La lutte contre les épidémies passe par l’élaboration d’outils diagnostiques performants des agents infectieux et par une meilleure compréhension de la transmission de ces agents dans le cadre d’enquêtes épidémiologiques.
Actuellement de nombreuses recherches ont lieu, en particulier sur les maladies infectieuses. Suite à l’épidémie d’Artérite Virale de 2007, plusieurs équipes de chercheurs travaillent sur cette maladie (Laboratoire départemental du Calvados, AFSSA, centre CYCERON). Ces recherches comprennent une meilleure caractérisation du virus mais également l’évaluation d’une méthode de traitement des étalons excréteurs du virus.
Des recherches sont également menées par l’AFSSA sur la rhodococcose, la métrite contagieuse et l'anémie infectieuse, en collaboration avec l'INRA et l'ENV de Lyon pour cette dernière.

Montmartre Hn (DR APRH)
La Fédération Nationale des Courses Françaises, et plus particulièrement leur laboratoire des courses hippiques de Verrière le Buisson cherchent à détecter de manière de plus en plus fiable un nombre toujours plus important de molécules susceptibles d’être utilisées pour doper les chevaux de sport.
Actuellement, des recherches sont en cours sur l’alpha-cobratoxine, le stanozolol et le tiludronate.
Malgré une longue histoire de relations Homme-Cheval, les accidents demeurent encore trop fréquents chez les professionnels et amateurs de la filière équine. En 1999, la Mutualité Sociale Agricole rapportait qu’une large majorité des incidents et accidents impliquant les professionnels se produit à pied (travail à pied, nettoyage des box…) et non lorsque le cheval est monté.
Les recherches menées actuellement en comportement visent à améliorer l’efficacité de nos pratiques afin de diminuer l’investissement humain pour un résultat égal, mais surtout de permettre d’améliorer à terme la relation Homme-Cheval, gage de plaisir et de sécurité pour l’utilisateur...
Ainsi, l’équipe de l’Université de Rennes I a montré que l’utilisation des adultes comme modèle pouvait faciliter le dressage des jeunes, et que la présence d’adultes dans un effectif de jeunes sevrés améliorerait leur éducation. Ces travaux ont également montré qu’un renforcement positif permet non seulement de favoriser l’apprentissage, mais surtout d’influencer de manière positive la relation Homme-Animal, contrairement au renforcement négatif qui semble induire chez le cheval un état émotionnel accru et construire une relation à l’homme moins positive. Ces travaux font l'objet d'une thèse cofinancée par les Haras nationaux et la région Bretagne et devraient permettre, via des actions très simples, de faciliter l’éducation des jeunes chevaux.
Des études sont également en cours, à l’INRA de Nouzilly sur le lien entre le tempérament et les performances cognitives en fonction du contexte émotionnel chez le cheval afin d'optimiser l'éducation et le dressage des équidés. Ces travaux font l'objet d'une thèse, cofinancée par le COST et la région Centre, depuis septembre 2009.

Jeune cheval à la douche (DR Hn)
Cette thématique a pour but d’offrir une meilleure connaissance économique et sociologique de la filière. Les recherches en sciences économiques et sociales sont récentes mais en progression constante. Elles visent à fournir un apport méthodologique à la construction d’une base de données économiques (données emplois notamment), à mieux comprendre l’impact et le rôle du cheval dans les territoires ruraux, à mieux caractériser les utilisateurs de chevaux et leurs besoins et à fournir des référentiels technico-économiques des principaux types d’entreprises agricoles concernés par le cheval. Une thèse, cofinancée par les Haras nationaux et l'INRA, a été soutenue fin 2009 sur la thématique des activités équestres de sport et loisir dans les espaces ruraux et leurs modes d'organisation et les recherches sur cette thématique continuent.
Ces études permettront d’adapter les prestations et les actions des Haras nationaux et des différents pouvoirs publics aux besoins et aux demandes des différents détenteurs/utilisateurs de chevaux en France.
Des études sont également en cours pour mieux connaître le marché des chevaux de selle par une approche de sociologie économique ou pour mieux comprendre le travail, les carrières, etc... dans les différents mondes du cheval. Une nouvelle thèse débutera sur ce sujet en septembre 2010.
Beaucoup de chevaux sont gérés en dehors des espaces herbagers ou les utilisent comme terrain d’exercice et non comme lieu d’habitation et de ressource alimentaire. Pourtant, autant en terme d’enjeux agricoles que par intérêt pour cet herbivore qui semble plus équilibré et en meilleure santé lorsqu’il est au pâturage, il apparaît nécessaire de proposer des systèmes permettant de produire et entretenir tous types de chevaux (sport ou loisir) au pâturage et vice versa de préciser les techniques pour entretenir les territoires grâce au cheval.
Cet axe de recherche a tout d'abord démarré dans le cadre d’une collaboration Haras nationaux-INRA de Theix. Il prend la suite des programmes de recherche en nutrition qui ont permis d’établir la valeur alimentaire des principaux aliments et d’évaluer les besoins nutritifs des chevaux en fonction de leur état physiologique. L’ensemble de ces données a donné lieu à deux ouvrages (éditions INRA) et à l’élaboration de logiciel de calcul des rations.
Une nouvelle équipe travaille sur cette thématique depuis 2009. En effet, le Cemagref vient d'initier des travaux de recherche sur la thématique du cheval comme facteur de diversification, de développement et de durabilité des exploitations agricoles françaises.

