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Pharmacie de base et médicaments

Niveau de technicité :

Auteurs : B. Ferry, I. Barrier, M. Delerue, C. Ménard : Ifce

Màj Juillet 2016 

Grand élevage ou petit propriétaire, vous devez impérativement prévoir une petite pharmacie d’urgence pour effectuer les premiers soins à votre cheval en attendant votre vétérinaire si le cas s’avère nécessaire.

La pharmacie d'urgence

Une boîte propre, réservée à cet usage, doit contenir les éléments de cette trousse de « premiers secours ». Votre vétérinaire est là pour vous conseiller et vous fournir les produits nécessaires. (©FG/IFCE)

Le numéro de votre vétérinaire doit être enregistré dans votre téléphone portable... ou toujours accessible. 


Dans une mallette fermée hermétiquement, et à portée de main, vous devez avoir : 

Pour la surveillance du cheval :

  • Thermomètre

Pour la gestion des petites plaies et des croûtes :

  • Tondeuse et/ou rasoir afin de tondre ou raser les poils autour de la plaie.

  • Matériel de nettoyage : 
    • des compresses (format 60x60 mm sinon inutilisables car trop petites)
    • 1 bouteille de savon antiseptique (povidone iodée ou chlorhexidine)
    • 1 bouteille de solution antiseptique (povidone iodée ou chlorhexidine)

  • Un cicatrisant :
    • sous forme de spray ou de crème

  • 1 sérum antitétanique ( au réfrigérateur) attention à la date de péremption (muni d'une ordonnance) 

Pour la réalisation d'injections :

  • Quelques seringues à usage unique : 5, 10 et 20 ml

  • Quelques aiguilles : roses (1,2 x 40mm),  jaunes (0,9 X 25 mm ) et vertes (0,8 X 40 mm) à adapter selon la consistance et le volume du produit à injecter ainsi que la voie d'administration choisie. 

Pour la réalisation de bandages :

  • 1 rouleau de coton gazé ou du coton hydrophile
  • 2 bandes cohésives 

  • 1 paire de bandage de repos

  • 1 paire de ciseaux à bouts ronds.

Autre matériel :

  • des gants à usage unique (peuvent être achetés en grande surface au rayon des gants d’entretien).
  • 1 rouleau de papier essuie-tout

  • 1 sac poubelle.

 

Si vous pouvez librement vous procurer des antiseptiques, il est formellement interdit de détenir des antibiotiques sans ordonnance vétérinaire (article L 5143-5  du Code de la Santé Publique). Ceci est valable même pour les sprays « cicatrisants » contenant des antibiotiques.

Les premiers médicaments

Le vétérinaire a prescrit pour votre cheval des médicaments, dans le cadre d’un traitement. Ne vous servez pas de ceux-ci pour un autre cheval. Conservez cette ordonnance pendant 5 ans dans le registre d’élevage.(©FG/IFCE)

La plupart des médicaments vétérinaires doivent obligatoirement être délivrés avec une ordonnance, que le vétérinaire aura rédigée après avoir examiné l’animal et établi un diagnostic.

Néanmoins votre vétérinaire traitant peut vous prescrire quelques médicaments de base pour un groupe de chevaux afin de pallier une éventuelle situation d’urgence, à condition qu’il effectue au moins une fois par an une visite de votre effectif, avec rédaction d’un « bilan sanitaire d’élevage », et d’un «protocole de soins» où sera explicitement précisé dans quelles circonstances vous pouvez utiliser ces médicaments.

Bien entendu ils devront être accompagnés de leur ordonnance, conservée pendant 5 ans dans le registre d’élevage.

Responsabilité

Attention, il est fortement recommandé de prendre l’avis de votre vétérinaire avant toute administration de ces médicaments prévus au protocole de soins, en particulier sur un animal appartenant à un tiers.
En cas de décès de l’animal (traité  pour coliques par exemple), le détenteur pourra être accusé de privation de soins vétérinaires, et condamné pour préjudice causé au propriétaire.

