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Témoignages de personnalités

M. Dominique Coquet : Directeur général adjoint de Disneyland® Paris et Directeur Général de Villages Nature et co-fondateur, avec le docteur Lionel Berquin, de l’Association du Cheval Henson en 1982PlusMoins

 

M. Dominique Cocquet, Directeur général adjoint de Disneyland® Paris et Directeur Général de Villages Nature a été le co-fondateur, avec le docteur Lionel Berquin, de l’Association du Cheval Henson en 1982.
Il est également, avec son épouse, le responsable des "Espaces Equestres Henson" du Marquenterre et de Fort-Mahon-Plage, situés en Baie de Somme et en Baie d'Authie, structures essentiellement dédiées à l’équitation d’extérieur. Il a récemment mis sur pieds une nouvelle activité équestre originale au "Haras Henson Marquenterre - Ferme équestre de Saint Jean les Rue", où, dans le cadre d'une ferme de découverte, des visites d’élevage (chevaux Henson principalement, mais aussi vaches Highlands, moutons Shetland …) sont assurées à dos de Henson. C’est l’occasion de nous parler de ce projet et de sa vision du loisir équestre.
 
 
 
1. En tant qu'un des dirigeants de la plus importante entreprise de divertissement implantée en France (Disneyland Paris), quelle est votre vision de la place du cheval dans l’offre loisir de notre pays?

Le cheval fait partie de notre culture, de notre savoir-faire et de nos émotions. Y compris dans notre propre entreprise où les percherons circulant dans Main Street USA ou encore les quarter-horses et appaloosas du Buffalo Bill's Wild West Show enchantent nos visiteurs depuis près de 20 ans déjà. Il est partout dans la psyché des hommes, dans l'art et, bien sûr, dans notre bonheur de monter à cheval au milieu de paysages exceptionnels, partout en France.
 
 
2. Le secteur du loisir équestre est davantage connu pour être mu par la passion que par les perspectives de rentabilité, qu’est ce qui vous a amené à vous intéresser et à vous investir dans ce domaine ?

D'abord la terre ou, plus exactement, la terre et la mer. Je suis d'abord venu au cheval par la nature, dans ce beau pays de Baie de Somme où sont mes racines et mes premières références. Ce fut aussi la rencontre avec le Dr Berquin en 1982, alors que je dirigeai le Syndicat Mixte pour l'Aménagement de la Côte Picarde et que nous avons entrepris ce pari un peu fou, avec quelques fervents amis, de créer une nouvelle race de chevaux, à partir d'une certaine vision de l'équitation d'extérieur et de disciplines équestres comme l'attelage, l'endurance, les jeux équestres.  Mais Disney a aussi beaucoup compté ! J'y ai appris la qualité de service, le sens de la cohérence de l'histoire que l'on raconte aux visiteurs pour les enchanter, le plaisir à donner aux autres. Cet amalgame d'expériences m'a fait comprendre que l'on pouvait aborder le cheval autrement que par la simple passion, souvent un peu sectaire et parfois un peu méprisante pour les non-équitants. J'ai pensé que l'on pouvait partager ses émotions autrement que dans la compétition et que le cheval devenait alors un formidable médiateur entre les humains et entre la nature et les hommes. C'est vraiment cela qui a été ma révélation.
 
 
 
3. Quels sont, selon vous,  les freins et atouts de développement du loisir équestre ?

D'abord, ne pas être suffisamment au service des autres, quelque soit leur niveau d'équitation et de manquer parfois d'esprit de partage de joies simples -les petits bonheurs, comme je les appelle.
Le cheval est un passeur avant d'être une monture. Un passeur de gués vers les émotions humaines -l'incroyable sensation d'être en communion avec un être vivant d'une demie-tonne qui vous accepte et vous emmène là où seuls les animaux peuvent vous emmener. Un passeur de nature, aujourd'hui une clé pour le XXIème siécle et, enfin, un moyen de mieux se comprendre, soi-même et avec les autres.
Au delà, toutefois, de ce qui me parait parfois comme une raison première du pourquoi l'équitation passe à côté de choses essentielles, il y a, bien entendu, des raisons plus matérielles...un certain manque de professionnalisme dans la gestion, dans la communication, dans l'approche de ce qu'il faut bien appeler un chat un chat : le commerce...
Tous ces aspects me semblent avoir un point commun : la passion l'emporte souvent sur la raison dans les milieux équestres. La passion doit demeurer le moteur. Mais l'équilibre avec la raison doit être en permanence remis sur le chantier. Et paradoxalement, c'est la raison qui nous fait comprendre que nous n'existons que parce que nous partageons nos émotions avec les autres et qu'ils nous apportent leur énergie (sous forme de rémunération de nos services rendus) qui nous permet d'aller toujours plus loin.  
 
