Mieux protéger mon effectif contre les maladies : site et santé des animaux

Niveau de technicité :

Auteurs : Cathy Ménard, Marie Delerue, Bénédicte Ferry, Ifce

Août 2016

La lutte contre les maladies repose en grande partie sur les bonnes pratiques d’hygiène et les mesures de prévention sanitaire
En favorisant la bonne santé des chevaux, elles participent à l’amélioration de la sécurité de la filière équine et à la diminution des pertes économiques liées aux traitements, décès, arrêt d’activité sportive ou de reproduction.

En santé animale, la biosécurité correspond à l'ensemble des outils, mesures et procédures contribuant à prévenir et contrôler la transmission d'agents pathogènes par les diverses voies de contamination. 

Des mesures de prévention, saines et rigoureuses, aident à empêcher les maladies de se développer. Elles sont incontournables et méritent de faire partie des réflexes.

Elles reposent sur 4 axes d’intervention :

  • Gestion de l’introduction et des déplacements des animaux ;
  • Gestion des accès au site ;
  • Gestion du site : nettoyage et désinfection ;
  • Gestion de la santé des animaux.

Le niveau d'application des mesures de biosécurité dépend de l'objectif sanitaire visé. Une analyse préalable des risques selon l'activité (écurie de chevaux de loisir ou de compétition, centre agréé pour la collecte de semence de niveau européen ou un lieu dédié à la quarantaine avant exportation d'équidés... ) permettra au responsable d'un effectif équin de choisir parmi les mesures proposées pour une meilleure maîtrise des risques sanitaires.

Cette fiche traite les 2 derniers axes, les deux premiers étant dans la fiche " Mieux protéger mon effectif : mouvements d'animaux et accès"

Gestion du site : nettoyage et désinfection

 

Des programmes, des protocoles et du matériel adapté doivent être fournis pour le lavage et la désinfection du site, du matériel et des personnels :

Personnel

Lavage des mains

Facteurs de risques

La plupart des germes peuvent se transmettre par l’intermédiaire des mains, il est indispensable de se laver les mains soigneusement entre les manipulations de chevaux.

En pratique

Les stations de lavage de main doivent être mises en évidence et facilement accessibles. Du savon, des gants jetables et des serviettes de papier devraient être disponibles.

  • Mesures spécifiques : Employer des gants jetables pour la manipulation des chevaux à risque, changer de gants entre chaque cheval.
  • Recommandations : Commencer par les chevaux sensibles (poulains, poulinières) et sains  et finir par les chevaux moins sensibles (adultes, bien vacciné…) ou malades.
  • Conseil : Montrez l’exemple. Employez une routine de lavage des mains conforme lors de la manipulation des chevaux : cela aura pour conséquence d’encourager les autres à suivre votre exemple.

Tenue et chaussures

Facteurs de risque

L’industrie du cheval est beaucoup moins stricte en ce qui concerne le changement de bottes, de chaussures et de vêtements que d’autres industries. Pourtant cette pratique  diminue les risques d’introduction d’agents infectieux.

Un « homme de cheval » peut entrer en contact avec beaucoup de chevaux différents dans une même journée en se déplaçant entre différentes écuries ou événements : ceci peut favoriser la propagation de maladies.

En pratique

Les stations de lavage des bottes doivent être mises en évidence et facilement accessibles. Du désinfectant, des brosses et éventuellement des sur-bottes  doivent être disponibles.

Un lavage et une désinfection des chaussures ou bottes doivent être exigés avant l’entrée dans les écuries et entre les écuries ou lots de statuts différents.

Recommandations :

  • Un pédiluve ou tout autre système équivalent type sur-bottes (plus efficace) pourra être utilisé à l’entrée principale et à celle des locaux de quarantaine ou d’isolement.
  • Un lavage préalable des chaussures est indispensable. 
  • Pour les pédiluves, le désinfectant doit être agréé et changé régulièrement, les taux de dilution respectés.

Le personnel doit porter une tenue dédiée au site et respecter les circuits de soins (sains ou plus sensibles => malades ou moins sensibles). Celle-ci devra être changée, ou recouverte d’une tenue jetable neuve entre les écuries ou lot de statuts différents si des chevaux présentent des signes de maladie ou si les circuits de soins ne peuvent être respectés.

Locaux

Facteurs de risque

La présence de  fécès et de sécrétions des animaux dans les locaux entraîne la concentration de micro-organismes sur les murs et le sol.
Certains de ces microbes sont pathogènes. 
Ils représentent une menace permanente qu'il est nécessaire de maîtriser. Certaines bactéries, virus et parasites sont capables de résister longtemps dans l'environnement. Pire, pour la plupart des germes, cette résistance se trouve augmentée s'ils sont protégés par des matières organiques (sang, matières fécales même sèches). 

La désinfection de l’intégralité des bâtiments et locaux annexes est une étape importante dans le contrôle des maladies infectieuses susceptibles d'affecter une écurie. Effectuée régulièrement, elle contribue à réduire la pression infectieuse exercée sur les animaux par les agents pathogènes présents dans l’environnement.

En pratique

Un protocole de nettoyage et désinfection doit respecter 4 étapes indispensables à son efficacité :

  • 1ère étape : action mécanique. C’est la préparation qui consiste  à éliminer toutes les matières organiques, elle conditionne l’efficacité des détergents et des désinfectants.
  • 2ème étape : action chimique. C’est le nettoyage de toutes les surfaces à l’eau additionnée de détergent, afin  d’enlever un maximum de contaminants. Bien suivre les recommandations du fabricant (dosage, température, haute pression…) pour une efficacité maximale.

