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Etat des lieux de l'utilisation du cheval attelé en ville

Niveau de technicité :

Auteur : G. Ardaens, C. Cordilhac, M. Lhote, C. Vial.
Mise à jour Mai 2013

 

La présence des chevaux attelés dans les collectivités est diverse et multi-formes : l’impact sur l’économie, l’environnement, l’emploi et le potentiel d’utilisation du cheval est ainsi très variable. Cet état des lieux, basé sur une enquête, a pour finalité de mieux connaître et mesurer le potentiel d’emplois et d’animaux lié à l’utilisation du cheval attelé.

Répartition des projets étudiés

Les résultats de l’enquête montrent que les collectivités utilisant de façon régulière le cheval attelé (76) pour une intervention de service public se situent plus souvent dans le nord de la France, avec un équilibre entre l’est et l’ouest. Cette concentration des utilisateurs du cheval attelé dans le nord de la France recoupe les principaux berceaux de race du cheval de trait. 


Près de 60% des collectivités utilisant le cheval attelé sont de taille moyenne ou grande. 35% des utilisations du cheval attelé sont le fait de communes de 3 000 à 10 000 habitants, alors que, sur les 36 000 communes françaises, plus de 32 000 ont moins de 3 000 habitants.


Organisation en interne ou recours à un prestataire extérieur ?

Au niveau national, l’enquête montre que 52% des collectivités utilisant le cheval attelé organisent leur activité en interne. Toutefois, l’étude des projets les plus récents montre que le recours à un prestataire extérieur devient de plus en plus fréquent : 67% des projets mis en œuvre ces cinq dernières années le sont avec des partenaires extérieurs à la collectivité. 


Le recours à un prestataire extérieur présente de nombreux avantages : facilité d’organisation, adaptation à des activités ponctuelles ou régulières, absence d’obligation de connaître et maîtriser l’utilisation du cheval pour le personnel de la collectivité. 


Le débardage apparaît comme l’activité pour laquelle le recours à des prestataires extérieurs est le plus systématique, vraisemblablement en raison des compétences techniques exigées par cette activité (au-delà de la conduite des chevaux). 

Les domaines d'intervention du cheval attelé

Les collectivités utilisent d’abord le cheval attelé pour des actions ayant trait à l’environnement. Le ramassage des déchets (y compris la collecte du verre) vient en première position (30%), suivi par l’entretien des espaces verts (20%) puis le transport de touristes (14%). 

L’entretien des zones sensibles et les actions de débusquage/débardage semblent receler le plus fort potentiel de développement. En effet, les avantages économiques et environnementaux du cheval sont maintenant clairement identifiés dans une combinaison avec la machine sur les chantiers de débardage. 


En ce qui concerne le transport de personnes, le cheval est massivement utilisé pour le transport de touristes. Le transport d’autres catégories de personnes tend à se développer : transport scolaire en premier lieu mais aussi transport de personnes âgées ou transport de personnes handicapées. Le cheval présente un réel atout lorsque le trajet est de courte durée, qu’il nécessite des arrêts fréquents ou qu’il emprunte un circuit difficilement accessible aux transports en commun.


Si 50% des collectivités enquêtées utilisent l’attelage pour une activité unique, l’autre moitié conjugue deux, trois, voire quatre activités différentes. Certaines villes travaillent par « famille d’utilisation » : transport des déchets et collecte du verre par exemple, mais de nombreuses collectivités diversifient leur utilisation du cheval attelé de façon plus large : par exemple transport des déchets, transport de touristes, débardage.

Les ressources humaines mobilisées

L’enquête nationale fait apparaître une moyenne de 3 agents par collectivité utilisant le cheval attelé en raison de la présence de quelques grandes collectivités. 


Avec 76 collectivités concernées par une activité régulière, la niche d’emplois actuels peut être évaluée à environ 230. En y ajoutant les emplois dans la police montée, estimés à 200(1)  en 2010, le cheval en ville pourrait concerner une niche d’un peu plus de 400 emplois. De nombreux cocher-meneurs travaillent en indépendant et, en l’état de notre connaissance du marché du travail, il est difficile d’évaluer leur nombre à l’échelon national. 


Tous les cochers-meneurs cumulent au moins deux fonctions (cocher-palefrenier, cocher-jardinier ou ouvrier, cocher-agent administratif, par exemple). Près de la moitié sont encore plus largement polyvalents, cumulant au moins trois fonctions. 

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(1) Suivi de cohortes des deux écoles de gardes à cheval (Soissons et Charente-Maritime)

Le statut le plus répandu, notamment dans les collectivités de 10 000 à 100 000 habitants, est celui de fonctionnaire, agent de la collectivité. Ces agents sont majoritairement recrutés en interne. Ils évoluent vers leur nouveau poste de cocher-meneur soit en raison de prédispositions personnelles (intérêt pour le cheval, connaissance de l’attelage), soit après une formation.

La majorité des meneurs (56%) dispose d’une formation. Le «galop d’attelage» est la formation la plus répandue (44%). Le Certificat de Spécialisation «utilisateur de chevaux attelés» est détenu par 8% des meneurs et le Brevet de meneuraccompagnateur de tourisme équestre par 3%. 8% des meneurs sans formation disposent d’une expérience acquise sur le terrain (notamment en débardage).

Les moyens matériels mis en oeuvre

Les collectivités organisent le plus souvent en interne leur activité autour du cheval attelé.


Les animaux (en moyenne 2 par collectivité) sont majoritairement logés dans un lieu appartenant à la collectivité, pré ou box. Lorsque le service est assuré par un prestataire extérieur, les animaux sont pris en charge directement par ce dernier. 


Le nombre moyen de véhicule par collectivité s’élève à 2.


Les chevaux sont majoritairement formés avant leur achat par les collectivités (63%). 


Les chevaux Ardennais représentent 35% des chevaux utilisés par les collectivités enquêtées. Les Percherons viennent en seconde position (15%) et les Bretons en troisième (9%). Le choix des collectivités est souvent un choix d’image et d’identité patrimoniale. La domination des Ardennais semble donc d’abord liée au facteur géographique : présence des collectivités utilisant la traction dans le nord de la France, berceau de race des Ardennais. 

Voir aussi

Liens vers des pages

Disponibles à la librairie

  • Utilisation du cheval attelé en territoire

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