4. Pourriez vous nous présenter l’activité proposée à la ferme équestre de Saint –Jean-les-Rue et ce qui a motivé sa création ?

La première motivation a été la promotion et l'efficacité de notre élevage. Nous avons, au total, près de 250 chevaux Henson sur nos sites, dont environ 140 chevaux d'élevage et une production qui avoisine les 35 à 40 poulains par an, en prenant en compte la production de nos élevages partenaires, à qui nous rachetons la production. Il nous fallait donc plus d'espace et c'est pourquoi nous avons saisi cette opportunité de nous agrandir sur plus de 80 hectares, au delà des 125 hectares que nous exploitions déjà. Je souhaitais aussi que nous revenions aussi à un élevage plus extensif, en phase avec la qualité de nos milieux naturels exceptionnels et la politique menée en Baie de Somme par le Ministère de l'Agriculture avec les Mesures Agro-Environnementales Territorialisées. Notre charge animale à l'hectare à Rue est d'environ 0,60 cheval à l'hectare. Nous avons donc voulu faire un "élevage modèle" de chevaux Henson, vitrine de notre conception de l'équitation de pleine nature, dans leur berceau de race que constitue la Baie de Somme. Partant de là, nous nous sommes dits : pourquoi ne pas faire partager notre bonheur en découvrant cet élevage à cheval ? Et il s'est alors produit une merveilleuse surprise : comme nous avons aussi sur le site des moutons rustiques (Shetland et Scottish Black Face) et des bovins Highland, pour des raisons de complémentarité sur l'herbage, cette découverte de l'élevage est devenue une opportunité de côtoyer et de conduire tous ces animaux à cheval. Un peu de "cutting", des galopades dans des grandes pâtures, la découverte des roselières, le saut de quelques fossés et tout cela sans être nécessairement en file indienne, comme c'est le cas souvent en prestation équestre d'extérieur. Bref, quelque chose de très fort et qui n'existait nulle part dans notre belle région. Et j'arrête là, car il y a encore bien d'autres facettes à découvrir. 
 
 
 
5. Pensez vous que le loisir équestre a besoin de diversifier son offre autour de produits nouveaux tels que le propose cette ferme ?

Evidemment. C'est même ainsi qu'il peut contribuer à développer l'équitation en France et la mettre à la portée du plus grand nombre. Les centres équestres "hors sol", qui sont le format le plus répandu en milieu urbain, pour des raisons bien compréhensibles de manque de surface, ne peuvent être les seuls à apporter les réponses d'avenir, même s'ils sont indispensables. Le concept de "ferme domaniale équestre" que nous avons mis au point avec les "Espaces Equestres Henson" ouvre de nouveaux horizons et la "Ferme équestre de Saint-Jean-les-Rue" est une avancée dans cette direction prometteuse.
 
 
6. Quel rôle  joue la race  Henson dans le développement du loisir équestre de votre région ? Et au delà ?


Si les Hensons n'existaient pas, il faudrait les inventer ! Ils sont l'emblème même d'une équitation rêvée, celle des chevauchées de pleine nature, dans un espace exceptionnellement préservé que constitue la Baie de Somme et son horizon, le Marquenterre, jusqu'en Baie d'Authie.
Avec l'oiseau migrateur, le Henson est devenu un des repères identitaires de la Baie de Somme et de la Côte Picarde en général. La symbiose totale dans laquelle il vit avec la politique de protection des milieux naturels et du tourisme durable, qui ont été mis en oeuvre ici depuis...40 ans, fait que tourisme et cheval en Baie de Somme sont devenus incontournables. Et, du coup, ce sont les hébergements, la restauration, les autres activités de pleine nature qui bénéficient à leur tour de cette unité. Nous recevons dans nos 2 "Espaces Equestres Henson" du Marquenterre et de la Baie d'Authie, près de 12000 personnes par an, dont deux-tiers ayant peu ou pas d'équitation et un tiers de cavaliers confirmés (>galop3). C'est probablement un signe que le cheval peut être un vecteur exceptionnel pour les économies locales et cela en pleine cohérence avec les enjeux d'avenir du tourisme durable.
 
