ambiance en hébergement de chevaux en Normandie"
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lvain Guérin, équi-meeting infrastructures 2014

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Maux de l'hiver : vigilance accrue !

Niveau de technicité :

Auteurs : Laetitia Marnay, Marie Delerue, James Etiemble, Ifce

Janvier 2016

Vidéos : équi-meeting infrastructures 2014

Protégé par son poil ou par une couverture, le cheval s’acclimate bien aux descentes de températures. Mais lorsqu’il reste mouillé après le travail, qu’il pleut sans discontinuer ou qu’il séjourne dans des lieux humides, les ennuis commencent… 

Chevaux au travail : Ne pas abuser de la douche

Travailler sur des terrains humides nécessite une certaine vigilance :

  • Vérifier l’absence de boue séchée sur le membre avant la pose des guêtres, et de blessures lors du retrait : le sable mouillé s’insinue partout, les blessures de la peau par « abrasion » sont fréquentes. Voir aussi fiche : « soins aux plaies ».
     
  • Penser à curer les pieds avant mais surtout après le travail pour contrôler l’absence de corps étranger. Les soles, ramollies par l’humidité permanente, sont plus fragiles. Le cheval est ainsi plus sujet aux abcès de pied ou aux bleimes en période hivernale.
     
  • Ne pas systématiser la douche, la réserver aux moments où les membres sont vraiment mouillés et sales. Bien souvent, un bon coup de brosse une fois que les membres ont séché suffit !
     
  • Eviter de savonner sans raison : l’eau du robinet et beaucoup de produits altèrent le biofilm naturel qui protège la peau, la prédisposant au développement de germes indésirables. Gale de boue/dermatophilose touchent ainsi parfois les chevaux vivant au box.
     
  • Sécher toujours les membres après la douche ou le travail, d’autant plus s’ils ne sont pas tondus.
     
  • Surveiller l’apparition de lésions pour mettre rapidement en œuvre un traitement adapté.

Au box : inactivité des chevaux et ventilation à surveiller

S’il n’est pas mouillé et en courant d’air, le cheval est moins gêné par les températures hivernales que beaucoup de cavaliers ! Néanmoins, fermer en permanence les portes et volets augmente l’humidité de l’air dans les écuries et le microbisme ambiant. Il faut donc trouver un juste équilibre.

 
Lorsque le mauvais temps s’installe, le nombre et la durée des sorties s’amenuisent. La réduction de l’activité engendre :

  • Une moins bonne stimulation de la circulation sanguine dans les membres, prédisposant aux engorgements (poteaux).
  • Une énergie décuplée lors des sorties, notamment en extérieur qui les rendent sportives (!), et prédisposent le cheval aux blessures musculaires et tendineuses, lors de démarrage soudain sur un organisme peu échauffé, mais également aux chutes.

Dans une atmosphère souvent confiée aux écuries, l’humidité de l’air et le microbisme ambiant sont plus élevés. L’entretien des litières est capital pour éviter la pourriture des fourchettes. En complément, du goudron de Norvège peut être appliqué - sur sole et fourchette bien sèches – une à deux fois par semaine.

Il faut par ailleurs permettre un renouvellement régulier de l’air intérieur en évitant les courants d’air afin de limiter la propagation d’affections respiratoires liées :

  • A une stimulation plus importante du système respiratoire par temps froid, notamment au travail ;
  • A la stagnation des gaz toxiques, tels que l’ammoniac, émanant des litières lorsque portes et volets sont maintenus fermés ;
  • A des densités d’animaux au box souvent plus importantes l’hiver, dont la proximité favorise la circulation des germes ; ceci est d’autant plus marqué chez les jeunes chevaux, dont l’immunité est encore en construction.

Ceci peut être pensé dès la conception des bâtiments, mais doit également être gardé à l’esprit au quotidien, notamment aux moments de distribution des fourrages et de renouvellement des litières (qui génèrent beaucoup de poussière) mais également pendant le pansage…

Au pré : Réservez des abris et surveillez pieds et pâturons 

Pour les animaux habitués à vivre au pré, il est tout à fait possible d’y passer l’hiver sous nos latitudes.


Les sols devenant boueux et parfois profonds, il importe de sélectionner les parcelles les plus adaptées :

  • Présentant des abris naturels ou artificiels, où les animaux peuvent s’abriter de la pluie et du vent, idéalement les pieds au sec.
  • Si possible, le lieu sera choisi pour la distribution de fourrage, incitant les animaux à y séjourner, sous réserve de pouvoir être entretenu pour éliminer les accumulations de crottins.


Les membres seront examinés quotidiennement avec attention :

  • Les blessures risquant de passer inaperçues dans les poils longs.
  • Les creux des pâturons où se développent crevasses et affections liées à l’humidité : les poils des fanons en excès seront coupés.
  • Les queues trop longues qui, détrempées, entretiennent l’humidité au niveau des postérieurs seront raccourcies.
  • La saison est propice aux abcès de pieds, y penser lors d’apparition soudaine d’une boiterie.
  • Les jeunes chevaux, les chevaux à membres très poilus ou à peau très fine sont plus sujets aux affections de peau. De même, les membres et pieds blancs sont plus fragiles.

L’état corporel – état d’engraissement des chevaux sera aussi vérifié avec attention, en associant la palpation à l’observation visuelle. En effet, les poils d’hiver peuvent masquer un amaigrissement important, qui se révèle au moment de la mue de printemps… Attention en particulier aux vieux chevaux qui auront du mal à reconstituer leurs réserves au printemps.

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