Exemple : La trousse d’urgence fait l’objet d’une fiche publiée par la Fédération Nationale des Courses Françaises.

Nota : il s’agit néanmoins d’une tolérance, car selon le Code la Santé Publique tout médicament doit être détenu accompagné d’une ordonnance établie par un vétérinaire après examen de l’animal malade (donc interdiction de prescrire des médicaments par avance).


Trousse d’urgence selon la Fédération Nationale des Courses Françaises :

  • un antipyrétique pour faire baisser la température du cheval en cas d'hyperthermie importante (en pratique il s'agit d'un anti-inflammatoire non stéroïdien, ou d'un antispamodique) en attendant la venue du vétérinaire.

  • un antispasmodique pour soulager le cheval en cas de douleur abdominale (coliques) en attendant la venue du vétérinaire. Attention néanmoins au traitement  des coliques : un détenteur administrant, sans avis vétérinaire, un médicament à un cheval ne lui appartenant pas peut être condamné pour préjudice causé au propriétaire de l’animal, si ce dernier décède. Les anti-spasmodiques peuvent également être utilisés comme anti-pyrétiques pour faire descendre la température d'un cheval en hyperthermie. Exemples d'antispamodiques : Calmagine®, Dipyralgine®, Estocelan® (liste non exhaustive).

  • un anti-inflammatoire :
    • non-stéroïdien (AINS) : pour soulager le cheval en cas de douleur importante, en cas d'hyperthermie ou en cas de signes d'inflammations importants. Les principes actifs des AINS sont : l'acide acétylsalicylique ("aspirine"), la  flunixine, le firoxocib, le meloxicam, le vedaprofène et la phénylbutazone. Attention, après administration de phénylbutazone le cheval doit être exclu de la consommation humaine.
    • stéroïdien (AIS : corticoïde à action rapide) : en cas de signes d'inflammation importants très importants en attendant la venue du vétérinaire. L'utilisation de corticoïdes nécessite cependant une validation par votre vétérinaire puisque les contre-indications et effets secondaires sont nombreux chez le cheval. 


Ne peut être détenu qu’un seul médicament par classe citée, en quantité correspondant au conditionnement minimal permettant de traiter en urgence un cheval, accompagné d’une ordonnance portant le nom et adresse de l’entraîneur et la mention « trousse d’urgence ».

A chaque médicament, son ordonnance. (©FG/IFCE)


Cette trousse d’urgence ne peut en aucun cas être introduite sur un hippodrome.

Dès l’utilisation en urgence d’un des médicaments de la trousse, informer le vétérinaire prescripteur et lui demander d’examiner le cheval traité.

Pour un cheval de course, le vétérinaire doit alors rédiger un certificat détaillant ses constatations, ce certificat tient lieu de justification du traitement.

Sans avis médical, ne jamais se servir de médicaments utilisés pour un autre cheval, car vous ne serez jamais sûr qu’ils correspondent bien à l’état pathologique du vôtre !


Faire attention au type de cheval à soigner :  cheval de course ou de concours (produits« dopants »), jument en gestation  (produits contre-indiqués), …

Conservation des flacons de médicaments entamés

Elle doit se faire au réfrigérateur pendant au plus 28 jours en mentionnant sur l’emballage la date d’ouverture.

Elimination des déchets d'activité de soins

Votre vétérinaire peut vous laisser à la demande un conteneur pour les déchets tranchants/piquants. ©LM,Ifce


> Déchets à risque infectieux (DASRI)
(à l’appréciation du vétérinaire) :

  •  piquants / coupants (aiguilles, etc…),
  •  contaminés


                    = Élimination par le biais d’une filière particulière entièrement sécurisée et tracée (« boites jaunes », dont l'élimination doit se faire tous les trois mois maximum)



>
Médicaments entamés / périmés :  à rapporter au vétérinaire ou en pharmacie.



>
 Autres : flacons de médicaments vides, seringues après usage en l’absence de risque infectieux : filière des ordures ménagères.

Voir aussi

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