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Les principales maladies du cheval âgé

Niveau de technicité : niveau de technicité

Auteur : M. Delerue (Ifce)

Juillet 2018

 

On considère qu’un cheval est âgé à partir d’environ 15 ans. Cependant, cet âge peut varier entre les chevaux en fonction de leur utilisation antérieure ainsi que leur mode de vie. Certaines maladies sont plus fréquentes chez le cheval âgé que chez le jeune. La plus connue est la maladie de Cushing qui touche près de 40% des chevaux de plus de 30 ans. Les maladies touchant les appareils digestif et locomoteur correspondent aux motifs de consultation vétérinaire les plus fréquents chez le vieux cheval.

Un système immunitaire moins efficace


Le vieillissement est responsable d’un mauvais fonctionnement du système immunitaire : on parle d’immuno-sénescence.

Focus sur la maladie de Cushing

La maladie de Cushing représente une dominante en gériatrie équine : environ 20% des chevaux de plus de 15 ans et 40% des chevaux de plus de 30 ans seraient atteints, contre 0,5% de la population équine totale. Elle induit également une baisse de l’immunité.

Les chevaux âgés et/ou atteints de la maladie de Cushing sont donc plus sensibles : 

  • Aux infections ;
  • Aux affections auto-immunes1 et aux affections tumorales.

Suite à un rappel de vaccination, la réponse immunitaire de ces chevaux est bien inférieure à celle des équidés plus jeunes.

La baisse d’immunité liée à l’âge ne semble pas jouer sur l’infestation de l’équidé par les parasites internes, contrairement à la maladie de Cushing pour laquelle il a été montré que l’infestation est plus importante.

En pratique

  • Augmenter la fréquence des rappels de vaccination ;
  • Suivre le statut parasitaire du cheval à l’aide de coproscopies afin d’adapter la fréquence de la vermifugation en conséquence. A priori, les chevaux atteints de la maladie de Cushing devront être vermifugés plus fréquemment.
  • En début de maladie de Cushing, les premiers signes cliniques peuvent être discrets, c’est pourquoi il est important de faire réaliser des examens cliniques réguliers par le vétérinaire chez les chevaux âgés, afin de diagnostiquer et prendre en charge rapidement cette maladie.

Affections digestives

Anomalies dentaires et ses conséquences

Les dents des chevaux âgés sont caractérisées par la perte de l'émail2 et le recouvrement par le cément3, provoquant des crêtes et arêtes coupantes en périphérie.

L'angulation excessive et l'hypercémentation provoquent des déviations et des déchaussements à l'origine de douleurs lors de la préhension de l’aliment et la mastication. On observe aussi fréquemment des parodontites4, des caries, voire des fractures. Même en l’absence d’anomalies, l’efficacité de la mastication baisse du fait de l’usure des dents.

Ces anomalies dentaires peuvent avoir pour conséquence :

  • Des obstructions œsophagiennes et des impactions de l’intestin suite à un faible broyage du foin lors de la mastication ;
  • Un amaigrissement en cas de douleur importante et de vitesse d’ingestion diminuée.

En pratique

  • Observer régulièrement le cheval lorsqu’il mange, pour détecter des anomalies de la préhension et/ou de la mastication : Le cheval recrache t-il des boulettes de foin ? Mange t-il plus lentement ? ;
  • Faire examiner la bouche du cheval par un vétérinaire ou un dentiste équin 2 fois par an ;
  • Suivre régulièrement l’état corporel du cheval ;
  • Adapter l’aliment : préférer du foin à brins courts ou des granulés de fibres par exemple.

 

Coliques

Chez les chevaux âgés on observe une incidence plus forte des coliques dues à :

  • Des obstructions étranglées de l’intestin dues à la présence de lipomes pédiculés. Il s’agit de tumeurs bénignes qui sont suspendues au bout d’un pédicule. Celui-ci peut s’enrouler autour de l’intestin sous l’effet du poids du lipome. Ce type de coliques constitue une urgence chirurgicale.
  • Des impactions du côlon qui sont favorisées par les affections dentaires, un défaut d’absorption du côlon et/ou une diminution de l’exercice chez le cheval âgé.
  • Des tumeurs intestinales qui, en dehors des lipomes, sont plus rares.

En pratique : Chez le cheval âgé, l’expression de la douleur est beaucoup moins importante que chez les jeunes. Il est important d’appeler son vétérinaire traitant rapidement lors de signes de coliques mêmes modérés car les obstructions étranglées sont plus fréquentes chez ces chevaux et sont très graves. Une prise en charge rapide des coliques améliore le pronostic.

Affections locomotrices


Chez le vieux cheval, les problèmes locomoteurs constituent le motif de consultation le plus fréquent.

Les articulations subissent un processus dégénératif du cartilage associé à une inflammation chronique responsables d’ostéoarthrose. Les douleurs engendrées par ces affections ostéo-articulaires sont responsables de difficultés à se déplacer qui peuvent engendrer un amaigrissement et une fonte musculaire.

La fourbure est également une affection fréquente chez le cheval âgé hébergé en pâture, notamment si celui-ci est atteint de la maladie de Cushing.

En pratique

  • La gestion de la douleur chez le vieux cheval est primordiale pour lui assurer une qualité de vie correcte ;
  • Un épisode de fourbure chez un cheval âgé devrait être suivi d’un test diagnostic pour rechercher une éventuelle maladie de Cushing.

