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Les problèmes de santé liés au transport

Niveau de technicité :

Auteurs : M. Odell, C.Dubois, I.Barrier Battut

Mise à jour Août 2013
 

Le transport est un moment particulièrement stressant pour le cheval. De ce fait, il va avoir tendance à être particulièrement sujet à certains problèmes de santé si le transport ne respecte pas certaines conditions. Notamment le transport favorise les risques de blessures, ou encore de  troubles respiratoires ou digestifs

Les paramètres d’un cheval en bonne santé

Lors d’un transport certains paramètres vitaux peuvent être vérifiés afin de constater la bonne santé du cheval, de voir si celui-ci est apte à voyager et si le voyage a bien été supporté :

Les blessures et boiteries

La blessure est le problème le plus fréquent lors du transport. Les chevaux peuvent se blesser de manière plus ou moins grave (de l’écorchure à la fracture). Le risque commence dès l’embarquement, et ne se termine que lorsque le cheval est descendu du véhicule après le transport.

Le risque de blessure est accentué lors de voyage en groupe avec de fortes densités ou lorsque les chevaux ne se connaissent pas, d’où la recommandation de faire voyager les chevaux en stalle individuelle. Toutefois, il est important de trouver un compromis pour les petits poneys, les poulains ou jeunes chevaux qui ont une taille non adaptée aux stalles des véhicules ou n’ayant jamais été habitués à la séparation de leurs congénères.

Si cela ne peut pas être fait autrement, les voyages en groupe doivent se faire avec un nombre d’individus limité et surtout s’assurer que les chevaux se connaissent bien pour ne pas avoir de problème de hiérarchie par exemple.

Une manière de minimiser les risques est d’équiper les chevaux de protection de transport adaptée au niveau des membres, de la queue mais aussi de la nuque pour les grands chevaux pouvant se cogner la tête lors de secousse du véhicule (coup de frein, accélération brutale).  Il est conseillé de conduire de manière souple et d’anticiper afin de limiter les secousses.


Lors de fracture et d’obligation de transport pour se rendre en clinique, il est communément conseillé de placer le cheval avec le membre blessé vers l’arrière du véhicule. Ainsi, il sera dos à la route s’il y a fracture d’un antérieur et inversement en cas de fracture d’un postérieur. Afin de limiter les vibrations du véhicule, une épaisse couche de litière peut être mise en place et la conduite doit être particulièrement souple. Ce genre de transport ne doit pas se faire sans l’avis d’un vétérinaire au préalable.

Les problèmes digestifs

Avec le stress du transport, le cheval peut perdre son appétit. De plus l’eau est très rarement disponible à volonté durant le voyage ce qui pourrait causer une déshydratation en cas de trop longue période sans être abreuvé. De ce fait et malgré la présence de foin éventuelle,la flore intestinale peut être perturbée. Des diarrhées peuvent apparaitre, ce qui peut causer la déshydratation : il est fortement recommandé de faire une pause et de proposer à boire au cheval ou encore de mouiller le foin si celui-ci refuse de s’abreuver. Si rien n’est fait et que le voyage à effectuer reste encore long, ces diarrhées peuvent se transformer en coliques qui peuvent être grave.

Une autre pathologie liée à la perturbation du système digestif est la fourbure. La principale cause est le confinement du cheval pendant plusieurs heures alors que la part de concentrés dans son alimentation n’a pas été diminuée auparavant. Celle-ci peut être aussi déclenchée après l’absorption d’une grande quantité d’eau froide alors que la température corporelle du cheval est légèrement élevée (ce qui est le cas lors du transport). Le risque de fourbure est également accentué par un surmenage du pied suite à un long transport d’où l’importance des pauses qui permettent au cheval de reposer son système musculo-squelettique.

En résumé, il est fortement conseillé :
     - De faire une pause d’une vingtaine de minutes toutes les 4heures pour proposer un seau d’eau aux chevaux, voire d’aromatiser l’eau ou de mouiller le foin si besoin.
     - De veiller à ce que le cheval ne boive pas trop vite lorsque l’eau lui est proposée.
     - D’apporter des fibres longues comme du foin avant et lors du voyage afin que l’estomac ne reste pas vide. Les concentrés sont à éviter. En effet, une alimentation trop riche va décupler les risques de fourbure.
     - D’aider le cheval trop stressé et sensible via une complémentation en levures vivantes avant le voyage.

Les problèmes respiratoires

Le moyen de transport étant un espace clos, la qualité de l’air peut fortement diminuer et l’humidité est augmentée. Il est prouvé que les chevaux préfèrent le froid à l’humidité, il ne faut donc pas hésiter à ouvrir les aérations du véhicule dans la limite du raisonnable, selon les conditions climatiques.