 
 
7. Que pensez vous du mot loisir que certains perçoivent comme péjoratif ?

Je pense que nos concitoyens, français et européens, ont bien de la chance d'avoir des loisirs, dans une humanité où tant de défis se posent au plus grand nombre et que c'est un peu dommage que cette notion puisse faire l'objet parfois d'un certain mépris. Vu mon âge, j'ai des références un peu passéistes parfois, mais comme les Beatles, je pense toujours qu'"Happiness is a warm gun...".
 
 
8. Quelle est la place de l’IFCE dans tout cela ? comment peut il intervenir ?

L'IFCE, à sa manière, me donne envie de persévérer, en montrant de l'intérêt pour une expérience qui a commencé il y a près de 40 ans et qui n'a jamais été aussi jeune et aussi d'actualité. Sans les encouragements des Haras Nationaux, dès les année 80, il n'y aurait pas eu de race Henson et ce formidable courant d'engagement humain et de savoir-faire novateur qu'a suscité la reconnaissance officielle en 2003 ne serait, aujourd'hui encore, qu'une petite balade à cheval entre amis (ce qu'elle doit aussi continuer d'être, d'ailleurs).
Et puis, il y a la connaissance scientifique pour l'élevage, l'organisation qui aide à structurer la filière équine, le partage d'expériences au sein des réseaux, la volonté de novation. Sans compter quelques magnifiques expressions de notre patrimoine, de notre culture équestre et de nos races équines que le monde entier nous envie. 

 
 
 
9. Un dernier mot ?

Défendez très haut nos couleurs. En avant, calme et droit.

 

 

 

Propos recueillis par Sylvie Rizo

Martine de La Vallée, Présidente de l’ASPADA, association parisienne de l’attelage de loisirPlusMoins

   

 

Pourriez vous nous présenter l’ASPADA dont vous êtes Présidente ?

 

L’ASPADA, -Association PArisienne d’Attelage-  a pour vocation la pratique de l’attelage, cours, concours, représentations, organisations d’évènements et en règle générale toutes actions ayant trait à l’attelage et à la promotion de cette discipline équestre. Elle vise à rendre cette discipline accessible, l’idée est de proposer  un esprit club et un tarif club.

L’ASPADA souhaite acquérir chacune des 10 races françaises de chevaux de trait pour privilégier un lien affectif avec les régions françaises dont les parisiens sont souvent natifs. Rappelons que l’attelage est accessible à tous, des plus jeunes jusqu’aux seniors et qu’un équipage est souvent mixte et intergénérationnel.

Par ses actions, l’association participe à la pérennité de l’hippomobile et à la valorisation des chevaux de trait, elle contribue activement au maintient du patrimoine historique et culturel de Paris.

 

 

 

Comment définissez vous l’attelage de loisir ?

 

L’attelage de loisir est une discipline à part entière. Le mot « loisir » ne doit en rien galvauder l’importance d’apprendre à mener en toutes circonstances. Dans un routier ou lors d’une simple promenade, personne n’est à l’abri d’un imprévu. Pour sortir dans des conditions optimum de sécurité, il est crucial d’avoir une expérience suffisante et de pratiquer les 3 disciplines : dressage, maniabilité, marathon. Etre initié au Trec est également très utile. C’est dans ce sens que l’attelage de loisir ne s’improvise pas et est un véritable sport équestre.

 

 

Qui sont les pratiquants de votre association : combien sont ils ? Quelles sont leurs attentes/motivation ? Leur profil ( age, sexe )?/

 

L’ASPADA est une toute jeune association qui compte une vingtaine d’adhérents, tous animés par l’amour du cheval : 2 filles (12 et 14 ans), 10 femmes et 8 hommes, entre 40 et 70 ans. La plupart sont cavaliers ou anciens cavaliers. Ils habitent Paris ou proximité et de milieux sociaux culturels très divers.