La génétique a pour rôle de fournir des outils utiles au choix des reproducteurs dans un objectif de sélection donné (saut d’obstacles, dressage, concours complet, course de trot, concours poneys, endurance…). Des généticiens des Haras nationaux et de l'INRA de Toulouse ont permis de fournir à la filière des indices génétiques dans la plupart des disciplines sportives. Ces indices correspondent à une note individuelle d’estimation du potentiel génétique du cheval. Ils sont issus du recueil de l’ensemble des performances sur le territoire de chaque cheval et de ses apparentés et de la correction de certains effets autres que génétiques (sexe, âge…). Ces indices ont permis d’accélérer le progrès génétique dans les principales races françaises.

Jument suitée (DR Hn)
Actuellement, le projet européen INTERSTALLION a montré que l’utilisation des indices étrangers était, dès aujourd’hui, utile pour sélectionner étalons et poulinières en France. Cependant, de simples différences en matière de présentation et de standardisation des indices rendent toujours les comparaisons directes délicates. Grâce à ce projet européen, ces difficultés sont en cours de résolution.
Parallèlement, la connaissance du génome s’est accrue et après la découverte de premiers gènes d’intérêt (gène responsable de l’épidermolyse bulleuse jonctionnelle, gènes de la coloration noir, crème…) et le séquençage complet du génome équin, les équipes de recherche s’intéressent à un nouvel outil disponible, les puces SNP (Single Nucleotide protein).
Ces puces sont utilisées pour déterminer s’il est possible de « prédire » la qualité d’un reproducteur équin, pour le CSO dans un premier temps, puis elles pourront être utilisées pour d'autres disciplines, ou pour des fonctions physiologiques bien précises (métabolisme aérobie...).
Des études sont également en cours (INRA, université de Liège et CIRALE) sur les aspects génétiques de certaines maladies affectant les performances sportives équines, en particulier l’ostéochondrose et la neuropathie récurrente laryngée (ou cornage). Une thèse, cofinancée par les Haras nationaux et l'ANR, est d'ailleurs en cours sur cette thématique.
Devant le développement du cheval de loisirs, les professionnels en charge de la sélection de certaines races cherchent à produire un cheval plus facile à utiliser et adapté à une utilisation de loisir par des cavaliers plus ou moins expérimentés. Cette thématique rejoint, bien entendu, la partie « Sécurité du jockey, du cavalier et des chevaux » du 1er point ci-dessus.
Le tempérament du cheval est actuellement étudié à l’INRA de Nouzilly. Ce programme a déjà déterminé certains traits du tempérament (émotivité, grégarité, excitabilité, persévérance) et a permis la mise au point de tests comportementaux utilisables en routine sur de nombreux animaux. Chaque test dure environ 30 minutes et ne nécessite pas d’installation particulière. Ces tests fiables vont pouvoir aider les éleveurs et acheteurs à déterminer le caractère du cheval, et par là préconiser une utilisation du cheval (tempérament docile pour le loisir, tempérament vif pour le sport ?…). Cependant, pour l’instant ces différents traits de comportement n’ont pas été reliés à une prédisposition particulière pour certaines disciplines mais les études sont en cours.
Les profils de tempérament d'un certain nombre d'étalons sont d'ores et déjà disponibles dans les catalogues.

