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Analyse de l'utilisation du cheval utilitaire pour des missions de service public

Niveau de technicité :

Auteur : G. Ardaens, C. Cordilhac, M. Lhote, C. Vial.
Mise à jour Mai 2013

 

La mise en place d’un cheval territorial présente un certain nombre d’avantages mais aussi d’inconvénients. Les arguments d’ordre économique, environnemental et social qui ont été traités dans la partie précédente. Toutefois, pour compléter cette partie relative à l’impact territorial du cheval sur le développement durable des communes, il est nécessaire d’évoquer les autres forces et faiblesses de ces projets liés au territoire dans lequel ils se mettent en place.

Une réponse adaptée à des problématiques variées

Ces initiatives «naissent de la volonté d’élus de terrains soucieux ni plus ni moins de servir leurs concitoyens en optant pour des solutions de bon sens» (Daniel Simon, rédacteur en chef adjoint, magazine Sabot (hors-série octobre 2009). Le cheval apporte une réponse adaptée à un problème qui se pose à la collectivité, et a un avantage par rapport à une autre solution plus ordinaire. Il présente, par ailleurs, une grande diversité d’utilisations possibles et peut s’avérer complémentaire au travail motorisé.


On remarque cependant que le cheval n’est jamais la seule réponse possible. Et n’est jamais la plus évidente ni la plus simple. Le choix du recours au cheval correspond alors à une certaine sensibilité à cet animal qui peut être très personnelle ou revêtir une dimension plus culturelle et contextuelle.

Des opportunités politiques et financières

Se lancer dans un projet de mise en place d’un cheval territorial dépend également des opportunités rencontrées : solution d’emploi aidé, facilités d’hébergement des chevaux territoriaux, compétences et intérêt pour le cheval au sein du personnel, etc. 


Les initiatives existantes sont fréquemment marquées par l’hybridation des ressources et des financements, certains cas couplant tarification marchande, financements publics (y compris par des aides à l’emploi) et engagement associatif.

Fédération des acteurs locaux autour d'un projet commun

Ces projets permettent de rassembler autour d’un objectif commun des acteurs locaux diversifiés (privés, publics et associatifs) et qui n’auraient peut-être jamais travaillé ensemble en l'absence du projet. Les relations créées peuvent prendre des formes diverses : accord tacite, échange, contrat, partenariat…

 
On constate la présence de plus en plus marquée d’entreprises privées. De même, on remarque très souvent l’intervention d’une association dans l’historique du projet (conseil, entretien des chevaux, etc.). Ainsi, ces initiatives permettent de fédérer les acteurs locaux et participent à l’identité du territoire.

Une occasion de réorganiser les services de la collectivité

L’introduction d’un cheval au sein d’une collectivité peut induire des réorganisations du service de deux types : organisation et travail des employés de la collectivité d’une part, optimisation de la mission « équidé » d’autre part.


L’intégration du cheval dans le fonctionnement de la collectivité occasionne une ré-interrogation des pratiques, qui va souvent au-delà des simples questions en lien avec l’équidé et qui apporte une réelle plus-value à l’ensemble du service. Le plus souvent, ces réorganisations se font après avoir constaté les conséquences de la mise en place du service. On assiste ainsi à une amélioration continue de l’initiative, au gré des opportunités et des améliorations techniques. 

Des obstacles à surmonter pour les communes intéressées

Une difficulté souvent rencontrée par les porteurs de projet est la réticence initiale des communes envers le projet. Il s’agit d’un obstacle inhérent à nombre de démarches innovantes. 


Le processus est complexe pour une commune. La mise en place du projet nécessite de réaliser un diagnostic communal et une étude de faisabilité. Il est ensuite difficile pour les communes de ne pas être perdues face aux choix à effectuer : il s’agit de trouver « le bon cheval », « le bon matériel » et les « bons employés » mais aussi « la bonne organisation logistique » et « la bonne mission à effectuer ». Le recours à un prestataire de service peut apporter une solution : celui-ci peut proposer un service « clés en main » et gérer la mission mais surtout les chevaux et les employés associés. Enfin, le contenu même de la mission se précise souvent au fil de l’avancement des expérimentations. 


Il apparaît clairement un besoin de sécuriser, normer et réglementer les différents points. Un accompagnement par une structure conseil s’avère fort utile pour éviter ces embûches et doutes. Il permet de gagner du temps, d’éviter les erreurs, d’avoir connaissance des différentes alternatives et pratiques, de bénéficier de l’appui d’une personne extérieure et surtout de pérenniser le projet.


 

Une structuration nationale naissante

L’utilisation du cheval par les collectivités pour des missions de service public est un phénomène encore relativement récent qui est marqué par des processus locaux d’innovations et par une relative incertitude quant à certains de ses bénéfices. En parallèle des multiples expérimentations qui sont portées à l’échelle des territoires, se développent aujourd’hui quelques initiatives au niveau national, sources de structuration et de production d’informations standardisées. Il existe notamment la mise en place de réseaux d’acteurs visant à échanger des expériences et diffuser les premières connaissances sur le sujet (Ville de Trouville sur Mer, 2009), ainsi que la création de nombreuses associations et cabinets de conseil proposant une expertise aux collectivités désireuses de s’engager dans cette voie (Cf. partie IV.2.). Toutefois, de nombreuses questions restent encore en suspens et il apparaît aujourd’hui nécessaire que les acteurs de la filière équine s’investissent et s’organisent encore plus clairement pour accompagner ce phénomène.

Des retombées pour le monde du cheval

Ce phénomène engendre des retombées pour la filière équine, en termes d’image mais aussi concernant la valorisation des chevaux de trait. Un cheval territorial favorise le contact de la population avec le monde du cheval, en créant une occasion unique d’avoir un contact avec le cheval, et en pouvant inciter de nouvelles personnes à la pratique de l’équitation, ce qui favorise ainsi le développement des sports et loisirs équestres.


De plus, ces initiatives permettent d’envisager d’autres débouchés que la boucherie pour les chevaux de trait, participant ainsi à la sauvegarde de races qui sont aujourd’hui menacées par le déclin de la consommation de viande chevaline. 

Voir aussi

Disponibles à la librairie

  • Utilisation du cheval attelé en territoire

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