Pour les meneurs confirmés, leur attente est simple : pouvoir assouvir leur passion près de chez eux. C’est d’ailleurs l’origine de l’ASPADA : nous étions un groupe de meneurs parisiens à devoir passer beaucoup de temps sur la route pour pratiquer… 1H30 de cours/semaine. Etant une quarantaine, nous nous sommes dit qu’il y avait un potentiel sur Paris et qu’il était regrettable que l’attelage ne soit pas représenté dans la  capitale.

Pour les nouveaux, ils aiment les chevaux et l’attelage représente une alternative :. A l’équitation. Certains ne souhaitent plus monter à cheval pour d’autres, c’est l’occasion de découvrir une activité équestre qu’ils ne pensaient  pas accessible.

 

 

Quels sont, selon vous, les enjeux de développement de cette pratique ?

 

Le développement de l’attelage de loisir aura les mêmes conséquences que le développement de l’équitation de loisir  dont on a constaté l’essor ces dernières années. Il ouvre des horizons nouveaux avec un impact économique certain : création de club ou diversité de discipline pour ceux existant ; tarifs plus avantageux ;  matériel et voitures plus adaptés…

A l’image des poneys club, il y a 40 ans, la discipline ne manquera pas de se démocratiser avec le temps si les outils sont en place . Pour cela , elle doit se  structurer autour d’une offre d’enseignement plus accessible , de moniteurs compétents et bien formés , de chevaux adaptés, et d’un parcours pédagogique (galops d’attelage). Ce développement pourra se faire si les  clubs d’équitation s’ouvrent à la discipline.,.

 

Quels sont vos projets pour y répondre ?

 

Nos projets sont ambitieux : la création d’un club parisien implique une implantation facile d’accès et compatible avec l’activité. C’est pourquoi nous avons pensé au Bois de Vincennes : aux portes de Paris mais néanmoins appartenant au XIIe arrondissement ; ses allées sont idéales pour s’initier et comme le soulignait le Colonel Duret de la Garde Républicaine, « c’est l’ opportunité d’un pôle équestre » offrant une diversité équestre et attrait sans précédent dans la capitale.

Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé d’endroit pour installer notre barns. Nous espérons acquérir une cavalerie de chevaux de trait, pour leur caractère et aussi comme nous le mentionnons dans la présentation de l’association, pour représenter les régions de France dont la plupart des parisiens sont issues. Nous pensons ainsi maintenir ou renouer des liens avec notre histoire et nos racines, ce qui est en parfaite adéquation avec les préoccupations de l’association.

 

Les choses ont déjà bien évoluées puisque nous sommes sur le point d’obtenir une convention pour pratiquer dans le bois. Dès réception de ce document, nous serons à même de dispenser des cours. Dans cette attente, nous organisons des stages en région parisienne, nous avons également un calendrier de manifestations : défilés, reconstitutions historiques… pour le plaisir des sorties à thème, et pour nous faire connaître.

 

 

Qu’en est il des équidés  adaptés à cette pratique ? Le marché répond il à la demande de manière satisfaisante ?

 

Nous avons constaté depuis quelques années, un apport de sang chaud chez les chevaux de trait. Jusqu’à présent, seul l’attelage dit de tradition ou sportif étaient reconnu et les objectifs d’obtenir des prix lors de concours face à la concurrence des pays voisins, justifie ces choix. Il ne faudrait pas que cela se généralise au dépend de chevaux calmes et endurants dont on  a besoin en attelage de loisir, qui se pratique essentiel en randonnée. La taille imposante des chevaux de trait est parfois un handicap au premier abord (surtout chez les femmes), mais leur générosité et leur caractère fiable fini par l’importer. Nous le constatons aussi avec les Merens (idéal pour les enfants), la race a grandi et nous avons de la peine à trouver des Merens dans la catégorie poney.

On peut, toutefois, trouver sur le marché actuel le cheval idéal pour chacun, il suffit de s’en donner la peine et de prendre le temps de rencontrer les éleveurs. Nous avons la chance d’avoir un panel de race suffisamment large en France pour trouver le bon compromis entre la taille et la docilité, peut-être, si la demande devient très importante, verrons-nous arriver  de nouveaux spécimens.