Les taux de poussières, spores fongiques et actinomycètes peuvent augmenter, pouvant alors obstruer les voies pulmonaires. Ce risque est d’autant plus important en présence de paille ou foin de mauvaise qualité (Cargill, 1999). Il est donc préférable d’utiliser du copeau et non de la paille pour la litière lors des transports. Il est conseillé également d’utiliser du foin le moins poussiéreux possible dans le véhicule. Durant le voyage, il faut veiller à optimiser les conditions d’ambiance à savoir contrôler la température du véhicule et vérifier les systèmes d’aération.


Si rien n’est pris en compte, la mauvaise qualité de l’air peut affecter les mécanismes de défense des voies respiratoires et le risque d’inflammation pulmonaire augmente. La trachée est particulièrement sensible surtout chez les chevaux prédisposés aux problèmes respiratoires (Stull et al, 2002). Ceci est du à la position du cheval lors du transport. Le port de tête est plus haut que d’ordinaire, limitant les mouvements de la nuque et obstruant une partie des voies respiratoires (Oikawa et al, 1995). Si le trajet se prolonge dans de mauvaises conditions, l’inflammation pulmonaire peut alors se transformer en pneumonie. Ces affections des voies respiratoires sont communément appelées "fièvre du transport" et peuvent aller d’une simple fièvre intermittente à une pleuro-pneumopathie (Stull et al, 2002).

Ces affections ne sont pas forcément accompagnées de toux. En revanche, lors du transport le cheval peut développer des allergies dues à la présence de poussière dans l’air. Ces allergies peuvent aboutir à des toux chroniques, autrefois appelées emphysèmes. Moins le véhicule sera poussiéreux et plus les risques seront faibles.


Entre les voyages, le nettoyage du véhicule va faire pour beaucoup dans la prévention des maladies respiratoires. En effet, l’utilisation d’un désinfectant comme mentionné dans la réglementation va permettre la suppression des spores, champignons et allergènes composites de la poussière. Il faut tout de même veiller à nettoyer le véhicule à l’eau avant car les désinfectants sont inactifs en présence de matière organique (reste de crottins par exemple).

 

Ainsi l’aération, la qualité du fourrage et la litière utilisée sont des paramètres à surveiller :
     - Préférez les véhicules possédant des aérations réglables voire des systèmes de ventilation dynamique
     - Préférez les litières de copeaux aux litières de paille
     - Prévoyez un foin de bonne qualité et le moins poussiéreux possibles
     - Nettoyez et désinfectez régulièrement le véhicule entre les transports.

Les maladies contagieuses

Lors du transport, la proximité des chevaux et le confinement va augmenter les risques de transmission de maladie contagieuse. Ainsi la grippe équine ou la groume, par exemple, peuvent se transmettre lors de transport. Il est donc indispensable de ne pas faire voyager un cheval malade parmi d'autres chevaux, dans la mesure du possible.

 

La première chose à éviter est de transporter des chevaux malades ou en incubation de maladie. Dans le doute, effectuer un examen général du cheval et s’il y a le moindre doute, consulter le vétérinaire avant de procéder au transport.  
Si cela ne peut être évité pour raison de transport vétérinaire, il est préférable que le cheval malade voyage seul. A la suite, le véhicule doit être désinfecté minutieusement car certains virus comme Rhodococcus equi peuvent persister sur les parois des stalles.

Conclusion

Les bonnes pratiques en matière de transport de chevaux permettent de minimiser les risques de problèmes de santé. Ainsi, plusieurs points simples peuvent être contrôlés pour s’assurer du bon déroulement du transport :

 

  • Vérifier que le cheval est apte à voyager
  • S’arrêter régulièrement pour proposer à boire aux chevaux ou mouiller le foin si ceux-ci refusent de s’abreuver à cause du stress
  • Veiller à proposer du foin de bonne qualité et peu poussiéreux dans le véhicule
  • Préférer la litière de copeaux à la paille
  • S’assurer que le véhicule dispose d’une bonne aération
  • Après chaque transport, éliminer du véhicule toute litière et matière organique, afin de nettoyer le véhicule à l’eau puis désinfecter.


En cas de doute sur l’état de santé du cheval avant, pendant ou après le transport, il ne faut pas hésiter à faire appel au vétérinaire.

Voir aussi

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Bibliographie

Cargill C, 1999, reducing dust in horse stables and transporters, a report for rural industries research and Development Corporation

Oikawa M, Takagi S, Anzai R, Yoshikawa H, Yoshikawa T, 1995, Pathology of equine respiratory disease occurring in Association with transport

Stull C-L, Rodiek V, 2002, Effects of cross-tying horses during 24h of road transport, Equine veterinary journal n°36

Varier I, 2012
, pathologies liées au transport des chevaux, formation CAPTAV 2012

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