  • 3ème étape : rinçage. Etape indispensable car certains détergents réduisent l’efficacité des désinfectants.

  • 4ème étape : désinfection. Le désinfectant doit être pulvérisé sur les surfaces et laissé pendant le temps de contact indiqué sur l’étiquette du fabricant.

Recommandations :

Pour les détergents et les désinfectants respecter scrupuleusement les recommandations du fabricant en matière de concentration et de temps de contact.

Le secteur désinfecté devrait être laissé à sécher avant de réintroduire les animaux.

 

 

Matériel et équipement

Facteurs de risque

Le nettoyage et la désinfection des équipements, harnachements et matériels de pansage sont des étapes importantes pour protéger les chevaux. 

Comme pour les mains, les bottes et les locaux, le nettoyage préalable à la désinfection conditionne l’efficacité des désinfectants que la matière organique (saleté, fumier, etc.) peut rendre inefficaces. Enlever correctement la matière organique est essentiel.

En pratique

L’équipement, le harnachement et le matériel de pansage doivent être nettoyés et désinfectés à intervalles réguliers dans le respect strict du  programme de nettoyage prévu. Ce programme est une manière efficace de contrôle de la transmission de certaines maladies.

Idéalement chaque cheval devrait avoir son propre équipement. Si vous partagez le matériel de pansage et le harnachement entre les chevaux, ceux-ci doivent être d’un même lot. Il est nécessaire de nettoyer et de désinfecter l’équipement entre chaque lot à l’aide d’un pulvérisateur et/ou d’une éponge.

Les mors, les tapis de selle et les couvertures sont souvent partagés et doivent également être nettoyés et désinfectés entre les utilisations sur des chevaux de statuts différents.

Recommandations 

Un équipement complet, propre et désinfecté, devrait toujours être disponible pour chacun des personnels.

Lutte contre les rongeurs et les insectes

Les insectes (mouches, poux, moustiques et tiques) et les rongeurs sont des vecteurs potentiels de maladies humaines et animales. 

Pour réduire les populations d’insectes, la seule méthode efficace consiste à détruire les secteurs où ceux-ci se reproduisent. Cf : Lutte contre les insectes ailés.

Un programme de dératisation doit être mis en place, en privilégiant le piégeage à l’empoisonnement.

Élimination des déchets

La mise en place de protocoles de stockage et d’évacuation du fumier, des déchets vétérinaires, est indispensable pour réduire les risques de contamination à l'intérieur du site (systèmes d'entreposage, élimination...).

Gestion de la santé des chevaux

Le volet santé des chevaux doit être envisagé avec l'aide d'un vétérinaire. La collaboration avec ce spécialiste va notamment permettre de définir les étapes d'observation et d'évaluation des évènements de santé anormaux et il pourra conseiller sur la tenue des registres.

D'un point de vue classique, il faut assurer un approvisionnement en aliment et en eau de qualité aux animaux et une surveillance attentive des changements (comportement, appétit, apparence, mortalité, productivité...).

Plan de vaccinations

Il sera mis en place avec et par votre vétérinaire, qui adaptera le protocole selon l’âge, l’état physiologique et l’utilisation (risques et/ou obligations), réalisera l’injection et en portera la mention dans le document d’identification.

Voir aussi : Prévention vaccinale : ce qu'il faut savoir * et Vaccinations *

Programme de vermifugation 

Il sera mis en place avec et par votre vétérinaire qui délivrera, après examen clinique, une ordonnance à conserver 5 ans.

Voir aussi: Vermifugation** et Vermifugation raisonnée : principes et bonnes pratiques **

Surveillance des équidés

Facteurs de risque

Les risques d’apparition de maladies sont plus importants :

  • Dans des populations de haute densité ou effectuant des déplacements fréquents ;
  • Lorsque les animaux sont soumis à un stress (thermique, alimentaire, transport, nouvel environnement, manipulation non familière…) ;
  • Lorsqu’ils sont exposés à des chevaux malades  ou porteurs asymptomatiques.

Voir aussi : « Les maladies chez le cheval : définitions, origines et facteurs d'apparition »

En pratique

Systématiquement  le matin au calme, ainsi qu’au moindre soupçon, un examen complet de chaque équidé doit être pratiqué.

Recommandations :

Au moindre doute lors de l’observation quotidienne :

  • Prise de température : anormale au-delà de 38,5°. Attention aux fausses hypothermies lorsque le thermomètre n’est pas en contact avec la paroi intestinale (présence de crottins) ;
  • Isolement* de l’équidé ou du groupe d’équidés ; (*l’isolement se différencie de la quarantaine par le statut de l’animal, celui-ci concerne des chevaux diagnostiqués comme atteints d’une maladie infectieuse. L’isolement se poursuit jusqu’à guérison complète ou plus selon la résistance de l’agent pathogène).
  • Intervention du vétérinaire.

L'examen comportera a minima : (voir aussi "Signes de bonne santé et constantes biologiques" et "Soins courants")

Registre d’élevage

Tenir à jour les fiches individuelles de chaque équidé :

  • Actes de médecine préventive (vaccins, vermifuges, maréchal, dentiste...)
  • Actes vétérinaires et antécédents médicaux
  • Tests de laboratoires (AIE, AVE, MCE, coproscopie…)
  • Régie (alimentation, environnement)

Voir aussi

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