 

 

 

 

Quel est  le rôle de l’IFCE dans tout cela ?

Un rôle de veille, sans aucun doute, de parrainage aussi. Aux clubs, aux professionnels, aux institutions de faire remonter à l’IFCE les informations de terrain afin de collaborer ensemble et sereinement en parfaite harmonie pour une efficacité certaine.

 

 

Un dernier mot ?

Nous espérons qu’il n’y en aura jamais, sinon, la devise de l’aspada peut-être :«Qui mène, nous suive »

 

 

Plus de renseignements :   www.aspada.ffe.com

 

 

 

 Propos recueilli par Sylvie Rizo

M.François Muller, Président de l'association Française du poney New-ForestPlusMoins

1. Que pensez-vous de la Qualification Loisir ?

La Qualification Loisir, au-delà du Tourisme Equestre, est un véritable circuit de valorisation et de formation de la filière poney et petit cheval quelle que soit la discipline à laquelle les équidés sont destinés.

C’est un outil qui permet de mettre en avant l’importance du tempérament de l’équidé et de bien placer ces poneys ou petits chevaux qualifiés loisir sur le marché.


2. Les New Forest sont plutôt des poneys sélectionnés pour le sport, que leur apporte en plus la Qualification Loisir ?

Nous proposons ce concept aux éleveurs de notre association et plus largement à l’ensemble de la filière poney comme outil de commercialisation. En effet, le poney ou petit cheval, qu’il soit destiné à la compétition ou au loisir, est majoritairement réservé à la pratique de l’équitation par les enfants et les adultes débutants ou peu confirmés. Les qualités demandées lors de la Qualification Loisir sont donc requises pour que le poney ou le petit cheval soit adapté à son cavalier.


3. Pourquoi organiser une épreuve de Qualification Loisir à l’occasion du Sologn Pony ?

Nous souhaitons sensibiliser les éleveurs à ces épreuves qui permettent de mettre en avant les bonnes pratiques de l’élevage poney et petit cheval. La mention Qualification Loisir permet de reconnaître le travail de l’éleveur tant sur le choix de sa génétique que sur l’éducation qu’il apporte à ses produits. Elle doit être une référence pour évaluer le poney ou le petit cheval en termes de comportement, manipulation, facilité d’utilisation et de sécurité

N’oublions pas que l’élevage équin est une activité difficilement rentable. Présenter un produit en Qualification Loisir oblige l’éleveur à effectuer un déplacement supplémentaire. En couplant certaines épreuves d’élevage ou SHF poneys (comme lors du Sologn’Pony) avec une Qualification Loisir, nous rendons donc plus accessible cet outil de valorisation  et de formation à l’ensemble de la filière élevage. De ce fait il est tout à fait recommandé de profiter de ce circuit pour les 3 ans Montés en Local et Régional lors des concours d’Elevage.


4. « Dans l’expression « labellisation loisir », selon vous, est-ce que le mot « loisir » est péjoratif ? »

Pour certaines races, il est encore difficile d’admettre que cet outil de valorisation est adapté à l’ensemble des poneys quelles que soient  leurs aptitudes sportives. Bon nombre de poneys sont classés Elite en circuit SHF avec des cavaliers professionnels et n’ont pas autant de succès quand ils doivent être présentés par des jeunes de moins de 18 ans. Le tempérament de l’équidé tient une place prépondérante dans sa réussite sportive…

Mais le terme « Loisir » peut refroidir une part de la filière qui ne se sent pas concernée par ce label rattaché en premier lieu uniquement au tourisme équestre. 


5. Quels messages concernant la Qualification Loisir voudriez vous  faire passer aux vendeurs comme aux acquéreurs de poneys et petits chevaux Labellisés Loisir?

Quel que soit la discipline, le premier critère de choix lors de l’achat d’un cheval est le caractère et tempérament de l’équidé. De plus, seul 20% des équidés sont acquis pour la compétition amateur ou professionnel. Les éleveurs ne commercialiseront pas l’ensemble de leurs produits pour une carrière sportive !