Affections respiratoires


L’obstruction récurrente des petites voies respiratoires est une affection inflammatoire des voies respiratoires profondes, communément appelée « emphysème » ou « pousse ». Cette maladie est plus fréquemment rencontrée chez les chevaux âgés en raison de nombreuses années d’exposition à un environnement poussiéreux. Le principal symptôme observé est une toux. Lors de crises, s’ajoutent :

  • Une difficulté à l’expiration (le cheval doit contracter fortement ses muscles abdominaux en expiration et on peut observer ce qu’on appelle une « ligne de pousse ») ;
  • Une fréquence respiratoire plus rapide ;
  • Une dilatation des naseaux.

Le traitement repose principalement sur la diminution de l’exposition des chevaux à la poussière et sur une gestion médicale à l’aide d’anti-inflammatoires stéroïdiens et de broncho-dilatateurs. Ce traitement n’est cependant pas curatif et permet uniquement d’améliorer le confort du cheval et de limiter les modifications consécutives sur la structure du poumon.

En pratique :

  • Préférer un hébergement à l’extérieur dans des pâtures ;
  • Préférer l’enrubanné au foin.

Affections cardiaques

Insuffisance aortique

Les affections valvulaires dégénératives, en particulier celles concernant la valve aortique sont plus fréquentes chez le cheval âgé. Cette valve participe à la bonne circulation du sang entre le cœur et l’aorte. Cette affection se caractérise par une altération de la structure de cette valve à l’origine de son mauvais fonctionnement (on parle d’insuffisance aortique) et de la perturbation de la circulation du sang entre le cœur et l’aorte.

Cette maladie progresse très lentement dans la majorité des cas avec des signes cliniques très discrets pendant plusieurs années. L’auscultation d’un souffle cardiaque est souvent une découverte fortuite. Aucun traitement n’existe.

Insuffisance cardiaque congestive (ICC)

Il s’agit d’une incapacité du cœur à pomper une quantité suffisante de sang pour répondre aux besoins de l’organisme. Cette ICC est, chez le cheval âgé, principalement consécutive à une insuffisance aortique.

Les signes cliniques sont de la toux, une augmentation des fréquences respiratoire et cardiaque. On observe parfois un jetage mousseux au niveau des naseaux.

Le traitement permet uniquement de limiter les signes cliniques et d’améliorer le confort du cheval. Il est cependant rarement efficace à long terme.


En pratique : Faire réaliser une auscultation cardiaque au moins annuellement pour détecter la présence d’un éventuel souffle. Cette affection devra être prise en compte par le vétérinaire lors d’éventuelles sédation ou anesthésie.

Affections tumorales


Si on écarte les lipomes de l’intestin (ci-dessus), deux types de tumeurs sont plus fréquemment rencontrées chez le vieux cheval : les mélanomes dermiques (de la peau) et les carcinomes épidermoïdes.

Mélanomes dermiques

Les chevaux gris sont prédisposés : 80% des vieux chevaux gris seraient atteints. Ces tumeurs peuvent être bénignes ou malignes (à l’origine de métastases dans les organes internes). Elles sont typiquement localisées sur la face ventrale de la queue, le périnée et les organes génitaux externes même si elles peuvent avoir de nombreuses localisations. Elles peuvent provoquer des troubles fonctionnels comme une gêne à l’émission des crottins.

Carcinomes épidermoïdes

Ces tumeurs sont très agressives localement. Elles touchent principalement la peau (autour de l’œil, appareil génital externe), les structures de l’œil et l’estomac. Les chevaux à peau non pigmentée (ainsi que les appaloosas et paint horses) et exposés à de forts rayons UV sont plus souvent atteints.


En pratique : Observer régulièrement la peau des chevaux pour détecter précocement la présence d’une masse. Une ablation chirurgicale précoce des mélanomes, souvent de petite taille en début d’évolution, est préférable.

Affections urinaires et hépatiques


Chez le cheval, le vieillissement ne s’accompagne pas d’une diminution des fonctions rénale et hépatique. En revanche, les tumeurs de la vessie et de l’appareil génital externe sont plus fréquentes chez le cheval âgé. De même, l’incontinence urinaire (perte involontaire d'urine par l'urètre) est plus fréquemment diagnostiquée avec le vieillissement :

  • Chez les poulinières, elle est souvent secondaire à un défaut de conformation de la vulve ou des lésions de la vessie ou de l’urètre suite aux poulinages ou lors de monte naturelle.

  • Chez les mâles et hongres, cette incontinence est souvent associée à une cystite (inflammation de la vessie) sableuse. Des sédiments (cristaux de carbonates de calcium) s’accumulent dans la vessie quand celle-ci ne se vide pas complètement. Il en résulte une irritation de la vessie qui se complique souvent par une infection.


En pratique : Observer régulièrement le cheval uriner pour détecter une douleur ou une position anormale. L’observation d’une incontinence doit être suivie d’un examen clinique par le vétérinaire : chez les mâles, le pronostic dépend de la durée de l’affection.

A retenir


Le vieux cheval est plus sensible aux infections ;

La maladie de Cushing est une affection très courante chez le cheval âgé et doit être traitée précocement ;

Lors d’affections ostéo-articulaires, la gestion de la douleur est primordiale pour éviter le dépérissement du cheval et lui assurer une bonne qualité de vie ;

Un vieux cheval nécessite une attention et des soins croissants avec l’âge.

 

1 Affection auto-immune : affection dans laquelle le système immunitaire du cheval sécrète des anticorps dirigés contre ses propres antigènes qu'il considère comme étrangers

2 Email dentaire : partie visible de la dent qui protège les différentes couches internes telles que la dentine et la pulpe

3 Cément dentaire : tissu qui recouvre la dentine au niveau de la racine

4 Parodontite : inflammation des tissus qui entourent et qui soutiennent les dents

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