DR MACE O.
La reproduction doit permettre d’améliorer la fertilité et de faciliter la gestion des reproducteurs. La collaboration Haras nationaux - INRA de Nouzilly a été très active dans ce domaine et a permis le développement de l’insémination artificielle, de la transplantation embryonnaire, de la synchronisation des chaleurs, de la mise sous lumière et de la gestion d’une banque de colostrum grâce au COLOTEST.
Toutefois, d’autres progrès sont attendus prochainement afin de :
- mieux maîtriser le moment de l’ovulation chez la jument, soit par des traitements pharmacologiques, soit par un détecteur de terrain capable de déterminer l’oestrus, ou mieux, l’approche de l’ovulation. Cela permettrait de pouvoir faire saillir ou inséminer sur rendez-vous.
- faciliter la gestion des étalons utilisés en insémination artificielle. Dans le cas de sperme réfrigéré, il a récemment été montré que la gamme de températures de conservation utilisables pour le sperme conservé 24 h pouvait varier de 4 à 10°C à l’intérieur des boîtes de transport et qu’à intervalle récolte-ovulation constant, il valait mieux conserver la dose à 4°C un jour de plus et essayer de s’approcher du moment d’ovulation plutôt que d’inséminer dès réception de la dose si la jument n’a pas encore ovulé.
Dans le cas de sperme congelé, un nouveau milieu de congélation de la semence d’étalon prêt à l’emploi a été mis au point.
Un nouveau projet, faisant l'objet d'une nouvelle thèse, débute en 2010 sur la programmation foetale de la croissance osseuse et de la prédisposition à l'ostéochondrose et aux anomalies du métabolisme énergétique chez le cheval.

Juments et poulains (DR Houdart)
La médecine sportive est une science qui progresse très rapidement actuellement, tout d’abord parce que la locomotion et le système cardio-respiratoire constituent les deux facteurs principaux pouvant limiter la performance des chevaux de course ou de sport, mais également et surtout grâce à l’adaptation de nombreux outils, issus de la médecine sportive humaine, à la médecine sportive équine. Cette thématique est donc en plein essor et de nombreux projets émergent.
Selon les disciplines concernées et l’avancée des recherches dans chaque discipline, les projets de recherche sont variés et visent à déterminer les adaptations métaboliques du cheval lors de l’effort (en endurance par exemple), les causes de contre-performance (chevaux de course ou de sport), mais ces recherches ont également pour but de mettre en évidence un petit nombre de marqueurs physiologiques qui pourraient servir, en routine, à quantifier le surentraînement, la fatigue, l’évolution de l’entraînement et donc la capacité du cheval à réaliser une performance à un moment donné.
Les résultats de ces recherches pourront permettre d’adapter au mieux l’entraînement des animaux et de maximiser les performances en compétition.
Le projet SEQUISOL a pour but de caractériser les différents types de sols ainsi que leurs conséquences sur la locomotion et les problèmes locomoteurs du cheval. Ce projet fait l'objet d'une thèse cofinancée par les Haras nationaux et la région Basse Normandie.
Ces travaux sont majoritairement réalisés par les écoles nationales vétérinaires, le CIRALE et l’université de Liège.

DR Hn
Cette thématique est étudiée par l’INRA de Theix et AgroSup à Dijon. Les études menées à AgroSup concernent principalement la microflore digestives et les mécanismes impliqué dan la digestion.
Les recherches de l’INRA traitent principalement de l’utilisation de l’herbe pâturée par les chevaux et son impact sur le couvert prairial. En effet, les ressources herbagères représentent une part importante de l’alimentation des chevaux mais les éleveurs manquent de références concernant la part des besoins couverts par l’herbe et l’impact du pâturage équin sur la structure des prairies.

DR Hn
Ces études ont montré de nettes préférences des chevaux pour le couvert le plus haut, sur lequel ils augmentent leur vitesse d’ingestion instantanée. Cependant, à mesure que le couvert le plus haut devient mature, les chevaux reportent leur temps d’alimentation sur les couverts les plus courts de meilleure qualité. Ce comportement est en relation avec la nécessité de satisfaire les besoins azotés. Cependant, les chevaux n’expriment pas forcément des choix strictement optimaux à l’échelle de la journée. En outre, les chevaux maintiennent des niveaux d’ingestion journaliers similaires quelle que soit la hauteur du couvert.