Le Label  est une garantie pour les deux parties lors de la transaction de l’équidé. En effet, lors d’une vente entre professionnel du cheval et particulier, la loi de garantie de conformité demande au vendeur que l’équidé soit conforme au niveau du comportement et des aptitudes sportives au regard de l’utilisation attendue par l’acheteur et mentionnée dans le contrat.

Cette qualification loisir assure aux futurs acheteurs (adulte ou enfant) une sélection de poneys et petits chevaux adaptée à leur équitation.

 

6. Quels sont selon vous les enjeux de développement du loisir équestre ?

Le loisir équestre est une pratique d’extérieur comme d’autres pratiques qui se rapproche de la nature et du monde animal en général. Pour ceux qui pratiquent cette équitation nature, c’est une façon harmonieuse de profiter de son environnement, de se faire plaisir et d’apprécier la nature ou aller à la découverte de nouvelles contrées, soit seul ou en groupe.

 

 

Propos recueilli par Avril Heymans

Nicolas Clero, directeur du centre équestre UCPA de Bry sur MarnePlusMoins

  

Après un master en administration et gestion des organismes sportifs et un BEES1°. Nicolas Cléro est entré à l’UCPA pour un stage de fin d’étude où il a travaillé sur la filière équestre. Il a ensuite exercé des fonctions de direction en remplacement avant de devenir le directeur du centre UCPA de Bry sur Marne (94).


1. Pourriez vous nous présenter l’UCPA de Bry sur Marne dont vous êtes Directeur?

C’est un centre urbain qui accueil 800 cavaliers par semaine (1/3 à cheval, 2/3 à poney). Nous avons 37 poneys et 17 chevaux.

Nous accueillons aussi beaucoup de scolaires et groupes handicapés.

L’équipe de 10 personnes est composée d’un directeur, 1 secrétaire, 4 moniteurs, 2 élèves moniteurs, 2 palefreniers.

Nous sommes un centre très orienté loisir même si nous faisons un peu de compétition club.

 


 2. Qui sont les pratiquants de votre association : combien sont ils ? Quelles sont leurs attentes/motivation ? Leur profil ( age, sexe )?


Les pratiquants ont tout âges et tous objectifs même si nous ne misons pas du tout sur la compétition de haut niveau.

80% de nos cavaliers sont de sexe féminin.

Les 2/3 ont moins de 12 ans.

 

 

3. Quels sont, selon vous, les enjeux de développement du loisir équestre ?

 

L’équitation est en fort développement car c’est une activité très attrayante par le contact avec l’animal. Le développement peut se poursuivre selon moi vers les publics plus âgés qui pratiquent de plus en plus d’activités physiques. Nous avons à être vigilent sur l’équitation pour adulte qui à tendance à moins bien marcher ces dernières années… probablement parce que nous communiquons mal sur le sujet.

 


4. Quels sont vos projets pour y répondre ?


Mettre en place des cours seniors avec une pédagogie essentiellement orientée sur l’entretien physique. Faire des offres familles pour que les parents accompagnant leurs enfants puissent s’initier à l’équitation.

 

5. Quels sont vos besoin en matière de cavalerie ? Le marché y répond il de manière satisfaisante ?


Nous avons tous besoin des mêmes chevaux : porteurs, gentils, calmes Les compétences en dressage ou saut sont un plus. Ces chevaux là ne sont pas sur le marché car les clubs les gardent ! Donc la recherche est assez difficile car qui plus est les clubs n’ont pas de gros moyens pour l’achat de la cavalerie.

 

6. Connaissez vous les qualifications loisir ?

 

Un peu, il s’agit d’identifier les chevaux et poneys ayant de bonnes aptitudes de cheval d’école. Il n’y en a pas au centre.

 


7. Disposer d’une cavalerie labellisée pourrait il être un plus pour votre centre équestre ?

 

Oui je le pense, si on arrive à bien communiquer dessus. Ceci dit, pour les néophytes, le label ne veux rien dire et ce n’est pas à mon sens un critère majeur de choix de son lieu de pratique. Une cavalerie labellisée peut éviter cependant de mauvaises surprises à l’achat et améliorer la sécurité de pratique.

 


8. Seriez vous prêt à payer un poney/cheval plus cher si il est qualifié loisir ?

 

Difficilement, les moyens sont déjà limités.  

 

 

Propos recueilli par Avril Heymans