Haras-nationaux

Connaissance sur la filière

Témoignages

Etude zootechnique

Photo Haras nationaux

La recherche en éthologie au service du loisir

Les Haras Nationaux ont commandité une vaste étude, visant à déterminer s’il était possible de sélectionner précocement les chevaux en fonction de leur tempérament. Cette étude est menée depuis trois ans au sein de l’équipe d’Etude du Comportement Animal de l’INRA de Tours*. Les résultats obtenus à ce jour sont très encourageants.

En effet, il a été montré qu’il était possible de caractériser le tempérament que les chevaux auront à l’âge adulte à partir de tests comportementaux standardisés réalisés dès l’âge de huit mois. Ces tests sont très simples et courts à réaliser : en quelques minutes, il est possible de connaître la personnalité du cheval. En particulier, il est possible de déterminer si le cheval a un tempérament plus ou moins peureux, s’il est plutôt calme ou actif, s’il est proche de l’homme, ou encore s’il est plus ou moins motivé socialement.

Ces tests permettent de caractériser plusieurs types de tempérament. Des études pilotes cherchent maintenant à déterminer quels sont les profils de tempérament les mieux adaptés aux différentes disciplines équestres, et en particulier au loisir.

Pour cela, il est nécessaire de tester un très grand nombre de chevaux afin de déterminer la correspondance entre les résultats à ces tests et l’aptitude des animaux à être utilisés.

A l’issue de ces études, il sera possible de déterminer précocement si un cheval a de bonnes prédispositions comportementales pour le loisir ou non. Ce résultat présentera deux intérêts majeurs. Pour les éleveurs, haras et associations de race, ces tests permettront d’engager facilement une sélection en fonction de critères comportementaux, et ce dès le plus jeune âge. Pour les futurs acquéreurs, ces tests seront une manière simple et efficace de détecter les chevaux qui seront adaptés à l’utilisation qu’ils veulent en faire.

Contact : Léa Lansade, Docteur ès sciences, Comportement des équidés,
Laboratoire d’Etude du Comportement Animal,
Station de Physiologie de la Reproduction et des Comportements
UMR INRA-CNRS-Haras Nationaux
37380 Nouzilly

Etude économique

Le loisir : un poids lourd dans le monde du cheval

L'utilisation du cheval a varié au cours des siècles. D'abord chassé pour sa viande, il sera utilisé pour les guerres, les travaux aux champs ou le transport par la suite. Dans les années 1950, le cheval devient sportif. Puis, émerge une demande pour le cheval de loisir. Le cheval est une vraie promesse d’avenir dans les loisirs des français, porteur d’activités, d’emploi et de vitalité dans les territoires.

Le loisir représente le poids économique le plus important de la filière.

Sur les 510 000 licenciés que compte la fédération française d'équitation , plus de 80 % pratiquent hors compétitions officielles (chiffre stable sur les 5 dernières années). Il convient d’ajouter à ces équitants l’ensemble des pratiquants non licenciés qui représentent plus du double des licenciés d’après la FFE.

Une enquête sur les pratiques culturelles et sportives des français, menée par l'INSEE en 2003 auprès de 5 600 personnes âgées de 15 ans et plus, a montré que 3 % des personnes interrogées déclarent avoir pratiqué "l'équitation ou la randonnée équestre" au cours des 12 derniers mois. Ce taux ramené à la population française, représente environ 1,5 million de personnes. Cette enquête a  également montré que 39 % de ces personnes pratiquent régulièrement. Le fait que l’essentiel de cette pratique soit réalisé à raison d’une fois par mois montre bien qu’elle est  assimilable à une détente (loisir actif). Ce phénomène représente près de 570 000 personnes (soit plus que le nombre de licences totales de la FFE !) et un  poids économique non négeable.


Un certain nombre de cavaliers sont propriétaires de leurs animaux et leurs réservent une part de leur budget loisir qui peut être conséquente selon le mode d’entretien du cheval  (comptez 600 euros par mois environ pour un cheval en pension-travail). En matière d'achat, d'après une enquête réalisée par les Haras nationaux sur les transactions d'équidés en France, 45 % des chevaux de selle et 2/3 de poneys sont acquis pour une équitation de loisir. Ces transactions représenteraient plus de 20 000 animaux et 40 millions d'euros en 2004. Côté emploi, le dynamisme du secteur loisir a également des conséquences. Rien que les emplois générés par les centres équestres représentent 10 887 équivalents temps plein soit près du tiers des professions au contact du cheval !

Le cheval de loisir est trop rarement un cheval qui a été produit pour cette activité.


 L’amont de la filière (l’élevage) reste encore peu organisé pour répondre à la demande de cheval de loisir du client équitant final, cette demande étant forte en volume mais insuffisante actuellement en valeur, ou du moins perçue comme telle . Il existe bien sûr des initiatives exemplaires comme la création de la race Henson, conçue pour fournir une cavalerie adaptée à la demande touristique locale de chevaux faciles d'emploi. Constatons également le succès des races « de travail », américaines ou ibériques, particulièrement adaptées à l’équitation de loisir, dont les produits sont vendus en moyenne à un prix plus élevé que ceux des autres races.

Reste que la production des races françaises est largement orientée vers le sport et que, bien souvent, le cheval de loisir est en fait un cheval qui à l'origine a été conçu pour et valorisé par le sport. Ceci n'empêche évidement pas un cheval de sport d'être un excellent cheval de loisir.

L'enjeu est plutôt de repérer ces sujets pour les valoriser en tant que tels sur le marché et à bon prix. Dans cet esprit les Haras nationaux ont mis en place dans les années 1990 des épreuves de qualification des chevaux de loisir.

Un enjeu fort pour la filière cheval française d'aujourd'hui est d'organiser une certaine transparence et de structurer le marché du cheval de loisir de façon suffisamment convaincante pour que l'aval et l'amont y trouvent un point de rencontre.